Demotivateur.fr, le site d’ «infotainment» qui monte «à une vitesse folle»

WEB Lancé il y a trois ans, il compte aujourd’hui 15 millions de visiteurs uniques chaque mois grâce aux partages en masse sur les réseaux sociaux. Michal Sikora, son cofondateur de 26 ans, explique comment lui et ses associés réussissent à capter une telle audience…

Anaëlle Grondin

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La page d'accueil du site Demotivateur.fr
La page d'accueil du site Demotivateur.fr — Capture d'écran / 20 Minutes

«15 parents qui mériteraient une médaille du "meilleur parent de l'année"», «8 choses que vous devriez garder à l'esprit, lorsque tout va mal», des photos insolites ou rigolotes… Demotivateur.fr, créé en 2010 par trois étudiants de l’IESA et Epitech, est un mix entre les sites américains à succès 9gag et Buzzfeed. Son crédo: se détendre en s’informant. Certains contenus peuvent faire tiquer, mais le mélange fonctionne à merveille: 15 millions de visiteurs uniques, 50 millions de pages vues chaque mois, et plus d’un partage par seconde sur Facebook. Entretien avec Michal Sikora, cofondateur du site.

Comment fait Demotivateur.fr pour afficher ces chiffres impressionnants après trois ans d’existence?

Ca s’est fait grâce au bouche à oreille et aux réseaux sociaux. On trouve du contenu à potentiel viral: 60% des visites sur les articles se font via Facebook. On compte plus d’un partage par seconde. Une de nos forces c’est notre page fan sur Facebook qui compte bientôt 800.000 personnes. Le site et la communauté de fans montent à une vitesse folle.

Qui lit et partage les articles de Demotivateur.fr?

Il y a légèrement plus de femmes que d’hommes. Notre cible a entre 25 et 34 ans.

Le site connaît du succès en termes d’audience mais a un côté très amateur…

On est en pleine refonte. On n’avait jamais communiqué avant. Il y a encore quelques mois on était deux. On est six à nous occuper du site aujourd’hui: mes deux associés et moi, un community manager, un développeur et un journaliste. On veut encore se développer et recruter.

Demotivateur fait beaucoup de listes comme Buzzfeed. C’est LA référence qui vous a poussé à vous lancer?

Oui, Buzzfeed nous fait rêver. Ils ont inventé une nouvelle façon de consommer les articles et d’intéresser le public. Ca permet d’avoir du contenu dans lequel les gens se retrouvent.

Quels types de contenus fonctionnent le mieux sur Demotivateur.fr?

A la base on pouvait comparer à 9gag mais c’est moins le cas aujourd’hui: 80% de notre trafic se fait sur les articles et non les photos. Ceux qui marchent le mieux sont ceux dans lesquels les gens se reconnaissent comme «Les 10 pires choses que seuls les gauchers peuvent comprendre» et les articles à  potentiel d’émotion fort qui touchent et donnent envie de partager.  Un de nos articles sur la sécurité routière a été partagé 400.000 fois.

Comment décidez-vous de traiter tel ou tel sujet?

On a développé une technologie ViralCurator qui scanne le web en temps réel. Chaque seconde on a un écran qui nous montre les sujets qui buzzent sur Internet. Là, les gens parlent d’un appartement  à New-York qui vaut 95 millions de dollars. On ne rédige que cinq articles par jour, mais qui sont suffisamment bien sélectionnés [pour assurer des millions de visites au site].

Il y a des choses que vous vous interdisez d’aborder malgré ce règne du clic?

On est apolitique, on reste sur le divertissement. On essaye de rester positif et dans l’émotion.

Gagnez-vous de l’argent avec ce site?

Oui, grâce à la pub. On travaille avec des grandes marques comme Canal+ et Red Bull. Mais on ne veut pas envahir l’espace de lecture: on a des articles sponsorisés par exemple.

En parcourant le site impossible de trouver une mention indiquant des contenus sponsorisés…

Ce n’est pas signalé. Le lecteur peut le deviner mais des fois c’est tellement bien fait qu’on ne le voit pas.

Buzzfeed est en train de se renforcer en France. Ne craignez-vous pas de couler?

Non, on a une communauté très fidèle. Et beaucoup de médias comme le Huffington Post proposent déjà des contenus similaires, ce qui n’a pas empêché notre ascension.