Comment fête-t-on Noël en Terre sainte ?

Tourisme Entre Bethléem, Nazareth et Jérusalem, cette année 165.000 chrétiens sont attendus pour fêter Noël entre Israël et Palestine, selon les chiffres du ministère du tourisme israélien

Elna Hartman

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Le marché de la vieille ville de Jérusalem.
Le marché de la vieille ville de Jérusalem. — Chameleons Eye/Rex Shutterstock

Messe de minuit et prière. Pour les chrétiens, Noël reste l’une des fêtes les plus importantes du calendrier. Chaque année à cette période, plus de 660.000 touristes font le choix de visiter Israël et la Palestine à cette période, selon le ministère du tourisme israélien. Parmi eux, 165.000 chrétiens viennent plonger dans la vie de Jésus.

« On ne fête pas Noël comme en Occident, raconte Aline Boublil, directrice de Joubert Voyages. Sauf peut-être un peu côté palestinien, à Bethléem. » Elle décrit une zone délimitée par des barrières, un sapin et une ambiance très religieuse autour de la basilique de la Nativité où les touristes se pressent pour assister à la messe de minuit. Mais dans le reste de la ville, pas de guirlande, de vin chaud ou de père Noël : « Ce n’est pas dans leur culture. Les festivités se concentrent autour des églises uniquement. »

De l’autre côté de la frontière, à Jérusalem, l’ambiance est aussi solennelle. « Il existe de nombreuses communautés chrétiennes : les orthodoxes, les Arméniens, les catholiques, les protestants, ajoute Jean-David, habitant de Tel-Aviv. Et à Noël, chaque Eglise organise sa fête avec des variantes. » Là encore, les festivités religieuses restent à proximité des lieux de culte.

Des lieux saints très prisés des touristes

Pour continuer dans les lieux bibliques, direction le nord d’Israël et découvrir en bateau les eaux du lac de Tibériade, où Jésus aurait marché sur l’eau. En passant, il est possible de s’arrêter le long du Jourdain, ce fleuve où les touristes se pressent pour être baptisés au même endroit que l’aurait été le Christ. Dernière étape : Nazareth et la basilique de l’Annonciation. Considérée comme la plus grande église du Moyen-Orient, elle aurait été construite sur l’ancienne maison de Marie.

Côté laïc, « Noël est aussi l’occasion de faire la fête », ajoute Jean-David. Il raconte l’industrie commerciale autour de Tel-Aviv, à Jaffa ou encore dans la ville de Haïfa. L’ambiance y est festive et les boîtes de nuit nombreuses. « Haïfa a même débloqué un budget municipal pour ces festivités. »

Car chaque année, la ville organise le festival de la Fête des fêtes qui célèbre Noël, Hanoukka (la fête des lumières) et Aïd al-Adha (la fête du sacrifice). « Qu’importe l’argent dépensé par ces villes pour attirer les touristes : pour les chrétiens, Noël c’est Bethléem. Ici on prie pour le monde entier », souligne une source politique palestinienne sous couvert d’anonymat. Mais pour rejoindre Bethléem depuis Jérusalem, « il faut passer un checkpoint, et cela peut prendre plusieurs heures », précise Manon Segret, créatrice de voyages dans le monde arabe à Nomade Aventure. Des bus gratuits ont même été mis en place entre les deux villes. Quant à savoir combien de touristes se retrouvent à fêter Noël au checkpoint… L’histoire ne le dit pas.