Google lance un service permettant de léguer sa vie digitale post-mortem

WEB En planifiant un courrier électronique qui sera envoyé à plusieurs proches avec un lien pour télécharger toutes les données...

P.B.

— 

Le système de refroidissement des serveurs à l'intérieur d'un data center de Google.
Le système de refroidissement des serveurs à l'intérieur d'un data center de Google. — C.ZHOU/GOOGLE/20MINUTES

«Si tu reçois ce mail, c'est que je suis déjà mort (ou que je suis passé à Bing). Avec ce lien, tu peux télécharger le contenu de mon Gmail, Google Drive, de mes comptes Picasa et YouTube. Google+ aussi, même si je ne l'ai jamais vraiment utilisé. PS: j'espère qu'il n'y aura rien de trop compromettant dans mon historique de navigation.»

Voilà le genre de message à un proche dont vous pouvez programmer l'envoi avec le nouveau service Inactive Account Manager de Google. L'idée, c'est de faciliter la transmission de sa vie numérique en cas de décès, compressée en un fichier zip posthume.

Comment Google sait-il que l'utilisateur se trouve six pieds sous terre? En activant le service, il choisit une période d'inactivité, de trois mois à un an. S'il ne se connecte pas à son compte Google, l'entreprise lui envoie un email et un SMS d'alerte deux mois avant l'expiration. Sans réponse de sa part, Google active le processus.

On peut ajouter jusqu'à 10 destinataires. Et choisir ce qu'on veut partager avec chacun parmi une douzaine de services Google. Il est également possible de demander l'autodestruction de toutes ses données.

La question des biens immatériels

Comme votre banquière aime vous le rappeler avec insistance, il n'est jamais trop tôt pour se préparer au pire. Mais par bien des aspects, la question de ce qu'il advient de sa vie numérique après un décès reste à inventer. Obtenir un simple mot de passe peut être un casse-tête pour la famille.

Sur Facebook, des proches peuvent déjà effectuer une demande pour transformer un profil en un sanctuaire, le télécharger ou l'effacer. Dans certains Etats américains, on peut encore donner des droits à son exécuteur testamentaire sur sa vie numérique.

Mais la question la plus épineuse concerne celle de nos biens immatériels. De notre collection iTunes. De notre librairie Kindle. Pour l'instant, le plupart des entreprises considèrent qu'elles n'accordent qu'une licence non transférable à un utilisateur. Quand il meurt, la licence meurt avec lui.