Microsoft: Des modérateurs souffrant de stress post-traumatique portent plainte

JUSTICE En cause : les horreurs qu’ils auraient été obligés de regarder dans le cadre de leur travail...

20 Minutes avec agence

— 

Devant le siège de Microsoft à Redmond (Etats-Unis).
Devant le siège de Microsoft à Redmond (Etats-Unis). — Elaine Thompson/AP/SIPA

Greg Blauert et Henry Soto, deux employés de Microsoft affectés à la modération des contenus, affirment qu’ils souffrent d’un syndrome post-traumatique. En cause : les horreurs qu’ils auraient été obligés de côtoyer dans le cadre de leur travail.

Ils ont ainsi attaqué le géant de l’informatique en justice à Washington (Etats-Unis) le 30 décembre dernier. Face à certains contenus particulièrement violents et choquants, relevant notamment de la pornographie ou de la pédopornographie, les deux salariés accusent Microsoft de ne pas leur avoir proposé le soutien psychologique nécessaire.

Prise en charge des frais médicaux et accompagnement dédié

Les travailleurs traumatisés souhaitent également voir la firme américaine prendre en charge leurs frais médicaux et prévoir un accompagnement dédié pour les employés soumis aux mêmes conditions de travail qu’eux.

Les deux modérateurs indiquent en effet avoir été forcés à rejoindre l’équipe de modération et avoir dû attendre un an et demi avant de pouvoir être transférés dans un autre service, laissant le temps suffisant au développement d’un syndrome post-traumatique.

>> A lire aussi : Vis ma vie de modérateur de l'extrême pour Facebook, Twitter et YouTube

Hallucinations, cauchemars, crises de panique, dépression…

Et si les employés ont bel et bien suivi des séances de conseil psychologique, elles ont consisté à recommander aux modérateurs de jouer aux jeux vidéo, marcher et fumer et n’auraient donc « pas fonctionné », comme l’explique Greg Blauert, cité par BFM TV.

Avec, à la clé, comme l’indique la plainte des deux hommes, « hallucinations visuelles », cauchemars, crises de panique, dépression et, pour l’un d'eux, difficultés à se comporter sereinement face à son propre fils, raconte Le Monde.

Microsoft aurait refusé d’indemniser les employés

La médecine a officiellement reconnu que les deux Américains souffraient de syndrome post-traumatique et leur a prescrit des arrêts de travail. Mais Microsoft, de son côté, a estimé que « la condition de travailleur ne [pouvait] constituer une maladie professionnelle » et aurait refusé d’indemniser ses employés pendant leur congé pour raison médicale.

Une décision qui n’a pas empêché la société de faire savoir via un communiqué être très attachée à « sa responsabilité de supprimer et de dénoncer les images de l’exploitation sexuelle des enfants et des abus qui sont partagés sur ses services » mais également à « la santé et la résilience des employés qui font ce travail important ».