Attentats à Paris: Le gouvernement a demandé à Facebook et Twitter de censurer la photo du Bataclan

RESEAUX SOCIAUX Alors qu’elle est signalée par les internautes depuis dimanche, le gouvernement a demandé lundi à Twitter et Facebook de censurer la photo choc du Bataclan…  

C.W. avec AFP

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Logo de Facebook photographié sur une tablette, le 4 décembre 2012 à Paris
Logo de Facebook photographié sur une tablette, le 4 décembre 2012 à Paris — Lionel Bonaventure AFP

Depuis dimanche, une photo sanglante du Bataclan circule sur les réseaux sociaux. Malgré les nombreux signalements des internautes, ce cliché choc pris à la suite des attentats de Paris, ne cesse de réapparaître sur les différentes plateformes. Ce lundi, le ministère de l’Intérieur a demandé à Twitter et Facebook, par réquisition judiciaire, de retirer la photo de leur réseau.

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« Atteinte grave à la dignité humaine » et « atteinte au secret de l’enquête »

Depuis dimanche, une photo insoutenable du Bataclan se partage à foison sur la toile. Le cliché, dont l’auteur n’a pas encore été identifié, a été pris après la fusillade de vendredi et dévoile les corps sans vie des victimes dans la salle de concert. Malgré les nombreux signalements des internautes et la demande de la police de ne pas faire circuler la photo, elle était toujours visible ce mercredi.

 

Ce lundi, le ministère de l’Intérieur a demandé à Facebook (et sa filiale Instagram) et à Twitter de bloquer ce cliché. Cette réquisition, signalée sur son site par l’organisme de recherche américain Lumen, invoque une « atteinte grave à la dignité humaine » ainsi qu’une « atteinte au secret de l’enquête ».

« Nous avons reçu cette requête dès lundi. Dès que la photo est signalée par un internaute, nous la faisons disparaître », a indiqué un porte-parole de Facebook, qui n’intervient jamais au préalable sur les contenus publiés par ses membres. « Le signalement par notre communauté est le moyen le plus rapide » pour repérer un contenu, a-t-il expliqué.

Un filtre gris pour masquer la publication

Depuis cette réquisition, Twitter applique, lui, de manière systématique un filtre gris qui masque le tweet contenant la photo incriminée, pour les internautes basés en France, a confirmé une source proche du dossier. Cette technique est appliquée par Twitter pour toutes les requêtes judiciaires de censure, dans le pays d’où émane cette requête.

Twitter indique sur son site avoir reçu du gouvernement français 29 demandes de retraits de contenus et 139 requêtes d’information sur des comptes au premier semestre. Facebook a dû, lui, retirer 295 contenus entre janvier et juin, contre 22 au premier semestre 2014. Ces demandes ont notamment été faites après les attentats de janvier.