Le cœur du business de Google enfreint un vieux brevet de Lycos, selon le juge

WEB Google pourrait être contraint de payer des centaines de millions de dollars à un troll qui a racheté le portefeuille de l'ancien moteur français...

P.B.

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Des résultats sponsorisés sur Google via son système Adwords.
Des résultats sponsorisés sur Google via son système Adwords. — GOOGLE

Blast from the past, comme disent les Anglo-Saxons. Roi des années 90, le moteur de recherche Lycos vient hanter Google indirectement, par l'intermédiaire de Vringo, une obscure entreprise qui a racheté certains de ses brevets. Google a d'ores et déjà fait appel.

Selon le procès verbal rédigé par le juge Raymond Jackson, que le site Ars Technica publie, Google doit verser à Vringo 1,36% des revenus générés par sa régie publicitaire Adwords entre 2012 et 2016 aux Etats-Unis. Le calcul est complexe, car Google ne détaille pas ses revenus, mais selon Search Engine Land, cela pourrait représenter entre 800 millions et un milliard de dollars sur cinq ans.

 

«Troll» des brevets

 

Vringo est ce que les Américains appellent un «troll» des brevets. Il achète des portefeuilles puis attaque en justice à tout va. Il l'a déjà fait avec succès contre Microsoft. Ce dernier avait conclu un accord à l'amiable en payant 1 million de dollars, plus 5% de ce que Google paierait (ce qui pourrait représenter 50 millions de dollars supplémentaires).

 

Les brevets portent sur le système d'enchères d'Adwords, qui permet à un annonceur de choisir quelle somme il veut dépenser sur un mot-clé pour que son site apparaisse dans la section sponsorisée de Google. Même si le juge reconnaît que Google n'a pas directement copié le système de Lycos, il avait demandé à Google de modifier son système. Ce dernier s'est exécuté, mais le juge n'a pas été convaincu.

 

Avec l'appel de Google, la procédure est encore loin d'être terminée. Elle devrait sans nul doute accentuer la pression sur le Congrès pour qu'il réforme le système des brevets logiciels.