Bormes-les-Mimosas convie ses visiteurs au généreux spectacle du littoral varois

CÔTE D’AZUR Amphithéâtre tourné vers la mer, le village de Bormes-les-Mimosas compose chaque année un exubérant tableau végétal

Jean-Claude Urbain pour 20 Minutes
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À l’orée de la forêt du Dom, la vaste commune des Maures sourit d’une situation privilégiée, entre collines et rivages.
À l’orée de la forêt du Dom, la vaste commune des Maures sourit d’une situation privilégiée, entre collines et rivages. — OT Bormes-les-Mimosas

Indissociable des boutons dorés qui illuminent la Côte d’Azur chaque hiver, le village de Bormes-les-Mimosas prend des allures de parc floral de janvier à octobre. Baignées de lumière et favorisées par un microclimat très doux, les plantes et les fleurs y poussent à profusion. Véritable fierté locale, cette richesse botanique permet au village d’arborer le label « 4 fleurs » depuis 1970. À leurs balcons et dans leurs jardinets, les Borméens mettent la nature en spectacle en associant des espèces rustiques aux essences les plus raffinées. Quelque 700 espèces exotiques s’épanouissent ainsi dans leur petit paradis.

La floraison spectaculaire des lauriers roses et des bougainvillées succède à celle du mimosa dans les ruelles escarpées.
La floraison spectaculaire des lauriers roses et des bougainvillées succède à celle du mimosa dans les ruelles escarpées. - OT Bormes-les-Mimosas

Cuberts secrets

Bormes est composé de quartiers distincts aux caractères tranchés. La première occupation de son littoral remonte à 400 ans av. J-C. La tribu ligure des Bormani installa son « oppidum » sur l’actuel Cap de Brégançon. Ce n’est qu’au IXe siècle que les habitants décidèrent de remonter vers la colline pour fuir les dangers de la côte.

Aujourd’hui, les ruelles très raides du Vieux Village dessinent un dédale ravissant, où la pierre se marie harmonieusement avec le végétal. Voûtes, porches sculptés et façades ciselées sont quelques-unes des singularités locales, dont les plus saisissantes sont les cuberts. Ces passages couverts se faufilant sous les maisons donnent à Bormes un cachet mystérieux. Tombé sous son charme, l’écrivain toulonnais Jean Aicard avait pris le lieu comme cadre récurrent de ses évocations romanesques.

Plages de sable fin

La côte de la commune forme un chapelet de plages alternant criques, rivages de sable et de galets sur 17 kilomètres. Dans la rade de Bormes, face aux îles du Levant et de Port-Cros, la plage de La Favière jouxte un port de plaisance moderne. Abritée du vent par le Cap Bénat, elle est le point de départ d'un sentier du Littoral, où des parfums de résineux et de pinèdes accompagnent les promeneurs vers des plages aux noms évocateurs : la Tripe, la Galère, la Vignasse, la Mère de Dieu…

Le Pellegrin, ultime plage de la commune révèle un surprenant paysage d’Outre-Mer. Son sable blanc et ses eaux claires lui confèrent des accents tropicaux. Depuis cette grande crique sauvage, on peut rejoindre la route des vins par le domaine de La Sanglière. Jusqu’au domaine Sainte-Marie, ce parcours relie les douze exploitations de la commune qui participent à la production des Côtes de Provence.

Fièrement ancré sur son îlot, le fort de Brégançon protégé par un pont-levis et deux tours crénelées se laisse admirer depuis la plage de Bormes.
Fièrement ancré sur son îlot, le fort de Brégançon protégé par un pont-levis et deux tours crénelées se laisse admirer depuis la plage de Bormes. - OT Bormes-les-Mimosas

Flânerie à travers l’Histoire

Au détour des lieux symboliques du patrimoine borméen, le visiteur s’immerge dans l’histoire médiévale. Il est accueilli dans le village par la coquette chapelle Saint-François, qui fut érigée pour remercier le moine calabrais Saint-François de Paule d’avoir délivré le village de la peste en 1481. Par la rue Carnot, on s’achemine ensuite vers l’église à trois nefs Saint-Trophyme. Puis en remontant des escaliers de pierre, on arrive enfin au château des Seigneurs de Bormes. L’édifice fut incendié en 1589 et abandonné avant d’être transformé en couvent de Minimes, puis vendu comme bien national sous la Révolution.

Le Château ne se visite pas, mais la vue panoramique qu’offre la terrasse attenante mérite quelques efforts. De là, les plus courageux sont invités à continuer la balade verte jusqu’à la chapelle Notre-Dame de Constance. Les autres peuvent redescendre vers le Vieux Village et la Tour de l’Horloge, histoire de se replonger une dernière fois dans la pénombre fraîche et discrète des cuberts.

Pour continuer la balade

Trônant à 324 mètres d’altitude, la chapelle Notre Dame de Constance est un ancien lieu de pèlerinage construit au XIIIe siècle à la demande de Constance de Provence. Si aujourd’hui le promeneur a remplacé le pèlerin, les 165 mètres de dénivelé du parcours ponctué d’oratoires ont gardé leur charme pieux. Le musée Arts et Histoire de Bormes est une bonne idée de halte culturelle au début de cette balade qui emprunte le sentier GR 90 jusqu’au Parc des mimosas.

À l’extrémité orientale de la rade de Hyères, le Cap de Brégançon est une éminence rocheuse célèbre pour son fort. D’abord refuge de corsaires, l’îlot a appartenu à d’illustres figures telles que les Vicomtes de Marseille, Charles d’Anjou ou la Reine Jeanne, avant de devenir propriété d’État. Résidence estivale du Président de la République depuis 1968, le fort de Brégançon ouvre ses portes au public chaque année, à l’occasion des Journées du patrimoine.

Le marché principal se tient, toute l’année, le mercredi matin au village et, de début mai à fin septembre, le samedi matin à La Favière. En juillet et en août, de 17h à minuit, un marché artisanal nocturne anime également le village le mardi et La Favière le lundi.