Hypothermie, hallucinations... Deux Rhônalpins ont conquis le plus haut volcan du monde

AVENTURE Antoine Retours et Etienne Loisel ont réussi en février à gravir le volcan Nevado Ojos del Salado au Chili. Un défi qui va bientôt être suivi d’un documentaire

Jérémy Laugier

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Antoine Retours et Etienne Loisel, ici au sommet du volcan Vicunas au Chili en février.
Antoine Retours et Etienne Loisel, ici au sommet du volcan Vicunas au Chili en février. — Etienne Loisel
  • Le volcan Nevado Ojos del Salado (6.893 m) au Chili a été le théâtre en février d’un bel exploit sportif d’Antoine Retours et d’Etienne Loisel.
  • Le tandem d’amis originaires de Normandie s’est rendu dans le désert d’Atacama avec un membre de 714 Production.
  • Le documentaire ​Les Yeux vertigineux du désert devrait être projeté à partir du mois de juin dans des festivals de films de montagne.

Amis depuis leur enfance en Normandie, très loin des montagnes, Antoine Retours et Etienne Loisel, 27 ans, viennent de partager une sacrée aventure, le mois dernier au Chili. Ils sont en effet devenus les premiers audacieux à gravir d’une traite, en aller-retour express, le plus haut volcan du monde, le  Nevado Ojos del Salado (6.893 m). Avec au menu 30 km d’ascension et un passage de 4.500 à 6.893 m d’altitude, avant de remettre ça pour la descente. 21h18 d’une folle intensité, entre course, marche et escalade, que les deux compères vivant désormais à Lyon et à Chambéry ne sont pas près d’oublier.

« Ouh la oui, on va s’en souvenir de ce temps final, sourit Antoine Retours, technicien hydraulique à la Métropole de Lyon. Nous sommes partis à 21 heures, le 18 février, afin d’arriver avant midi le lendemain au sommet pour éviter la tempête. On aime quand même bien se lancer des défis qu’on n’est pas sûrs de réussir. » En 2017, ils s’étaient déjà distingués en traversant trois grands lacs alpins sur une formule swimrun.

« Nous avons exploré de nouvelles ressources physiques et mentales »

Malgré deux semaines d’adaptation entre 4.700 et 6.700 m, les deux passionnés de haute montagne et de trail ont souffert d’hypothermie durant la nuit, à 5.800 m… et -30°C. « Nous avons exploré de nouvelles ressources physiques et mentales, indique Antoine Retours, qui ne s’était jamais frotté à une telle altitude. Je me sentais flotter, avec des muscles tétanisés. J’ai heureusement eu un éclair de lucidité en comprenant que je n’avais pas les jambes pour suivre Etienne tout en haut. Je ne voulais pas l’empêcher de vivre son rêve. »

Un tournant dans cette redoutable ascension, que seul Etienne Loisel, accompagnateur en montagne, a donc pu conclure, le 19 février peu avant midi. « Je n’ai pas bien vécu cette situation, confie ce spécialiste des courses du kilomètre vertical. Je craignais qu’Antoine m’en veuille d’être parti seul et la solitude m’a alors fait du mal. Je m’assoupissais sur mon piolet et j’avais des hallucinations : à chaque tas de pierres, je voyais des hommes bouger… »

Antoin Retours et Etienne Loisel ont profité au maximum de la région d'Atacama.
Antoin Retours et Etienne Loisel ont profité au maximum de la région d'Atacama. - Etienne Loisel

« La reconnexion est difficile »

Les deux Rhônalpins se sont finalement retrouvés vers 15h30 pour une franche accolade dans cette superbe région d’Atacama. Avant de savourer dans la foulée une journée de surf, bières et Pisco Sour autour de Valparaiso. Une douce transition avant le retour à Lyon et à Chambéry. « Tout était tellement intense dans cet endroit très isolé que la reconnexion est difficile », reconnaît Antoine Retours. En attendant de plonger dans d’autres projets extrêmes, le duo cherche à financer la post-production du documentaire retraçant leur vertigineuse parenthèse chilienne.

Les Yeux enneigés du désert (traduction de Nevado Ojos del Salado) est attendu pour juin, et Antoine et Etienne visent notamment les festivals de montagne de la région Auvergne-Rhône Alpes. « Je n’ai jamais eu autant l’impression d’en apprendre sur moi que là, dans cette véritable étape de vie », conclut le Lyonnais.

Contact auprès de 714 Production : valerian.guestre@714production.fr