Le patron de Snapchat raconte des craques à «Forbes», passe pour un «arrogant» et se justifie sur Twitter

Anaëlle Grondin
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Evan Spiegel, le fondateur de l'application Snapchat.
Evan Spiegel, le fondateur de l'application Snapchat. — STEVE JENNINGS / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Une erreur de jeunesse? Evan Spiegel, 23 ans, a beau faire partie des personnalités de moins de 30 ans qui vont réinventer le monde cette année selon Forbes, le patron de l’application à succès Snapchat a eu envie de montrer à quel point il était cool dans un entretien donné au magazine.

C’est ainsi que le jeune entrepreneur a relaté un échange d’e-mails avec le patron de Facebook Mark Zuckerberg, qui souhaitait le rencontrer pour parler de Snapchat. Evan Spiegel a souligné qu’il avait répondu au milliardaire quelque chose comme «Je serais ravi de te rencontrer… si tu fais le déplacement», écrit Forbes. Une déclaration très étonnante. Quel entrepreneur se permettrait d’envoyer balader ainsi le patron du plus grand réseau social du monde?

Il n’en a pas fallu plus pour qu’Evan Spiegel soit qualifié d’arrogant sur Twitter, notamment par une journaliste de Business Insider.

If you didn't think Spiegel was arrogant before, his email to Mark Zuckerberg will convince you http://t.co/kszKbvu275
— Alyson Shontell (@ajs) 6 Janvier 2014

Evan Spiegel lui répond quelques minutes plus tard sur le site de microblogging: «Je réalise que cela fait une bonne histoire, mais ce n’est pas comme ça que ça s’est passé», écrit-il, décrédibilisant Forbes au passage. Afin de prouver qu’il n’est pas aussi prétentieux qu’il en a l’air, le patron de Snapchat publie alors une capture d’écran de ses échanges avec Mark Zuckerberg en novembre 2012.

cc @ajs @jjcolao pic.twitter.com/qCDUIlgRqI
— Evan Spiegel (@evanspiegel) 6 Janvier 2014

Effectivement, la réalité est tout autre: Evan Spiegel a répondu à un premier message de Mark Zuckerberg en lui disant qu’il serait «ravi» de le rencontrer et qu’il lui dirait quand il se rendrait à San Francisco. Avec un smiley en bonus «:)».

Au final, c’est le patron de Facebook qui a fini par se rendre à Los Angeles, mais absolument pas sous l’injonction de son homologue de Snapchat. «Vous êtes basés à Los Angeles? J’y serai dans deux semaines. Je pourrais peut-être venir vous voir à ce moment là si vous êtes dans le coin», a écrit Mark Zuckerberg. La réponse d’Evan Spiegel? «Oui, nous serons là. Tiens nous au courant de ton arrivée».  

L'enregistrement de l'interview donnée à «Forbes» 

Le journaliste de Forbes aurait-il mal compris les propos d’Evan Spiegel? Aurait-il embelli l’histoire pour son article, qui a déjà fait plus de 45.000 vues? Pas du tout. Le magazine a publié un deuxième article après ces tweets, intitulé «Evan Spiegel de Snapchat et les bêtises d’un novice de 23 ans», dans lequel il retranscrit l’entretien (enregistré) entre son reporter et le PDG de Snapchat. Il apparaît clairement que ce dernier a menti au magazine pour avoir l’air sûr de lui et important.

Une erreur que le jeune entrepreneur semble beaucoup regretter, et qui intervient au mauvais moment. Alors que Snapchat a été victime d’un piratage touchant ses 4,6 millions d’utilisateurs, Evan Spiegel n’a toujours pas présenté ses excuses. «Pour Evan Spiegel, les mots les plus difficiles à prononcer semblent être "je suis désolé"», critique le site spécialisé Mashable. Ses détracteurs ne sont pas près, eux, de ne plus prononcer le mot «arrogant».