YouTube durcit sa politique de droits d'auteur et fait de nombreux mécontents

WEB Un changement qui touche particulièrement les chaînes spécialisées dans le jeu vidéo...

Anaëlle Grondin

— 

Des joueurs mettent leur partie en ligne sur YouTube.
Des joueurs mettent leur partie en ligne sur YouTube. — CAPTURE D'ECRAN/20MINUTES.FR

Les YouTubers ne sont pas contents du tout. Mercredi, la plateforme de partage de vidéos a annoncé la modification de sa politique de respect des droits d’auteur et le changement des règles du jeu concernant la monétisation. Pour pouvoir monétiser ses vidéos, c’est-à-dire percevoir des revenus publicitaires en fonction du nombre de visionnages, un internaute devra «avoir créé le contenu», «avoir l'autorisation de l'utiliser à des fins commerciales», et «être en mesure de fournir les documents prouvant [qu’il détient] les droits commerciaux relatifs à tous les contenus audio et vidéo». Chose qui n’était pas requise auparavant.

En résumé, des vidéos intégrant des extraits de film, de musique ou de jeux vidéo appartenant à des tiers ne devraient plus permettre aux personnes qui les publient de gagner de l'argent. C’est l’ayant-droit en question qui se remplira les poches. YouTube promet d'être intraitable sur les contenus mis en ligne dès 2014. «Vous compilez des contenus créés par d'autres», «votre vidéo contient de la musique achetée sur iTunes ou du contenu enregistré à la télévision»? Alors vos contenus sont «NON éligibles à la monétisation», écrit la plateforme.

Une catégorie d’utilisateurs  en particulier sera fortement impactée par ces changements: les YouTubers qui réalisent des émissions sur les jeux vidéo ou se filment en train de jouer pour aider les autres ou montrer qu’ils sont des as. Les chaînes qui proposent ce type de vidéos cartonnent et sont de plus en plus nombreuses sur la plateforme. D’ailleurs, l’utilisateur le plus suivi sur YouTube est un certain «PewDieDie»… un gamer. Ses vidéos, qui incluent de la musique et des images sous licence, sont vues des millions de fois et lui rapportent gros.

Comme lui, la plupart des YouTubers spécialisés dans le jeu vidéo ont passé des accords avec des sociétés chargées par les éditeurs de gérer leurs droits d’auteurs. Cela assure à leurs produits une très belle visibilité. Mais à partir de l’année prochaine, ces accords ne serviront plus à grand-chose, si l’on se fie aux nouveaux critères applicables à la monétisation vidéo de YouTube. Combien d’entre eux vont cesser cette activité, qui ne leur rapportera plus grand-chose, privant alors les éditeurs de publicité gratuite?

Certains d’entre eux, comme Capcom, comptent bien soutenir les YouTubers.

Impossible de citer le nom du jeu, d’en montrer les graphismes et de faire écouter la bande originale… «Et si YouTube devenait ça?», demande ce YouTuber avec cynisme: