Le pays khevsour au Grand Caucase, les confins oubliés de l'Europe

RANDONNEE Situé en Géorgie, le Grand Caucase est un véritable paradis terrestre pour le randonneur à la recherche de plénitude et de grands espaces.

Agence pour 20 Minutes

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Austère et mystique, le Grand Caucase s'avère la terre promise du randonneur. Lancer le diaporama
Austère et mystique, le Grand Caucase s'avère la terre promise du randonneur. — Thinkstock

C’est le silence qui se remarque le plus. A peine quelques bêlements, çà et là. Même l’aigle royal qui nous regarde de loin avec condescendance ne vient pas troubler l’étonnante placidité du Grand Caucase, sans doute par respect pour ces terres à l’atmosphère un peu plus pesante qu’ailleurs, toutes chargées d’une histoire silencieuse et d’une aura mystique.

La faune occupe une place centrale dans le paysage caucasien.
La faune occupe une place centrale dans le paysage caucasien. - Thinkstock

Après avoir laissé derrière soi la Kakhétie, on entre en pays khevsour par la petite route, humblement. Cette région du nord de la Géorgie, à 140 km de la capitale Tbilissi, est peu fréquentée. Ici, c’est la montagne qui règne, abrupte, sans partage ni concessions. Son royaume ? Une immense forêt vierge, des ruisseaux qui se croient beaucoup plus grands qu’ils ne le sont, des alpages fleuris toisant de redoutables pics et des vallons ombrageux.

Pas étonnant que les habitants ne soient pas très loquaces. On les dit descendants des Croisés. Et même s’ils ont tombé leur cotte de mailles depuis longtemps, leur armure est restée bien sensible… Mais s’efface gaiement après quelques verres de bière qu’ils partagent dans un sourire.

Dépaysement païen

Les Khevsours, qui vivent en complète autarcie durant les huit mois que dure l’hiver caucasien, sont majoritairement des bergers. Ils se disent chrétiens. Pourtant, leurs traditions fleurent bon le paganisme millénaire. En juillet, ils célèbrent l’Athenguénoba. En l’honneur de l’évêque martyr Athénogène, ils sacrifient des dizaines de béliers au pied de croix monumentales, avant de se livrer à de dignes ripailles.

Si le sang et l’alcool coulent à flots, ces festivités sont peu à peu devenues pour les Khevsours ayant quitté leur sol natal une occasion de retrouver leurs proches restés fidèles à l’ombre de leurs châteaux de pierre. L’occasion aussi, pour le passant, de découvrir, pendant qu’il en est encore temps, ces confins oubliés de l’Europe, peu à peu grignotés par la modernité.

En pratique

Le site de l'office du tourisme de Géorgie, exclusivement proposé en anglais et en géorgien, propose quelques idées d'activités qui devraient combler l'aventurier bien décidé à user ses souliers.