Facebook est-il révélateur de votre santé mentale?

A.L
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L'application Facebook Mobile sur un smartphone fonctionnant sous Android.
L'application Facebook Mobile sur un smartphone fonctionnant sous Android. — Alex Segre / Rex /SIPA

Votre profil Facebook en dit long sur votre vie sociale… mais aussi sur votre santé mentale. C’est la conviction d’une équipe de l’Université du Missouri, dont les conclusions ont été publiées dans le très sérieux journal Psychiatry Research. Selon la doctorante Elizabeth Martin à l’origine de l’étude, les interactions d’un patient sur le réseau social pourraient en dire autant qu’un examen clinique traditionnel.

Schizophrénie et paranoïa

Pour aboutir à ces conclusions, la chercheuse a demandé à des étudiants de l’université de répondre à un certain nombre de questions sur leur personnalité, mais auissi de lui laisser un accès à leur profil Facebook de façon à ce qu’elle puisse en imprimer une partie. L’analyse parallèle des réponses et des publications sur Facebook lui a permis, à elle et son équipe, d’établir des liens évidents, dit-elle.

«Des indicateurs comme la baisse du nombre d’amis, celle du nombre de publication de photos ou l’augmentation du temps entre les communications indique de l’anhédonie sociale, qui est un des aspects de la schizophrénie», explique l’étude. Les étudiants ayant par ailleurs la possibilité de supprimer du contenu de leur profil avant de le remettre aux chercheurs, l’étude indique qu’«un nombre élevé d’informations personnelles effacées peut être associé à un comportement paranoïaque».

Votre profil Facebook bientôt dans les mains des psychiatres?

Facebook pourrait-il alors devenir un outil à destination des psychiatres et thérapeutes? Les informations récoltées via le réseau social ont le mérite de compléter très efficacement celles obtenues via un examen clinique traditionnel dans lequel le patient se raconte, assurent les chercheurs. «L’auto-déclaration d’un patient peut être problématique car le récit de ses expériences dépend du moment» et de sa confiance: «Il peut se sentir mal à l’aise pour partager tel ou tel aspect de sa vie», explique Elizabeth Martin, persuadée que son étude n’est qu’un premier pas vers une analyse plus étendue des comportements sur les réseaux sociaux: «Cela pourrait aider les traitements. Les informations peuvent être liées à beaucoup d’aspects de nos personnalités, qu’ils soient psychopathologiques ou non».

Un «excellent outil» pour l’entourage

Pour autant, inspecter le profil d’un patient «réduit son contrôle de la situation», ce qui pose un problème évident aux yeux de la responsable du cursus de psychologie de l’université. Si, pour celle-ci, Facebook ne peut suffir à diagnostiquer les patients, il est en revanche «un excellent outil pour les amis et les familles, qui peuvent y repérer des changements de comportement révélateurs d’une crise émotionnelle ou de pensées suicidaires».