Piratage de Sony Pictures: Le FBI accuse officiellement la Corée du Nord, Obama promet «une réponse proportionnée»

WEB Selon le président américain, déprogrammer le film «The Interview» était une erreur...

A.D. et P.B.

— 

Le leader de la Corée du nord, Kim Jong-un, en août 2014.
Le leader de la Corée du nord, Kim Jong-un, en août 2014. — XINHUA/SIAP

Le coupable idéal est bien coupable. Selon les premiers éléments de l'enquête du FBI, en tout cas, dont doutent toujours certains experts. «Le FBI a assez d'informations pour conclure que le gouvernement nord-coréen est responsable» du piratage de Sony Pictures, écrit le bureau d'investigation dans un communiqué de presse publié vendredi.

Dans la foulée, Pyongyang a une nouvelle fois démenti. «Notre pays n'a aucun lien avec ce hacker», a confié un diplomate nord-coréen  à l'ONU à l'AFP. Barack Obama, lui, a prévenu que les Etats-Unis «répondront de manière proportionnée» à l'attaque, «en temps et en heure», sans autre précision.

Des liens avec des attaques passées

Le président américain a estimé que la déprogrammation du film The Interview par Sony était «une erreur». «J'aurais aimé qu'ils me consultent avant de prendre leur décision. Nous ne pouvons pas avoir une société dans laquelle un dictateur quelque part peut commencer à imposer une censure ici aux Etats-Unis.»

L'analyse technique de l'attaque «a révélé des liens avec d'autres malwares développés par la Corée du Nord», explique le FBI. L'infrastructure utilisée «recoupe» celle employée dans d'autres attaques attribuées à Pyongyang, notamment contre des banques sud-coréennes, l'an dernier. Des experts regrettent toutefois que le FBI n'apporte aucune preuve, relevant qu'il serait facile pour des hackers talentueux de faire porter le chapeau à Pyongyang.

«Il y aura des conséquences»

Le FBI se garde pour l'instant d'accuser la Chine, contrairement à ce qu'affirmaient certains médias américains. L'agence se dit «inquiète» face à «une attaque contre une entreprise américaine, dont le but était de détruire et de voler des données et d'entraver la liberté d'expression». Et lance un avertissement: «Ceux qui mènent des cyberattaques contre les Etats-Unis ou leurs intérêts seront identifiés et poursuivis. Il y aura des conséquences.»