NSA: Obama va proposer d'arrêter la collecte massive de données téléphoniques

ETATS-UNIS Alors que certains élus remettent en cause le caractère constitutionnel de cette surveillance des citoyens américains...

P.B. avec AFP

— 

Des bureaux de la National Security Agency (NSA).
Des bureaux de la National Security Agency (NSA). — NSA

Dans le cadre d'une réforme plutôt cosmétique des pratiques de la NSA, Barack Obama va bientôt proposer une mesure concrète: de mettre fin à la collecte systématique –et controversée– de données téléphoniques aux Etats-Unis par l'agence.

«Dans les prochains jours, une fois terminées les consultations avec le Congrès et les commissions du Renseignement et de la Justice, (le président) proposera une approche efficace pour que l'Etat ne collecte plus et ne stocke plus ces données, mais qui permettra toujours que l'Etat ait accès aux informations dont il a besoin pour répondre aux besoins de sécurité nationale identifiés par son équipe», a expliqué à l'AFP un haut responsable sous couvert d'anonymat.

Demander l'autorisation d'un juge

Le New York Times a donné lundi soir les contours de cette réforme, citant plusieurs responsables de l'administration américain. Selon ce plan, les métadonnées téléphoniques des appels passés aux Etats-Unis (numéro appelé, durée et horaire de l'appel, mais pas les enregistrements des conversations) ne seraient plus livrées exhaustivement et en temps réel par les opérateurs téléphoniques à la NSA, comme c'est le cas aujourd'hui.

A la place, la NSA devrait d'abord demander l'autorisation de la justice pour ensuite obtenir les relevés téléphoniques d'un numéro spécifique, identifié comme suspect par les analystes de la NSA.

Actuellement la NSA conserve toutes les données téléphoniques de tous les appels passés aux Etats-Unis pendant cinq ans. A l'avenir, si cette réforme était adoptée, les opérateurs ne seraient pas obligés de conserver les relevés plus longtemps qu'aujourd'hui, soit 18 mois.

Un vote au Congrès nécessaire

Ce programme fut le premier révélé, en juin 2013, par Edward Snowden, et a fait scandale aux Etats-Unis, où non seulement les associations de défense de la vie privée mais une partie de la classe politique ont appelé à sa suppression pure et simple car il violerait la Constitution.

L'exécutif a défendu ses méthodes, arguant qu'elles étaient nécessaires pour lutter contre le terrorisme, mais Barack Obama a annoncé une refonte lors d'un discours en janvier. Toute réforme d'ampleur passe cependant par l'approbation du Congrès. Selon le quotidien, en attendant que les parlementaires votent, ce qui pourrait prendre plusieurs mois, l'administration cherchera à prolonger le programme actuel de surveillance pour une période de 90 jours.