Hong Kong, une ville-monde dans un écrin de verdure

Evasion Vibrante, la plus grande région spéciale de la Chine ne se résume pas à ses mouvements contestataires

Mélanie Wanga

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La baie de Hong Kong. Lancer le diaporama
La baie de Hong Kong. — zhuyufang / Getty Images

Le mouvement social de Hong Kong reste vivace après avoir obtenu le report d’un projet de loi contesté. Les chaînes d’info diffusent en boucle des images de manifestations, de violences policières et de la manière étonnante dont les Hongkongais militent et se déplacent. Mais tout comme la France lors du mouvement des « gilets jaunes », le cœur de Hong Kong continue de vivre. L’histoire de cette ville-région est complexe, et la richesse culturelle et le mode de vie de ses habitants en font une destination passionnante.

Bien sûr, il y a Central, le quartier d’affaires où les buildings d’entreprises accueillent une foule de travailleurs à toute heure du jour et de la nuit. C’est l’aspect qui donne à Hong Kong sa réputation de ville globale, de « New York de l’Asie », comme on l’appelle souvent. Emeric Landemaine, designer français expatrié à Hong Kong depuis 2010, renverse le cliché. « Derrière son aspect occidentalisé, c’est une ville très traditionnelle, importante à visiter pour comprendre la Chine, détaille-t-il. Les Hongkongais travaillent beaucoup et sont très superstitieux, ils sont attachés aux traditions. C’est pour ça que pour moi, Hong Kong est “l’âme” de la Chine. »

Plages et montagnes à deux pas

La première fois que vous mettez les pieds sur l’île, après être arrivé à l’aéroport de Chek Lap Kok, vous êtes saisi par l’architecture et la densité du centre-ville de Hong Kong Island, qui lui donnent une « énergie unique au monde », selon Emeric Landemaine. Mais l’évasion est ailleurs : les nombreuses plages qui entourent l’île, comme Shek O Beach, Big Wave Beach ou celles de Stanley, permettent aux habitants de faire trempette dans la mer de Chine en vingt minutes de métro du centre. Le climat tropical de l’île (entre 14 °C et 35 °C tout au long de l’année) est accompagné d’une jungle luxuriante. « En prenant un ferry, on arrive sur des petites îles sans voitures, habitées par des pêcheurs. On se retrouve d’un coup dans la forêt », indique Emeric Landemaine.

La nature préservée des parcs offre des terrains propices aux randonnées. La plus classique (et la meilleure) demeure sans aucun doute celle du Dragon’s Back : 8 km d’un sentier sinueux à parcourir sur une montagne. Ne loupez pas aussi la montée du Victoria Peak. Au sommet, la vue donne sur la baie entière de Hong Kong.

Le grand Bouddha du monastère de Po Lin.
Le grand Bouddha du monastère de Po Lin. - wnjay_wootthisak / Getty Images

Des traditions dans la ville

A majorité taoïste et bouddhiste, Hong Kong baigne dans les traditions religieuses. « Derrière son vernis moderne et cosmopolite se cachent une tradition et des mentalités superstitieuses, observe Emeric Landemaine. Par exemple, le mois d’août est marqué par la fête des fantômes, où les esprits s’échappent des enfers et viennent jouer des tours aux vivants. Pour s’en protéger, les gens brûlent des faux billets. Il n’est pas rare d’apercevoir de grandes citernes de métal dans lesquelles les gens font de véritables barbecues. » Cet esprit traditionnel, proche du calendrier lunaire, est même plus vivace sur l’île qu’en Chine continentale – la Révolution culturelle engagée par Mao y a effacé beaucoup de traditions. « Hong Kong, c’est la Chine sans le communisme, puisqu’elle est composée en majorité de descendants de Chinois qui ont fui le continent à l’époque de Mao Zedong dans les années 1960 », rappelle Emeric Landemaine. Colonisée par le Royaume-Uni en 1842, l’île est restée britannique jusqu’en 1997 et conserve aujourd’hui des différences – dont administratives et politiques – avec le reste du pays.

A Hong Kong, on parle anglais couramment, mais on continue à utiliser le cantonais, la langue chinoise de plusieurs provinces du sud du pays, tandis que le mandarin standard, langue officielle de l’Etat depuis 1959, est dominant dans le reste de la Chine. « La littérature est vibrante ici : la poésie et les livres classiques chinois ont été rédigés en cantonais, et les librairies sont florissantes. » On vous recommande d’ailleurs la librairie Kubrick, nichée dans la Broadway Cinematheque, ou encore la Swindon Book Co., qui existe depuis 1918.

Le Nouvel an chinois.
Le Nouvel an chinois. - Superstock / Sipa

Il y en aura pour toutes les papilles

Autre élément capital à découvrir à Hong Kong : la nourriture ! Des petits food courts de quartiers aux restaurants étoilés, le choix est quasi infini. Bien sûr, donnez la priorité aux dim sum, la spécialité locale, des raviolis vapeur. Emeric Landemaine recommande d’aller dans le quartier Sheung Wan pour en manger à la manière traditionnelle, chez Lin Heung Kui. « Il n’y a pas de commande : la serveuse passe avec un chariot à travers la salle, et on se sert. » Autres passages obligés : le milk tea à la hongkongaise à boire dans l’après-midi et le pain ananas (ou brioche ananas), qui n’a d’ananas que l’apparence, à dénicher en boulangerie.

Pour un vrai dépaysement et une plongée dans le Hong Kong populaire, rien de mieux que les quartiers de Yau Mai Tei et Mong Kok, selon Emeric Landemaine. « Ces quartiers regorgent de marchés, de salles de mah-jong, de petits restos à la roots. C’est vivant et bordélique. Quand vous vous baladez dans le secteur de Prince-Edward, vous vous croyez presque dans un film d’action des années 1980. » Quand on vous dit que Hong Kong n’est pas la ville que vous croyez…

Le quartier de Mong Kok.
Le quartier de Mong Kok. - acavalli / Getty Images