Parcs d’attractions: la Toussaint, temps fort et clap de fin de la saison touristique

Citrouille Depuis les années 2000, le folklore entourant Halloween s’est emparé des parcs d’attractions pendant la période de la Toussaint

Camille Poher

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Les parcs d'attractions emploient les grands moyens pendant la période de la Toussaint.
Les parcs d'attractions emploient les grands moyens pendant la période de la Toussaint. — Disney

À la Toussaint, « frisson » rime avec « filon » pour les parcs d’attractions. Du Futuroscope au Parc Astérix en passant par la Mer de Sable, aucun n’échappe à la tradition d’Halloween. Puisque c’est bien cette fête païenne venue des îles Anglo-Celtes qui fait la force de la période automnale.

Initiée par le géant du genre, Disneyland Paris, la thématique horrifique bat son plein dans les parcs d’attractions de l’Hexagone depuis les années 2000. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. « En 2018, nous avons réalisé le record du parc avec 162.000 visiteurs pour la seule période de la Toussaint », explique Jérôme Neveux, responsable presse du Futuroscope. Chez Astérix, même constat : « Sur les vingt jours de la Toussaint, le parc réalise sa plus grosse affluence de l’année avec 330.000 visiteurs », affirme Marion Lardic, porte-parole du parc de loisirs.

La revanche de l’automne

Longtemps boudée, notamment pour des questions de météo, cette période visiblement rentable s’étalant de mi-octobre à mi-novembre a poussé certains parcs à jouer les prolongations. « Depuis quelques années, la plupart des structures clôturent la saison juste après les vacances de la Toussaint, c’est donc la dernière occasion de finir sur une belle année », explique Laurent Gatignol, rédacteur en chef du site Parc attraction loisirs.

Décorations, animations, attractions, les parcs investissent massivement sur cette ultime période de la saison. « A l’occasion de la Toussaint, le Futuroscope multiplie son budget par dix », confie Jérôme Neveux. L’objectif ? Plonger le visiteur dans un univers à la fois éphémère et époustouflant. Sous la forme d’une thématique tout entière comme avec « Peur sur le parc » chez Astérix ou d’une attraction iconique comme le « Phantom Manor » de Disney aucun antre à sensations n’échappe à la frénésie de Halloween.

Côté visiteurs, que l’on soit fidèle ou novice, la formule de l’horreur séduit. « Ça nous donne l’impression de redécouvrir le parc », confie Alexandre, 28 ans, grand habitué des temples de l’amusement. « A cette période, on ne fait pas les mêmes choix d’attractions : on déserte un peu les manèges à sensation pour les maisons hantées et les trains fantômes », ajoute-t-il.

Elargir l’audience

Si certains parcs gardent à cœur de faire « peur, mais pas trop », comme le confie Hervé Lux, directeur général de La Mer de sable, pour rester fidèle à une ambiance familiale, d’autres à l’inverse profitent de la période pour conquérir un public plus âgé. « Halloween permet de s’adresser à des adolescents par le biais d’ouvertures nocturnes ou d’attractions interdites aux moins de 16 ans », explique Laurent Gatignol. « C’est une période pendant laquelle nous n’hésitons pas à aller dans le trash pour plaire à un public plus averti », ajoute Marion Lardic du Parc Astérix.

Un public plus large et plus nombreux, donc, qui bouleverse le temps d’une saison toute l’organisation de ces « temples du fun ». Les horaires d’ouverture s’élargissent et les effectifs gonflent avec eux. « Nous engageons mille saisonniers pour la période estivale. Pendant la Toussaint, nous grossissons encore un peu plus les rangs, notamment de comédiens », confie Marion Lardic. Des comédiens, soumis au statut d’intermittents du spectacle qui vivent une pression particulière pendant cette période : « C’est épuisant, ce sont d’énormes journées où on engage notre corps et notre voix », raconte une ancienne employée de parcs souhaitant rester anonyme. Elle ajoute que avec chaque Toussaint la pression venue des organisateurs et des responsables s’intensifie. « On attend beaucoup plus de monde et donc beaucoup plus de nous ». Une charge de travail effrayante, en somme.