En France, Google gagnerait sept fois plus que ce qu'il déclare

WEB Selon une estimation de l'agence VRDCI, la branche française de Google aurait généré cette année 1,4 milliard d'euros de revenus...

P.B.

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Dans les locaux de Google France à Paris, le 6 décembre 2011.
Dans les locaux de Google France à Paris, le 6 décembre 2011. — no credit

On savait déjà que Google et beaucoup d'autres multipliaient les tours de passe-passe fiscaux pour éviter de passer à la caisse. On a désormais une idée de l'ampleur du phénomène: selon une étude de l'agence de référencement Web VRDCI (PDF), les recettes de l'entreprise américaine en France pour l'année écoulée se montent à 1,4 milliard d'euros. C'est sept fois plus que les 193 millions d'euros déclarés en 2012.

Il ne s'agit, certes, que d'une estimation, et elle est comparée aux chiffres de l'année précédente. Mais VRDCI a mené l'étude la plus vaste à ce jour sur l'activité de Google en analysant plus de quatre milliards de recherches hexagonales. Et même avec une croissance d'une année sur l'autre qui devrait avoisiner les 25%, il serait surprenant que Google déclare beaucoup plus que 250 millions d'euros en 2013.

«Hôtel» et «annuaire», les mots clés les plus coûteux

Sur les quatre milliards de requêtes analysées, seules 3% font l'objet d'enchères par Adwords, le système de recherche sponsorisée de Google, qui représente 68% de son chiffre d'affaires en France.

Les mots-clés pour lesquels les entreprises dépensent le plus d'argent quand les internautes cliquent sur un résultat sponsorisé: «hôtel», «annuaire inversé», «annuaire», «assurance auto». Au niveau des thématiques, on retrouve «hôtel», «voyage», «soldes», «mutuelle», «formation» et... «rencontre». Aux Etats-Unis, des noms de maladies faisant l'objet de class actions, comme «mesothelioma», peuvent coûter jusqu'à 100 euros le clic à un cabinet d'avocats.

Depuis un an, Google est en discussion avec Bercy pour régulariser sa situation fiscale. L'Irlande, de son côté, réfléchit à une réforme pour éviter que les entreprises américaines ne tirent parti de complexes montages financiers.