Les touristes roulent pour la trottinette électrique

BALADE Progressivement, le deux-roues électrique s’impose comme l’un des moyens privilégiés pour visiter les grandes villes

Marie de Fournas

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En France, les touristes représentent 42 % des utilisateurs en free-floating.
En France, les touristes représentent 42 % des utilisateurs en free-floating. — M. Fourmy/Sipa
  • Dans le sillage de Paris, plusieurs villes françaises ont vu fleurir des flottes de trottinettes électriques en free-floating.
  • Selon une étude du bureau 6T, sortie en juin 2019, 42 % des utilisateurs des trottinettes électriques en free-floating sont des touristes.

Après les globe-trotteurs, les globe-trottinetteurs ? Arrivée il y a un an et demi sur le sol français, la trottinette électrique en libre-service s’est aujourd’hui fondue dans la circulation des grandes villes, au même titre que les voitures, les vélos, les bus ou les scooters. Adoptée par les citadins pour faire leurs déplacements, elle est également très utilisée par les touristes. En France (essentiellement à Paris) par exemple, ils représentent 42 % des utilisateurs de trottinettes en free-floating, selon une étude du bureau 6T, sortie en juin 2019.

L’engouement pour le petit deux-roues ne se limite pas à la capitale, ni au libre-service. A Marseille, Trotlib, entreprise spécialisée dans l’événementiel, la location et le tourisme en trottinettes électrique, a vu son activité doubler en deux ans. « C’est dû à notre réputation, mais pas seulement, confie Emilien Viart, cogérant de l’enseigne. Quand on a commencé en 2014, la trottinette électrique c’était anecdotique, voire un peu bizarre pour tout le monde. Depuis l’arrivée du free-floating, les gens l’utilisent beaucoup plus au quotidien. Il y a un changement des habitudes et une démocratisation de ce moyen de locomotion. Il est maintenant complètement intégré dans le décor. »

Des itinéraires très prisés

Et comme les trottinettes électriques se répandent dans de nombreuses villes du monde entier, elles ne sont plus un objet de curiosité pour les touristes. Certains retrouvent les mêmes que chez eux et pour les autres, quelques clics suffisent pour télécharger l’application. L’entreprise de trottinettes en libre-service made in France Dott, constate que son application très « locale » et déployée dans peu de villes, compte tout de même 10 % d’utilisateurs étrangers à Paris.

« Il y a des itinéraires très prisés par les touristes, constate Nicolas Gorse, directeur général de Dott France : à Paris, le triangle entre les Champs-Elysées, Trocadéro et Franklin Roosevelt, les balades sur les quais de Seine, le long du Champ-de-Mars ou encore depuis le Louvre, la piste cyclable rue de Rivoli qui remonte jusqu’à la Concorde. Cet été, certains utilisateurs faisaient des trajets de 45 minutes. » Pour l’expert, ce mode de déplacement est celui de la « flânerie » : sans effort et dans une position debout, idéale pour observer ce qui nous entoure.

Dans les guides touristiques

La trottinette s’adapte en effet particulièrement bien à la visite urbaine. « Elle est légère donc pratique, explique Emilien Viart. On peut faire des stops quand on veut, la plier, l’embarquer et la laisser à ses pieds le temps d’un café par exemple. Elle est aussi devenue avec le temps un objet de convoitise : avant c’était enfantin, maintenant c’est classe. » A la différence du Segway par exemple, plus encombrant. S’il lui est de moins en moins enfourché par des touristes, la trottinette électrique ne devrait pas connaître le même destin. « Nous avons intégré les prestataires de trottinettes dans nos guides de Londres ou encore Berlin, car c’est un bon moyen de circuler dans la ville et de la découvrir », indique Stéphan Szeremeta, rédacteur en chef du Petit Futé Mag.

Son expansion auprès des touristes pourrait cependant rencontrer quelques freins. « Le Guide du routard » indique n’être pour l’instant « pas favorable à l’idée d’en faire la promotion », car la juge « trop dangereuse ». Même si les infrastructures adaptées sont de plus en plus nombreuses, circuler en trottinette n’est pas sûr partout et rares sont les touristes qui embarquent un casque dans leur valise par exemple. Un accessoire encore non proposé en free-floating, mais vivement recommandé pour les aventuriers urbains.