Facebook au cœur d'une polémique sur «l'anticolonialisme» en Inde

WEB Après des propos déplacés d’un de ses collaborateurs concernant l’interdiction du service Free Basics en Inde, Mark Zuckerberg a tenté d’éteindre la polémique…

C.W.

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Mark Zuckerberg au Panama en avril 2015
Mark Zuckerberg au Panama en avril 2015 — Pablo Martinez Monsivais/AP/SIPA

Décidément, la situation se complique pour Mark Zuckerberg en Inde. Depuis l’interdiction par le régulateur indien des télécoms de vendre ou d’offrir une offre d’accès différenciée et incomplète à Internet, donc de Free Basics (service d’Internet gratuit de Facebook), le réseau social a dû mal à défendre sa position. Dernier fait en date, les excuses de Mark Zuckerberg à la suite des propos déplacés d’un de ses collaborateurs.

>> A lire aussi : Interdiction pour Facebook de proposer Free Basics, son service d’Internet gratuit, en Inde

L’anticolonialisme, une « catastrophe pour l’Inde »

Marc Andreessen, membre du conseil administratif de Facebook, aurait dû y réfléchir deux fois avant de tweeter. Contrairement aux détracteurs de Free Basics qui estiment que le service remet en cause la neutralité du Net, selon lui, son interdiction renvoie un mauvais message. « Refuser une connexion gratuite et partielle aux plus pauvres quand aujourd’hui ils n’en ont pas, pour des raisons idéologiques, me paraît moralement répréhensible », a-t-il écrit sur Twitter. Une réflexion qui a alors entraîné un vif débat, jusqu’à l’utilisation par Marc Andreessen d’une comparaison douteuse…

« L’anticolonialisme a été une catastrophe économique pour les Indiens depuis des décennies. Pourquoi arrêter maintenant ? », a-t-il écrit sur Twitter, en réponse à un internaute qui comparait Free Basics de Facebook à du colonialisme sur Internet. Un message effacé peu de temps après, mais qui a suffi pour allumer le feu…

 

« Des commentaires profondément bouleversants »

Une polémique dont se passerait volontiers le fondateur de Facebook, qui n’a pas tardé à prendre la parole sur le réseau social. « Je veux répondre aux commentaires de Marc Andreessen sur l’Inde. Je les trouve profondément bouleversant, et ils ne représentent ni le point de vue de Facebook, ni le mien », a écrit Mark zuckerberg, se désolidarisant donc immédiatement de Marc Andreessen.

I want to respond to Marc Andreessen’s comments about India yesterday. I found the comments deeply upsetting, and they…

Posté par Mark Zuckerberg sur mercredi 10 février 2016

« Facebook œuvre pour connecter les gens et leur donner une voix pour façonner leur propre avenir », a-t-il ajouté. « Mais pour façonner l’avenir, nous devons comprendre le passé. Comme notre communauté en Inde a augmenté, j’ai acquis une meilleure appréciation de la nécessité de comprendre l’histoire et la culture de l’Inde. J’ai été inspiré par la façon dont l’Inde a fait beaucoup de progrès dans la construction d’une nation forte de la plus grande démocratie du monde, et je suis impatient de renforcer mes liens avec le pays ».

De son côté, Marc Andreessen a multiplié les excuses sur Twitter pour tenter de recadrer le tir. « Je suis désolé pour l’offense qu’a causée mon tweet à propos de l’histoire indienne et de la politique. J’admire l’Inde et les Indiens énormément », a-t-il notamment écrit. On en connaît un qui a dû se faire taper sur les doigts.