VIDEO. Attentats à Paris: L’humour pour surmonter l’horreur

WEB L’afflux de publications réconfortantes sur les réseaux sociaux ce week-end a rapidement laissé place aux détournements et autres messages humoristiques…

Anaëlle Grondin

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Le compte Twitter parodique du «logeur du Daesh».
Le compte Twitter parodique du «logeur du Daesh». — Capture d'écran / 20 Minutes

Certains ont déclaré leur flamme à Paris, d’autres ont écrit des lettres émouvantes à leurs proches. L’esquisse « L’amour vaincra » avec sa Tour Eiffel a été partagée plusieurs centaines de fois.

Au plus fort de l’horreur, le soir même des attentats qui ont fait 129 morts et 352 blessés à Paris, les messages d’amour et de paix ont fleuri partout : dans la rue comme sur les réseaux sociaux. Malgré l’effroi, l’humour a rapidement fait son retour.

Ainsi, un internaute publiait ce tweet le lendemain des attentats :

Une caricature a même été partagée des centaines de fois sur les réseaux sociaux :

Dimanche, d’autres messages de la même veine apparaissaient sur le réseau social :

« Recréer du lien social » et « une victoire contre l’islamisme radical »

« On a vu la même chose après le 11-Septembre. Très vite, il y a eu des dessins humoristiques. L’humour c’est l’exaltation de la vie. Il permet de prendre une revanche sur un événement qu’on ne peut pas contrôler », explique Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste, contacté par 20 Minutes. « C’est un moyen de recréer du lien social. C’est la revanche de l’esprit et c’est une victoire contre l’islamisme radical », poursuit-il.

Une manière pour de nombreux internautes de tenter de surmonter ces atrocités.

Une rescapée du Bataclan a ainsi tweeté :

Lundi, ce message a fait rire des milliers de personnes :

Lorsque l’identité des terroristes a été révélée, certains ironisaient :

Mercredi, BFMTV avait relayé l’interview de l’homme qui a hébergé plusieurs personnes ayant occupé l’appartement pris d’assaut par la police à Saint-Denis. Le jeune homme affirme : « On m’a demandé de rendre service, j’ai rendu service, je n’étais pas au courant que c’étaient des terroristes. » Son explication fait l’objet de parodies hilarantes :

 

Mercredi, même l’avocat Maître Eolas s’y mettait :

 

« Dédramatiser »

Liliane Holstein, psychanalyste à Boulogne-Billancourt, y voit « des petites provocations, comme quand on se relève après être tombé, pour dédramatiser ». La spécialiste, qui accueille cette semaine énormément de patients « effondrés » à cause des attentats, se montre toutefois pessimiste : « Le phénomène d’humour est un épiphénomène », selon elle.

« Dans la réalité de la vie, ce n’est pas ça. On est loin de l’humour. Il y a énormément de gravité, avec un sentiment de tristesse profonde. » Pour aller mieux, elle recommande surtout de « ne plus écouter les infos en boucle car ça use le système nerveux », de « regarder des films marrants » et de « passer des soirées entre amis et parler de l’avenir ».