Quand le Harlem Shake ne fait plus rire

MEME Réalisés en Tunisie, en Egypte, ou par la Croix-Rouge, les nouveaux Harlem Shake qui tournent sur Internet ces dernies temps ne sont plus aussi légers et humoristiques que les premiers...

Bérénice Dubuc

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Capture d'écran de la parodie de Harlem shake de la Croix-Rouge, le 4 mars 2013.
Capture d'écran de la parodie de Harlem shake de la Croix-Rouge, le 4 mars 2013. — 20 MINUTES

Avant, le Harlem Shake c’était drôle. La preuve? La vidéo initiale, qui montre quatre amis déguisés de façon ridicule en train de se trémousser de façon tout aussi ridicule sur un morceau de DJ Baauer. Et, depuis ce premier essai, les vidéos de Harlem Shake qui tournent sur Internet sont toutes aussi légères et humoristiques.

Mais ça, c’était avant. Ce lundi, une quinzaine de mineurs australiens, qui s’étaient essayé au Harlem Shake au fond de la mine d'or où ils travaillaient, ont perdu leur emploi. Pas vraiment de quoi rire, donc. La semaine dernière, c’était l'administration fédérale américaine de l'aviation qui avait ouvert une enquête sur les participants d'un Harlem Shake filmé mi-février dans un avion en plein vol.

>> Le Harlem Shake ça devient n’importe quoi, c’est à voir par ici

Plus grave, des Harlem Shake réalisés en Tunisie et en Egypte n’ont pas vraiment faire rire les autorités, et ont même donné lieu à des incidents. En Tunisie, le Harlem Shake organisé par des lycéens de l'établissement des Pères Blancs, à Tunis, a provoqué la colère du pouvoir. Quant à celui dansé dans la cour de l'Institut des langues Bourguiba de la cité El Khadra à Tunis, il a provoqué des heurts entre les jeunes étudiants laïcs qui l’exécutaient et islamistes. Face à ces violences, d’autres Harlem Shake ont été réalisés, où l’on voit notamment des individus barbus armés de couteau dans la foule de danseurs, ou qui ont été tournés devant le ministère de l’éducation tunisien.

En Egypte, les autorités ont carrément arrêté quatre étudiants alors qu’ils étaient en train de danser en sous-vêtements et coiffés de perruques dans un quartier du Caire. En «représailles», de nombreux autres Harlem Shake ont été organisés, jusque devant le quartier général des Frères musulmans, la formation politique du président Mohammed Morsi.

Sans compter que certaines organisations ont repris le Harlem Shake à leur compte, de façon beaucoup moins légère. Ainsi,  celui diffusé par la Croix-Rouge, qui reprend la base de tous les autres: une personne -en l’occurrence un enfant- se tortille en se tenant le ventre, seule sur la musique de DJ Baauer, alors qu’autour tout semble normal. Mais, alors que dans les Harlem Shake «traditionnels» une foule de gens déguisés arrive alors pour faire la fête et se trémousser à leur tour, dans celui de l’ONG, l’enfant qui semblait danser tombe à terre et reste inerte. Une phrase choc s’affiche alors: «Les diarrhées tuent un enfant tous les 20 secondes. Ça mérite aussi de faire le buzz.»

Cependant, il faut bien avouer que, même avant ces tentatives, le Harlem Shake ne faisait déjà plus rire grand monde. Entre les tentatives ratées, l’insupportable déferlement de vidéos identitques -propre au même, ou encore la danse en elle-même -qui n’a rien à voir avec le vrai Harlem Shake- il est effectivement grand temps que ça s’arrête. Ou pas.