Genève, la ville de la Paix, invite à voir la vie en vert

Suisse Idéale pour une escapade aux portes de la France, la ville des principes humanistes se veut à l’avant-garde de l’écologie. Son ambition : devenir « 100 % renouvelable » à l’horizon 2050

Jean-Claude Urbain pour 20 Minutes

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Symbole de la ville, le Jet d’eau élève son panache immaculé jusqu’à 140 mètres de haut. Lancer le diaporama
Symbole de la ville, le Jet d’eau élève son panache immaculé jusqu’à 140 mètres de haut. — Jean-Claude Urbain

On pourrait penser qu’une société prospère, favorisée par des ressources abondantes et un cadre de vie douillet, ne devrait guère se sentir concernée par le bien-être de l’Humanité ou l’avenir de la planète. Erreur ! Une visite de Genève suffit à réaliser qu’une ville célèbre pour ses établissements bancaires et son horlogerie de luxe peut également être un modèle d’ouverture au monde et d’efficacité écologique.

À l’embouchure du Léman, Genève et son barrage du Seujet ont pour délicate mission de contrôler le niveau du lac et de garantir le débit du Rhône.
À l’embouchure du Léman, Genève et son barrage du Seujet ont pour délicate mission de contrôler le niveau du lac et de garantir le débit du Rhône. - Jean-Claude Urbain

Convoitée depuis l’Antiquité pour sa position stratégique au cœur de l’Europe et à l’embouchure du lac Léman, l’ancienne cité helvétique a toujours su résister aux envahisseurs. La fête de l’Escalade, qui anime la vieille ville chaque 12 décembre, rappelle l’épisode glorieux de 1602 qui permis aux Genevois, retranchés derrière leurs remparts, de repousser un assaut méticuleusement préparé par leurs puissants voisins savoyards. Dotée d’un étonnant instinct de conservation, cette population est pourtant devenue l’une des plus accueillantes d’Europe.

Dotée de nombreuses salles de conférence, le palais des Nations Unies est l’un des plus vastes bâtiments d’Europe.
Dotée de nombreuses salles de conférence, le palais des Nations Unies est l’un des plus vastes bâtiments d’Europe. - Jean-Claude Urbain

Avec ses 40 % d’étrangers représentant 184 nationalités, Genève est un modèle de mixité et de tolérance. Cette qualité trouve ses racines dans la Réforme calviniste qui fit de la République genevoise une terre d’exil pour les protestants européens. Les foires du Moyen Âge ont ensuite stimulé son économie, mais aussi sa dimension internationale.

Quant à sa vocation pacifiste, elle fut confirmée lorsque l’homme d’affaire Henry Dunant, indigné par le sort des blessés de guerre, créa la Croix-Rouge. Un engagement salué en 1901 par le tout premier prix Nobel de la Paix et prolongé, depuis, par les conventions de Genève qui régissent le droit international humanitaire. C’est donc en toute logique que la ville fut choisie, en 1920, pour abriter le siège de la Société des Nations. Aujourd’hui, elle compte environ 750 ONG et 84 agences de l’ONU, dont le Haut-Commissariat pour les réfugiés, l’Organisation mondiale de la santé ou encore l’Unicef.

Éloge de la promenade

L’activité internationale de Genève se concentre dans un périmètre où les projets architecturaux rivalisent d’ingéniosité pour optimiser leur efficience. Genève encourage par ailleurs tout projet de rénovation à réduire de 50 % les émissions polluantes des bâtiments. Cette mesure entre dans le cadre d’une politique de transition énergétique baptisée « 100 % renouvelable en 2050 ». Un objectif quasiment atteint puisque, depuis 2017, l’électricité utilisée par la ville est exclusivement d’origine hydraulique.

La jonction entre les eaux opaques de l’Arve et celles translucides du Rhône, aux portes de la ville.
La jonction entre les eaux opaques de l’Arve et celles translucides du Rhône, aux portes de la ville. - Jean-Claude Urbain

Bien sûr, l’écologie n’intéresse pas uniquement les pouvoirs publics. Les Genevois se sont aussi emparés du sujet en s’inspirant du mouvement des « squats » des années 1980. Ce mode de vie alternatif qui prônait le recyclage des équipements et leur mutualisation se retrouve actuellement dans des « coopératives d’habitation » où naissent des expérimentations citoyennes. Le collectif Beaulieu regroupe ainsi des potagers, un rucher, un poulailler, un jardin d’enfant et bien d’autres initiatives au cœur du quartier des Grottes.

Pour les visiteurs, des solutions innovantes de transport existent déjà, comme le tuk-tuk électrique. Mais Genève peut très bien se parcourir à pieds. Le philosophe Jean-Jacques Rousseau est le plus illustre de ses promeneurs. Ses « Rêveries » invitent à profiter des espaces verts de la ville. Cernée par 1.400 hectares de vignobles, elle compte 50 parcs, regroupant près de 40.000 arbres.

Le tuk-tuk électrique est une formule écologique pour découvrir le vignoble genevois.
Le tuk-tuk électrique est une formule écologique pour découvrir le vignoble genevois. - Jean-Claude Urbain

De tradition protestante, la « cité de Calvin » ne fait pas dans l’ostentation. Elle ne possède pas de véritable centre-ville, mais juxtapose des quartiers aux caractères tranchés. Carouge est sûrement le plus typé d’entre eux. Accolée à Genève, il s’agit en fait d’une municipalité à part entière créée tardivement par la maison de Savoie dans le style turinois. De ses origines latines, le village a conservé un esprit bohème et des ruelles colorées, où il fait bon flâner de terrasses de café en ateliers d’artisans.

À partir de Carouge, la promenade bucolique peut se poursuivre le long de l’Arve, jusqu’à sa jonction spectaculaire avec le Rhône. Elle s’achève sur les bords verdoyants du lac Léman, où le Jardin botanique est probablement le plus bel hommage de Genève à la nature. Étoffé depuis le XIXe siècle, son herbier de 6 millions d’échantillons connaît peu d’équivalents dans le monde.

Bon plan

Offrant la gratuité des transports publics de la ville, la Geneva Transport Card est remise par tous les établissements hôteliers à leurs résidents pour la durée de leur séjour. Valable jusqu’à trois jours, le Geneva City Pass donne, quant à lui, accès à une cinquantaine de sites et attractions. De quoi compenser un coût de la vie élevé pour les visiteurs étrangers.

À voir

Chaque hiver, ArtGenève célèbre la création contemporaine en réunissant au Palexpo des galeries et institutions internationales. Écho estival à ce rendez-vous culturel, la Biennale initiée par Thomas Hug, le directeur d’ArtGenève, propose de découvrir la ville en suivant un parcours de sculptures. Une trentaine d’œuvres ont ainsi été progressivement déployées de juin à septembre 2020. En majorité créées pour l’événement, elles pouvaient être admirées gratuitement dans trois somptueux espaces publics : le parc des Eaux-Vives, le parc La Grange et le quai Gustave-Ador.

Se restaurer

La gastronomie est un bon prétexte pour explorer les différents quartiers de Genève. Dans un écrin de verdure, à l’ombre du monument Brunswick, le Cottage Café est une première adresse centrale, mais discrète, pour faire une pause gourmande face au célèbre Jet d’eau. La Perle du Lac et le restaurant du parc des Eaux-Vives sont eux aussi appréciés pour leur vue imprenable sur le Léman, mais surtout connus pour le raffinement de leur carte. Le Café du Marché, le Café des Banques et le restaurant de l’Hôtel-de-Ville sont, quant à eux, des piliers de la gastronomie dans leur quartier respectif, Carouge, Plainpalais et la vieille ville. Plus convivial et directement posé dans la rade, le Bateau Genève combine buvette et espace de restauration. Un lieu remarquable, très impliqué dans l’aide aux plus démunis. Incontournables, enfin, les Bains des Pâquis sont également réputés pour réunir toutes les strates de la société genevoise autour de délicieuses fondues.

Se loger

De l’auberge de jeunesse au terrain de camping, en passant par l’établissement haut de gamme, Genève possède une offre hôtelière pléthorique. Situées à quelques pas du Léman et du monument Brunswick, les Swiss Luxury Apartments proposent, par exemple, des suites équipées d’une cuisine et d’innombrables accessoires pour se sentir comme à la maison.