Ecole 42 aux Etat-Unis: Le pari américain de Xavier Niel

WEB En novembre prochain, le dirigeant français va proposer son système éducatif si singulier outre-atlantique, et tenter de conquérir le cœur du pays de l’oncle Sam…

C.W.

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Xavier Niel dans les locaux parisiens de l'école 42
Xavier Niel dans les locaux parisiens de l'école 42 — MASTAR/SIPA

En annonçant l’ouverture d’une seconde 42, Xavier Niel a frappé fort. D’autant que cette nouvelle école, gratuite et accessible à tous, ouvrira ses portes outre-atlantique, en plein cœur de la Silicon Valley, trois ans après sa grande sœur parisienne. Mais en quoi consiste le nouveau challenge du dirigeant français, et à quel prix ? Voici trois points pour comprendre le pari américain de Xaviel Niel.

L’école de la débrouille

Question système éducatif, 42 version US reprend les mêmes principes que sa grande sœur française. Une école ouverte aux jeunes gens âgés de 18 à 30 ans, 24 heures/24 et 7 J/7, gratuitement et sans aucun diplôme requis. Les ressortissants étrangers devront toutefois se munir d’un visa. Pour intégrer cette formation de développeurs, les candidats peuvent s’inscrire dès à présent sur ce site, puis passer des premiers tests en ligne. Dans quelques semaines (aux environs de juillet 2 016), les codeurs en herbe devront passer la fameuse épreuve de « la piscine ». Durant un mois, les candidats mangeront, boiront et dormiront code, les meilleurs et les plus résistants seront sélectionnés et pourront commencer leurs études à 42 au mois de novembre prochain.

Des études menées sous le principe du « peer 2 peer learning ». En d’autres termes, ni professeurs, ni cours magistraux ne rythmeront les journées des étudiants, ils devront apprendre les uns des autres, travailler en équipe et relever des challenges collectifs. Comme le rapporte le site desEchos Start, l’un de leurs premiers défis sera de penser et mettre en œuvre eux-mêmes « les fonctionnalités et les outils » qu’ils utiliseront durant leur scolarité, un projet intitulé « Liberté ».

2 % de sa fortune en jeu

Implanter une école aux Etats-Unis, ça a un prix. Pour que ses futurs petits protégés apprennent le code dans les meilleures conditions, Xavier Niel a racheté un immense bâtiment à Fremont en Californie, en pleine Silicon Valley, tout près des campus Google et Apple. Soit près de 18.500 m² réaménagés en différents open spaces et en espaces détente.

Pour s’implanter sur les terres de l’oncle Sam, Xavier Niel a dû sortir de sa propre poche 100 millions de dollars (88 millions d’euros), quand l’école française lui a coûté 70 millions d’euros. Comme l’explique le site des Echos, les deux structures représentent un peu moins de 2 % de sa fortune personnelle, estimée à 8.6 milliards de dollars par Forbes.

Xavier Niel, il a tout compris ?

« 42 offre un environnement idéal pour permettre aux talents de prospérer », explique le communiqué de l’école. Chaque année, 42 devrait accueillir environ 1.000 étudiants américains (un peu plus qu’à Paris), et a pour objectif de former 10.000 développeurs. Trois cents logements seront également mis gratuitement à disposition des étudiants aux ressources les plus faibles, et 600 sont prévus à terme. Un cadre de vie et un concept éducatif qui semblent ravir outre-atlantique, et surtout un principe de gratuité qui en emballe plus d’un, dans un pays où les études supérieures coûtent très cher.

« Selon le ministère de l’Education, environ 40 millions d’Américains ont contracté un prêt étudiant, pour une moyenne de 30.000 dollars », rapporte le communiqué. « Les USA ont toujours été très ouverts, c’est une opportunité de faire ça là-bas, d’autant qu’il n’y a pas beaucoup d’ascenseur social », a expliqué la direction de la communication de 42 à 20 Minutes.

Un esprit très « self made man » donc, qui semble avoir séduit les futurs patrons de ces étudiants, les pontes de la Silicon Valley. Nombreux sont ceux à avoir pris la parole dans une vidéo en faveur de l'école, dont Evan Spiegle, le cofondateur de Snapchat notamment, estimant que « 42 est une école du futur ». « Tout le monde, tant qu’il le mérite, qu’il a la motivation et les compétences, peut entrer à 42, peu importe l’argent dont il dispose », explique quant à lui Tony Fadell, le fondateur et directeur de Nest, une compagnie américaine de domotique rachetée par Google. Pour le moment, Xavier Niel est donc plutôt bien parti pour séduire l’Amérique.