Gaza: Comment l'armée israélienne justifie son intervention sur les réseaux sociaux

MONDE Une vaste campagne de communication a été entamée dès le début des opérations...

Corentin Chauvel avec B.D.
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Capture d'écran du compte Twitter de l'armée israélienne.
Capture d'écran du compte Twitter de l'armée israélienne. — 20minutes.fr

L’intervention israélienne à Gaza mercredi a ravivé le souvenir de l'opération «Plomb durci», qui avait fait 1.400 morts palestiniens fin 2008 et début 2009. Anticipant les condamnations publiques, Tsahal a débuté en même temps que ses activités militaires une vaste opération de communication sur les réseaux sociaux.

A l’aide notamment de son blog, Facebook et surtout Twitter, l’armée israélienne informe en direct sur son intervention et répond à sa manière à toutes les interrogations sur les raisons de celle-ci.

What gives #Israel the right to defend itself? Read our answers and then RT: idfblog.com/2012/11/15/wha… #IsraelUnderFire
— IDF (@IDFSpokesperson) November 15, 2012

Tsahal fait également le décompte des roquettes tombées sur Israël ainsi que le nombre des victimes. 

135 rockets have been fired at #Israel from #Gaza in the last 11 hours alone. What would you do if your country was under attack?
— IDF (@IDFSpokesperson) November 15, 2012

L’intervention israélienne sur Gaza est également illustrée par des photos et des vidéos, de ses attaques comme des tracts que les avions israéliens lancent au-dessus de Gaza pour inciter la population à éviter le voisinage de militants du Hamas susceptibles d’être pris pour cible.

Cette initiative technologique n’est cependant pas inédite. C’est lors de l’opération «Plomb durci» que l’armée israélienne avait créé son compte YouTube afin de diffuser ses propres vidéos et «contribuer à porter (son) message au monde». Le compte Twitter des forces israéliennes est lui actif quotidiennement, tweetant au gré des rockets tombant sur Israël et maniant facilement l’ironie.   

Le Hamas réplique sur Twitter

Côté palestinien, les brigades Izze Dine al Kassam, l'aile militaire du Hamas, ne sont pas en reste. Disposant également d’un compte Twitter, elles rendent compte également de leurs opérations, diffusent des photos de victimes palestiniennes et répondant parfois même directement aux tweets de Tsahal.

Contacté par 20 Minutes, Jean-François Daguzan, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique, souligne le «rôle important des réseaux sociaux» pour l'Etat israélien dont la communication est «extrêmement maîtrisée». «Pendant longtemps, les dirigeants israéliens avaient du mal à communiquer sur leurs actions. Aujourd'hui, ils sont dans le direct et même dans l'anticipation, ces nouveaux modes de communication permettent de communiquer en temps réel», explique-t-il. La proximité que les réseaux sociaux offrent «permet d'avoir une perception directe de l'insécurité, mais aussi de l'information de l'action du gouvernement pour lutter contre celle-ci», ajoute le chercheur.