Les Français sont accros à Internet mais encore hésitants à acheter en ligne

A.G.

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Un homme pianote sur un clavier d'ordinateur.
Un homme pianote sur un clavier d'ordinateur. — VALINCO/SIPA

Quelles activités seriez-vous prêt(e) à sacrifier avant de renoncer à votre accès à Internet? Le Boston Consulting Group a posé la question l’an dernier à 23.000 personnes résidant dans neuf pays développés, dont un peu plus de 2.000 Français, dans le cadre d’une enquête intitulée «Consumer Sentiment». Selon son étude, 50% des Français renonceraient à regarder du sport à la télévision et 45% seraient prêts à renoncer à boire de l’alcool. «Les Français sont extrêmement attachés à Internet. L’enquête montre que c’est quelque chose de la vie quotidienne auquel ils ne sont pas prêts à renoncer», commente François Aubry, directeur associé senior au Boston Consulting Group Paris.

Selon lui, nous sommes de plus en plus accros au Web, et particulièrement aux réseaux sociaux. Et nous avons une dépendance beaucoup plus forte que nos voisins à Facebook ou Twitter. Ainsi, 16% des sondés français ont indiqué qu’ils «éprouvaient un sentiment de manque s’ils n’étaient pas tous les jours sur Facebook ou Twitter», contre 13% pour les Britanniques et 9% pour les Allemands. Chez les Français qui ont entre 15 et 34 ans, ce chiffre monte à 23%.

Une  «méfiance des Français» par rapport au shopping en ligne

François Aubry, qui s’est surtout penché sur le e-marketing, note un paradoxe en France: «Les Français sont plus accros à Internet, mais achètent beaucoup moins sur Internet que leurs voisins européens». Le Boston Consulting Group souligne qu’en 2010 les ventes en ligne représentaient 4,5% dans les ventes au détail en France, contre 13,5% au Royaume-Uni et 7,1% en Allemagne. Selon les prévisions, elles atteindront seulement 6,7% en France en 2016 contre 23% au Royaume-Uni et 11,7% en Allemagne.

Comment expliquer que la France soit autant à la traîne dans ce domaine? «Nos enseignes sont un peu en retard, l’offre sur Internet est moins forte en France», avance François Aubry. En outre, le shopping sur portable reste anecdotique dans l’Hexagone. Pour lui, cela est notamment dû au fait que «peu de sites français proposent une navigation adaptée au mobile».  Mais il y a aussi potentiellement une méfiance «beaucoup plus ancrée chez les Français» de ce que l’on trouve sur Internet, note François Aubry: «Ils font peut être moins confiance à ce qu’ils voient en ligne. Les suggestions de leur entourage direct sont plus valorisants et crédibles que ce l’on va trouver sur un réseau social.»