Corse: Un grand bol d’air sur le GR20, la randonnée des superlatifs

Trek À travers l’île de Beauté, le sentier GR20 offre une aventure à couper le souffle, littéralement

Jean-Claude Urbain pour 20 Minutes

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Parcourir le GR20 est un défi de taille. Mais les efforts consentis sont récompensés par des paysages exceptionnels. Lancer le diaporama
Parcourir le GR20 est un défi de taille. Mais les efforts consentis sont récompensés par des paysages exceptionnels. — Jean-Claude Urbain

Le Fra li monti corse, que les continentaux connaissent mieux sous l’appellation de GR20, est la randonnée des superlatifs. « La plus belle d’Europe » pour les uns, « la plus difficile de France » pour les autres… C’est également la plus fréquentée. Sa réputation fascine et attire chaque année une foule internationale de marcheurs. Découpé en seize étapes, le parcours reliant Calenzana, en Haute-Corse, à Conca, en Corse du Sud, prévoit quatre à huit heures de marche par jour, sur 200 km. Les sportifs aguerris peuvent conclure leur « géhervin » plus vite, en doublant ou en triplant les étapes. Mais ils se privent alors des haltes conviviales qui rassemblent dans les refuges la communauté multicolore des randonneurs à l’heure de la soupe lyophilisée.

Symbole du GR20, le hêtre penché du col Saint-Pierre laisse imaginer la puissance des vents qui balaient les hauteurs corses.
Symbole du GR20, le hêtre penché du col Saint-Pierre laisse imaginer la puissance des vents qui balaient les hauteurs corses. - Jean-Claude Urbain

L’émerveillement permanent

Qu’ils décident d’effectuer le GR20 dans le sens Nord/Sud ou inversement, les marcheurs enchaînent avec un bonheur égal les crêtes acérées avec les vastes plateaux. Le tracé, très bien balisé en rouge et blanc, suit d’anciens chemins de transhumance sur lesquels on peut encore croiser quelques troupeaux. La moitié nord du GR20, qui s’achève à Vizzavona après neuf jours de randonnée, offre à elle seule d’innombrables occasions de s’émerveiller et de mettre au supplice ses mollets. Des paysages dantesques de granit rose ou gris, entrecoupés de pozzines verdoyantes et de torrents glacés, composent le cadre sauvage de ce trek exceptionnel.

Un tracé exigeant

Jusqu’en 2016, tous les marcheurs qui prétendaient boucler le GR20 devaient se confronter aux vertigineuses parois du cirque de la Solitude. Cette étape redoutée, où l’on progressait en corniche grâce à des chaînes et à des échelles, a été fermée suite à un éboulement. Depuis, le sentier a été détourné pour s’approcher en sécurité du Monte Cinto, le point culminant de la Corse.

Le GR20 s’adresse donc à des marcheurs capables d’évoluer sur des terrains accidentés. Avant de s’y frotter, il est impératif de respecter certaines règles. D’abord, alléger son sac au maximum. Ensuite, être bien équipé. Une protection contre les intempéries est par exemple indispensable, même en été. L’itinéraire suppose enfin quelques réservations préalables, car les bivouacs ne sont autorisés que dans certaines zones précises, à proximité des refuges où les places sont également limitées.

Y aller.

Pour débuter le GR20 par le Nord, embarquer sur un ferry à destination de Calvi d’où un bus permet de rejoindre Calenzana en 30 minutes. Le sentier est praticable de mi-juin jusqu’à mi-octobre. Les mois de septembre et d’octobre permettent d’éviter la foule et les grosses chaleurs.

Se restaurer.

Après chaque étape, difficile de résister aux omelettes, assiettes de charcuterie et fromages servis dans les refuges. Mais attention : la note peut se révéler salée ! À Vizzavona, le restaurant Le Chef de la gare permet de conclure la première moitié du parcours en ripaillant sans se ruiner. 

Renseignements.

Le site du Parc naturel régional de Corse regroupe toutes les infos utiles pour préparer sa randonnée, étape par étape.