La France furieuse contre l'Icann, le régulateur mondial d’Internet

WEB Cette colère provient de l'absence d'accord au sein des instances de l'Icann pour suspendre l'attribution des noms de domaine en .vin et .wine…

J.M. avec AFP

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Le logo de l'Icann, lors d'une conférence à Londres, en 2012.
Le logo de l'Icann, lors d'une conférence à Londres, en 2012. — Tim Hales/AP/SIPA

La France a violemment critiqué jeudi l'Icann, régulateur mondial d'Internet, affirmant que l'organisme «n'est plus aujourd'hui l'enceinte adéquate pour discuter de la gouvernance» de la Toile. Cette sortie intervient après l'absence d'accord au sein des instances de l'Icann pour suspendre l'attribution des noms de domaine en .vin et .wine, que réclame Paris.

L'Icann réunissait à Londres du 22 au 26 juin sa cinquantième réunion internationale. La secrétaire d'Etat chargée du Numérique, Axelle Lemaire, qui représentait la France, avait demandé de suspendre l'attribution de ces nouveaux noms de domaine qui provoque un bras de fer depuis plus d'un an entre l'organisme et plusieurs pays européens associés aux vignerons français et européens.

«Aucun accord n'avait été trouvé en raison de la nature sensible du sujet»

Dans son communiqué final publié jeudi matin le GAC, organe consultatif de l'Icann au sein duquel les gouvernements sont représentés, a fait état de «discussions sur le problème» .vin/.wine, lors du sommet, mais a indiqué qu'«aucun accord n'avait été trouvé en raison de la nature sensible du sujet». «Certains (pays) membres ont exprimé leurs préoccupations concernant la transparence et la politique de l'Icann. Ces préoccupations ne sont pas partagées par tous les membres», selon ce texte rendu public jeudi.

La délégation française, «au terme de plus d'un an de négociations au sein de l'Icann, déplore l'absence d'accord pour suspendre la procédure de délégation des domaines internet .vin et .wine», dans un communiqué publié dans la foulée par Bercy.

«Les procédures actuelles de l'Icann mettent en lumière son incapacité à prendre en compte les préoccupations légitimes des Etats et à garantir une gestion commune des ressources dans le sens du respect de la diversité culturelle et de l'équilibre des intérêts dans les secteurs économiques que ses décisions affectent», dénonce la France. Pour les autorités françaises, «l'Icann n'est pas aujourd'hui en mesure de garantir l'indispensable égalité de traitement entre les parties prenantes».

Début du déploiement cet été de l'extension .bzh

La nouvelle extension internet .bzh, qui fait de la Bretagne «la première région française à disposer de sa propre extension», commencera à être déployée pendant l'été et sera accessible à tous en décembre, ont annoncé jeudi le conseil régional de Bretagne et l'association www.bzh.