Facebook: Cinq raisons de dire «C’était mieux avant»

Anne Demoulin

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Illustration facebook.
Illustration facebook. — JOCHMANS / CLOSON / ISOPIX / SIPA

C’était mieux avant Facebook. Je parle comme une vieille? Mais je suis vieille! Certes, «j’ai pas connu la guerre» comme dirait Florence Foresti, mais j’ai utilisé le stylo optique du T07 et un Commodore 64. J’ai envoyé des mails grâce au Minitel, j’ai écouté Joël de Rosnay m’expliquer ce qu’était Internet dans «Ça se discute», j’ai eu des disquettes, un compte CaraMail, un abonnement gratuit à AOL via un CD et un modem analogique 56k. Lorsque je me suis inscrite sur Facebook en 2007, j’avais pour unique «friend» sur le réseau social, un ami expatrié aux Etats-Unis. Alors vieille ou pas vieille? Les raisons qui me font dire que c’était mieux avant l’arrivée du réseau de Mark Zuckerberg.

Les ruptures amoureuses, c’était mieux avant

Avant, quand on se quittait, on soignait son chagrin chacun dans son coin. Avec Facebook, au mieux votre ex vous «unfriend». S’il ne le fait pas, on prend dans la figure successivement et publiquement son changement de statut, sa rencontre avec Tatiana et les photos de son nouveau bonheur agrémenté de commentaires aimables du genre: «Je n’ai jamais ressenti ça pour personne». Merci bien!

Les liens avec les potes, c’était mieux avant

Avant, on téléphonait à ses amis. Pour annoncer la naissance du petit dernier, souhaiter la bonne année ou juste donner des nouvelles. En 2013, j’ai appris, seule et en pleine nuit sur Facebook, le décès d’un ami d’enfance. Sérieux, plus personne n’a l’idée d’appeler pour annoncer ce genre de nouvelles?

La distance avec son patron, c’était mieux avant

Avant, on n’était pas «ami» avec son patron. Il y avait peu de chances qu’il tombe sur une photo de moi dansant la «Macarena» à 4hdu mat’ au mariage d’un pote. Maintenant, je passe une bonne partie de mon temps à classer mes «amis» par listes et à râler auprès de mes proches lorsque je suis taguée sur une photo compromettante. Ce qui vaut pour mon patron, vaut aussi pour ma famille.

Les rapports avec la famille, c’était mieux avant

Mon neveu de 15 ans vit sa première histoire d’amour. Avant, je les aurai vus se tenir timidement la main lors des repas de famille. Avec Facebook, j’ai le droit à tous les détails de leur relation amoureuse… Au secours, plus personne ne soucie de son intimité!

Les retrouvailles, c’était mieux avant

Quand on renouait avec sa copine de maternelle, il fallait mener une petite enquête. On l’appelait et on déjeunait ensemble et parfois, elle réintégrait le cercle. Avec Facebook, je peux retrouver toute ma classe de CE1 en quatre minutes. Et alors? On va s’écrire «coucou» sur nos murs respectifs, au mieux chatter cinq minutes, et après?