Le Pérou, entre vagues et pyramides

Voyage Bordée par l’océan Pacifique, la côte nord du Pérou regorge de petites localités balnéaires attirant vacanciers et surfeurs avisés, ainsi que de richesses archéologiques, vestiges de cultures antérieures aux Incas

Agence pour 20 Minutes
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Un danseur de marinera en habit traditionnel.
Un danseur de marinera en habit traditionnel. — IStock/City Presse

Sur la route panaméricaine, en direction de l’Équateur, nous partons pour la bande côtière désertique comprise entre les villes de Trujillo et Chiclayo, pour y découvrir le « grenier du Pérou », avec des techniques d’irrigation héritées des cultures autochtones et de leur relation de symbiose avec leur environnement naturel…

La belle rebelle

Trujillo, à 557 km au nord de Lima, est notre point de départ. La « ville rebelle » est la première du pays à avoir vu les armées de Simón Bolivar proclamer l’indépendance le 29 décembre 1820, à la Casa de la emancipación. Son nom lui a été donné par le conquistador Francisco Pizarro, en hommage à sa ville natale d’Extrémadure.

Le centre, la Plaza de armas notamment, présente de belles maisons coloniales à l’image de celles du vieux Lima, avec fenêtres de fer forgé et balcons en bois, desquels les femmes de la bonne société pouvaient mirer les passants de la rue sans être vues. Le dimanche, après le lever de drapeau, il est fréquent d’assister à des présentations de caballos de paso (chevaux de parade), dressés depuis la conquête à cette technique qui leur permet de ne pas enfoncer leurs sabots dans le sable.

Des démonstrations de marineras, danses folkloriques où des couples se font face en habits traditionnels et se saluent avec des mouvements de mouchoirs, témoignent d’un autre aspect de la culture criolla… La dernière semaine de janvier est d’ailleurs marquée par le concours national de la Fiesta de la Marinera tandis qu’au printemps, le Festival internacional de la Primavera drape la ville d’une allure festive, avec défilés et exhibitions…

Traces d’histoire

En remontant dans le temps, le musée d’Archéologie de Trujillo nous initie aux trésors laissés par les cultures pré-incaïques ayant peuplé la région : Chavín, Huari, Chimú, Mochica, Recuay… Selon les travaux des docteurs M.E. Moseley et C.J. Mackey, on compterait plus de deux mille sites archéologiques rien que dans la vallée du Rio Moche… Chan Chan, la capitale Chimú, est l’un d’entre eux. Celle qui fut autrefois la plus grande ville du monde construite en adobe a aujourd’hui des aspects de ville fantôme, tant l’érosion et les inondations induites par le phénomène climatique du Niño en ont rogné les murs. Il faut ainsi s’armer d’un peu d’imagination pour se représenter l’énormité de cette grande cité, qui couvrait près de 20 km2. Seule la citadelle Tschudi, du nom du chercheur suisse à l’origine de sa mise à jour et de sa restauration, donne une dimension des aspects étonnants de cette culture, tel que le culte voué par ce peuple de pécheurs à la mer et à la Lune et matérialisé dans des frises ornées de vagues et de poissons.

Dans les pas des pyramides

Des pyramides, comme la huaca Esmeralda, ou celle del Arco Iris sont à visiter dans un rayon d’une trentaine de kilomètres autour de Trujillo. Parmi les plus impressionnantes, la huaca de la Luna y del Sol est l’un des temples mochicas vieux de plus de 1.500 ans, situés au sud du Rio Moche. Le temple du Soleil, victime de l’érosion, a perdu sa splendeur mais reste colossal par sa taille et le panorama qu’il offre à son sommet. Celui de la Lune présente davantage d’intérêt archéologique par la mise au jour progressive de frises polychromes, qui ont été protégées par les constructions ultérieures. Certains Précolombiens avaient en effet l’habitude de recouvrir les anciennes constructions lors de l’avènement d’un nouveau souverain. Les moules qui y ont été retrouvés ont permis ensuite à des artisans locaux de reproduire à l’identique des poteries d’époque, dont certaines sont à la vente.

Côté mer : sea, surf and sun

Les villages attenants à la mer se sont érigés en véritables stations balnéaires à taille humaine. Huanchaco organise son Festival del Mar au cours duquel il remet en scène l’arrivée par la mer du fondateur de Chan Chan. Pacasmayo et Puerto Chicama sont deux petits spots de surf, connus de par le monde, du fait de la longueur de leurs breaks… Ils sont toutefois moins fréquentés que les Mancora, Cabo Blanco et autre Punta Sal, situés au nord de Piura et davantage investis par le tourisme de masse.

En pratique

L’office de tourisme du Pérou est joignable au 01 40 70 13 05.