YouTube et les sites de vidéo en ligne sous-paieraient-ils les musiciens?

WEB Un millier d’artistes internationaux, dont Sam Smith, David Guetta ou Paul McCartney, accusent YouTube et les plateformes vidéos d’abuser de leur position « d’hébergeurs »…

20 Minutes avec AFP

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Illustration de la plateforme de vidéos YouTube.
Illustration de la plateforme de vidéos YouTube. — LOU WEE/SIPA

La grogne monte. Un millier d’artistes internationaux, dont Sam Smith, David Guetta ou Paul McCartney, ont appelé jeudi la commission européenne à réviser le statut juridique de plateformes vidéo comme YouTube, accusées d’abuser de leur position « d’hébergeurs » pour ne pas rétribuer suffisamment les créateurs de musique.

Elton John, Lady Gaga, Ed Sheeran, Coldplay et bien d’autres encore

« L’avenir (de l’industrie musicale) est menacé par un sérieux » transfert de valeur « causé par les services d’hébergement de contenus comme YouTube qui détournent la valeur créée par les artistes et les chanteurs de façon déloyale », écrivent-ils dans un courrier adressé au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Parmi le millier de signataires figurent notamment Sam Smith, David Guetta, Paul McCartney, Elton John, Lady Gaga, Ed Sheeran, Coldplay ou encore Sting ou Robert Plant (Led Zeppelin). De nombreux chanteurs français figurent aussi dans la liste : Jean-Jacques Goldman, Francis Cabrel, Patricia Kaas, Carla Bruni, Indochine, Brigitte, Miossec, Kendji Girac, Louane, Maître Gims, Michel Sardou ou Maxime Le Forestier.

« Corriger cette importante distorsion économique »

Selon les calculs du Snep, principal syndicat des producteurs de disques en France, un stream vidéo rapporterait environ trois fois moins aux producteurs qu’un stream audio gratuit sur un site de type Deezer ou Spotify et cinquante fois moins qu’un stream audio payant (via les abonnements aux sites de streaming).

Les artistes signataires estiment que les discussions à venir au niveau européen sur le droit d’auteur sont l’occasion de « corriger cette importante distorsion économique » en clarifiant le statut juridique des plateformes accusées d’abuser de leur statut « d’hébergeurs » qui leur évite d’avoir à négocier des droits de diffusion comme le font les sites destreaming.

Des accords entre YouTube et des producteurs

S’il n’y a pas à proprement parler de négociation de licence, YouTube conclut néanmoins des accords avec les producteurs mais à des « prix artificiellement bas », selon le Snep.

Dans une déclaration au magazine spécialisé américain Billboard, YouTube a récemment souligné qu’une « très écrasante majorité de labels a signé des accords avec YouTube pour permettre la diffusion de vidéos et en tirer des revenus ». « A ce jour, nous avons reversé plus de 3 milliards de dollars (2,7 Mds d’euros) à l’industrie musicale, et le chiffre augmente d’année en année », avait ajouté la plateforme de Google dans cette déclaration.