Singapour: Des sites fermés en faveur de la liberté d’expression

J.M. (avec AFP)

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Capture d'écran du site singapourien The Online Citizen, le jeudi 6 juin 2013.
Capture d'écran du site singapourien The Online Citizen, le jeudi 6 juin 2013. — DR

Plus de 130 blogueurs de Singapour ont symboliquement fermé leurs sites jeudi pour dénoncer de nouvelles règles d'attribution de licences pour les sites d'information qui menacent, selon eux, la liberté d'expression.

Les protestataires, parmi lesquels des blogs collectifs ou particuliers, ont remplacé leurs pages d'accueil par un écran noir portant la mention: «#FreeMyInternet» (libérez mon internet).

 

 

Ils donnent également le lieu et l'heure d'une manifestation programmée pour samedi.

Y compris pour un site exploité par l'Américain Yahoo!

Le 1er juin, Singapour a adopté une nouvelle législation qui fait obligation aux sites d'actualité -y compris un site exploité par l'américain Yahoo!- de s'enregistrer auprès du régulateur des communications de la cité-Etat. La nouvelle réglementation impose l'enregistrement administratif aux sites affichant au moins 50.000 visiteurs uniques de Singapour par mois et publiant au moins un article d'information locale par semaine pendant plus de deux mois.

«Ce n'est pas uniquement un mouvement des blogs socio-politiques», a expliqué Choo Zheng Xi, un porte-parole du groupe Free My Internet. Des sites sur la gastronomie ou le mode de vie participent à cette journée de protestation, selon lui. «Cette diversité reflète le fait que les nouvelles régulations peuvent toucher n'importe qui parce qu'elles couvrent un large spectre» de médias concernés, a souligné Choo Zheng Xi, cofondateur du site politique populaire The Online Citizen.

Le gouvernement réfute le caractère liberticide de la loi

L'autorité de contrôle des médias à Singapour ainsi que le gouvernement ont réfuté le caractère liberticide de la nouvelle loi, insistant sur le fait que les blogs n'étaient justement pas considérés comme des sites d'actualité. «La meilleure façon de se faire une idée, après l'attribution des licences, est de constater si, oui ou non, les militants sont limités dans leur liberté de parole», a plaidé le ministre des Communications et de l'information, Yaacob Ibrahim.