Facebook et la vie privée: Comment les internautes essaient de garder le contrôle

TÉMOIGNAGES ie privée de moins en moins privée et membres en croissance constante, l'intimité n'a-t-elle définitivement plus droit de cité sur Facebook? Nous avons posé la question aux internautes de «20 Minutes»...

Christine Laemmel

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C.LAEMMEL / 20 Minutes

Big Brother n’a pas encore gagné. Il est inutile de nier l’omniprésence de Facebook dans nos vies – et 20 Minutes serait bien mal placé avec ses 180.000 fans. Mais face aux les polémiques sur la protection des données personnelles, pourquoi sommes-nous si peu à fermer notre compte? Nous avons interrogé les internautes de 20 Minutes. Pour beaucoup d’entre vous, sur Facebook, tout est question de maitrise et de réalisme.

«Je ne publie jamais rien de compromettant»

Chloé, 21 ans verrouille l’accès à son compte Facebook. Elle utilise un pseudonyme (un surnom donné quand elle était ado et son nom de famille tronqué). Pour son image de profil, jamais de photos d’elle, mais ses «séries du moment» ou ses stars préférées. En ce moment, c’est Jared Leto.

Chloé limite aussi les gens qu’elle ajoute, elle n’a que 75 «amis» et coche la mention «uniquement visible par mes amis» dans les paramètres de confidentialité. Un compte verrouillé pour mieux se lâcher? Hors de question. «On peut toujours se faire taguer par quelqu’un qui ne surveille pas ses paramètres, assure-t-elle, ou un de mes amis peut se faire pirater, alors je ne publie jamais rien de compromettant». 

«Mon profil Facebook est conçu comme un CV»

Veiller oui, verrouiller non, selon certains autres internautes, sinon on perd de vue l’essence du réseau social, «divulgation et collecte d'infos, ciblage de pubs, jeux» égraine Loudwig. Autant alors tirer profit de la viralité. Dominique, qui témoigne sur la page Facebook de 20 Minutes, explique maintenir son «journal» «en public», c’est-à dire visible par tous, même non-inscrits sur Facebook. «Ce que je cherche, détaille-t-il, c’est justement un moyen de diffusion, de ce que je veux bien dire». Florian envisage son profil «comme un CV». «Mes photos de profil sont libres d’accès, explique cet internaute de 23 ans, toujours flatteuses.» Il y apparait «bien habillé, bien coiffé» et «fait en sorte que tout le monde puisse les voir».

Si demain son image est récupérée pour promouvoir un artiste dont il a «aimé» la page, comme pourraient le prévoir les nouveautés annoncées par Facebook début septembre, c’est encore mieux. David, fan de la marque de matériel de musique Gibson sur le réseau social, serait lui «flatté» de voir son visage associé aux guitares de «Jimmy Page ou d’AC/DC». Même si demain, c’est le cas d’une marque qu’il affectionne moins, ça lui «passe au-dessus, tant que ça part d’un choix délibéré de se déclarer fan d’une marque».

«Aucune donnée personnelle n’est confidentielle de nos jours»

Son indifférence est en partie due à un réalisme nécessaire, selon lui. «Aucune donnée personnelle n’est confidentielle de nos jours, lâche-t-il.  Même quand vous prenez une carte de fidélité au supermarché, votre comportement est étudié et utilisé, c’est la marche inévitable de la société. On met juste Facebook sous les feux de la rampe.» 

Ericko confirme et s’inquiète de coups d’épées dans l’eau. «On nous filme dans la rue, il y a des caméras de partout, on nous suit à la trace avec notre carte bancaire, nos téléphones portables, les GPS… Et les gens hurlent contre Facebook. Il n’y a pas un truc qui ne tourne pas rond?»