Chat "Happy slapping" avec Serge Tisseron

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Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste spécialiste des images et de leur influence, est l'auteur notamment de "L'enfant au risque du virtuel" (Ed. Dunod), "Enfants sous influence: Les écrans rendent-ils les jeunes violents?" (Ed. 10/18) et de "L'intimité surexposée" (Ed. Ramsay)

La faute aux portables…

Pourquoi pour commencer n'interdisons nous pas les portables à l'école? comment peut-on accepter que des élèves puisse utiliser leur portable en classe? Les brouilleurs existent donc pourquoi le pas les faire rentrer à l'école? Lulu

Non seulement je suis favorable à l’interdiction de l’utilisation des téléphones portables en classe mais aussi dans d’autres circonstances, notamment de la part des patients pendant les consultations médicales et durant les repas de famille. Autant dire que les adultes et les enfants sont de ce point de vue-là dans le même bain. On ne peut leur interdire que ce qu’on est prêt, en tant que parents, à s’interdire dans les mêmes circonstances. Quant aux brouilleurs, je crois plus aux vertus de l'éducation civique et des contrats. C'est seulement ce qui permettra d'intégrer l'existence d'espaces différents dans lequels les règles à respecter sont différentes.

La prolifération des nouvelles technologies sans accompagnement, indispensable pour parvenir à "apprivoiser" et intégrer au mieux dans notre vie ces nouveaux objets qui offrent multiples possibilités inédites, n'est-elle pas à l'origine et ne rend t-elle pas inévitable ce genre de dérives? Claire

Les jeunes s’approprient les nouvelles technologies beaucoup plus rapidement que les moins jeunes. Mais ils ont malheureusement souvent moins bien intégré qu’eux les repères sociaux et moraux qui règlent les relations avec les autres. D’où des risques de confusion, heureusement assez exceptionnels. S’agissant de l’accompagnement, il devrait être réciproque, chaque génération pouvant apprendre quelque chose de l’autre pour les usages qu’il fait des nouvelles technologies.

N'est-ce pas un faux débat d'incriminer les technologies plutôt que les usagers, et l'usage qu'ils en font? Ne pourrait-on pas châtier ces petits criminels avec une bonne fessée déculotée, sur une place publique, afin que le peuple puisse, lui aussi, partager collectivement les joies du happy slapping? Michael

Les adeptes du happy slapping, d’ailleurs assez peu nombreux, sont à mon avis dans la confusion du statut à accorder aux images. Ils pensent que les images sont toujours un reflet de quelque chose qui a été accompli dans la réalité. Ils imaginent donc qu’il suffirait de montrer des images d’eux-mêmes en train d’exercer la violence pour imposer leur autorité sur leurs camarades. Mais ces camarades peuvent aussi ricaner en invoquant que ces images peuvent être truquées ou que la scène de violence a pu être jouée comme au théâtre. Finalement, c‘est seulement l’écho que les médias donnent à l’évènement qui lui assure la crédibilité sans laquelle les petits caïds qui font ce genre de choses ne pourraient pas les utiliser comme instrument de pouvoir. Dans ces histoires, l’écho des médias fait partie du dispositif au même titre que la violence et la prise de vue. S’il en manque un, le dispositif s’effondre.

Bonjour Mr Tisseron. Comment lutter contre la violence banalisée chez les jeunes ? En n'appliquant pas de système laxiste (puisque les parents ne font pas le travail d'éducation de leur enfant), pourquoi pas des travaux d'intérêt général et pour les parents et pour les enfants ayant fauté ? Pourquoi l'impunité existe t elle dans l'éducation (la dernière loi sur les punitions "positives" en est le parfait exemple), pourquoi ne pas ne pas préparer ces jeunes à la vraie vie où tout acte ou décision doit être assumé ? La responsabilisation de chacun est pourtant essentielle pour vivre en société. Cyb

Quoiqu’en rêvent certains, il n’est plus possible aujourd’hui d’imposer aux jeunes une autorité sur le modèle de celle qu’ont connue leurs parents, du genre: « Tu le feras parce que je te le dis. » Les parents sont souvent en effet devenus dépendants de leurs jeunes pour leur accès aux nouvelles technologies, tandis que les jeunes sont confrontés par les médias à une multitude de modèles dont certains peuvent leur apparaître, parfois avec raison, comme bien mieux adaptés aux problèmes de la vie que ceux que leur proposent leurs parents. Quelle solution alors ? Engager les enfants dès l’âge de 7 ans dans des contrats qui précisent les obligations de chacun et les sanctions encourues en cas de transgression, aussi bien dans la famille qu’à l’école et dans les clubs de loisirs. Ces documents devraient même être écrits et impliquer la signature des diverses parties. Et là encore, si certaines obligations sont propres aux jeunes, dans d’autres domaines, elles sont partagées par les adultes et les enfants : comme l’interdiction d’utiliser un téléphone mobile, de fumer ou de porter des vêtements adaptés aux circonstances.

… ou aux programmes TV ?

Quand on les interroge, les fans du "happy slapping" ne parlent que de "trip" ou de "truc marrant" sans penser à la souffrance de la victime, n'y a-t-il pas là une banalisation de la violence déjà initiée par la télévision ou le Net ? Personnellement, je préconise que tous ceux qui s'y sont adonnés passent de l'autre côté de la "caméra" pour voir ce que ça fait ... Milena

Malheureusement, le paysage audiovisuel a évolué de façon dramatique depuis une dizaine d’années. On voit maintenant fréquemment des fictions mettant en scène des criminels pervers qui torturent et font souffrir pour leur seul plaisir, et aussi des « justiciers » qui pratiquent la torture sans jamais s’interroger sur sa légitimité, comme dans la série « 24 heures chrono ». Du côté des actualités, c’est la même chose. N’oubliez pas que les images d’Abou Graïb qu’on a vues partout avaient été prises par des tortionnaires heureux, qui tenaient à garder un souvenir. C’était pour eux des images de safari et elles étaient évidemment composées et cadrées pour continuer à leur faire plaisir quand ils les regardaient. C’est donc cette position de voyeur satisfait que nous étions invités à prendre quand nous les regardions à notre tour. Et nous ne pouvions même pas nous en rendre compte. Pour le savoir, il aurait fallu que nous ayons d’autres images des mêmes évènements photographiés avec un autre point de vue, par exemple par des militants d’Amnesty International. Ces images nous ont été proposées comme des « témoignages » alors qu’elles étaient des machines à faire jouir. Les adeptes du happy slapping ont retenu une leçon de l’événement, mais pas la bonne comme souvent les enfants. Ils font leur safari à eux. Ils ont retenu la leçon de la jouissance que distillaient ces images et pas celles de l’horreur. Mais à qui la faute ?

Croyez-vous qu'il faudrait intervenir au niveau des programmes télé et en supprimer pour de bon, par exemple les téléfilms et films américains violents, les séries américaines stupides, ou les clips de rap franchement dégradants pour les femmes, interdire aussi les jeux vidéos macabres, etc. ? Elise

Aujourd’hui, tout ce qui n’arrive pas par une chaîne de télé arrive par une autre, par Internet, ou par les photographies de presse. Impossible de vouloir contrôler en amont. On ne peut qu’essayer de réduire les dégâts en aval. Pour cela, il faudrait organiser beaucoup plus de lieux d’échange et d’expression autour des images, aussi bien à l’école qu’en famille et dans le secteur associatif. Et imposer par une loi que toutes les chaînes de télévision publique programment une émission d’éducation aux images à destination des familles, à une heure de grande écoute. Et que les pénalités imposées aux chaînes par le CSA pour transgression de leur charte ne soient pas sous la forme d’amendes financières mais d’obligation à programmer des heures d’éducation aux images.

Des programmes comme « Jackass » sont ils coupables ? Armiel

« Jackass » et « Dirty Sanchez » ont surfé sur la confusion : d’un côté, on nous disait que les performances étaient accomplies par des cascadeurs professionnels et qu’il ne fallait pas chercher à les imiter, mais d’un autre côté la manière de les filmer nous donnait l’impression de productions faites en famille sans précautions particulières. Mais cette confusion est maintenant générale à la télévision avec la téléréalité et les docus-fiction dans lesquels il est impossible de distinguer entre l’événement et sa scénarisation. Du coup, les enfants grandissent en ayant beaucoup de difficultés à faire la part des deux. Certains réagissent en imaginant que tout ce qu’ils voient est inventé, et d’autres que tout est vrai. Les adeptes du happy slapping se recrutent probablement dans la deuxième catégorie.

La pseudo téléréalité peut-elle avoir une influence sur ces évènements difficiles à cerner? Ne s'agirait-il pas pour certains de pulsions qui les conduisent à créer l'évènement et de les filmer? Désiré

Oui. La téléréalité a été la première à contribuer massivement à cette confusion. Mais elle n’est maheureusement plus la seule. Cf voir réponse précédente.

Sur les agresseurs

Bonjour. Ne pensez-vous pas que l'effet de groupe joue un rôle particulièrement important dans ce phénomène ? C'est à celui qui ramènera l'image la plus violente et sensationnaliste. A cet âge-là, les repères et valeurs individuelles ne semblent pas être assez solides ou définies. C'est tout le problème de la frontière entre soi et l'autre... cat

La tendance à la grégarité est malheureusement une conséquence majeure du paysage audiovisuel ultraviolent. Les jeunes qui ont un monde intérieur dominé par la violence (pour des raisons qui n’ont souvent rien à voir avec les médias mais tout avec leur éducation et le milieu dans lequel ils grandissent) y trouvent une justification à l’exercer. Et ceux qui se perçoivent comme des victimes toute désignées (également pour des raisons liées à leur histoire personnelle) y voient des raisons d’être plus inquiets encore. Ils cherchent alors la protection des premiers et c’est ainsi que se créent des bandes de quartier ou de cité dans lesquelles ceux qui se sentent menacés acceptent la violence et les ordres des petits caïds qui leur promettent en contrepartie leur protection. Il y a heureusement aussi beaucoup de jeunes qui voient dans ces images des raisons de s’engager pour un monde plus juste. Les moins de 25 ans sont massivement représentés dans les mouvements en faveur d’une planète plus juste, plus écologique, plus équitable.

Les multinationales du fric ont abreuvé les gosses de téléréalité, d’émissions où des gens sont filmés 24 heures sur 24 heures et de filles magnifiques. Et la jeunesse dorée y a participé, ou a eu le sentiment d’y participer, à coups de SMS surtaxés et d’argent dépensé dans les produits dérivés. Et les jeunes défavorisés, eux, ont-ils pu y participer ? Non. On leur a vendu du rêve mais ils n’avaient pas les moyens de l’acheter. Comment s’étonner alors que les laissés pour compte du système cherchent à être, eux aussi, acteurs du spectacle? TF1 offre du sensationnel tous les jours et on va s’offusquer que les jeunes des cités cherchent à participer au sensationnel? Pour un jeune des banlieues, participer à un happy slapping, c’est avoir la part du rêve que la télé lui a promis. C’est refuser la marginalisation, c’est aspirer à l’égalité. C’est avoir droit, lui aussi, aux jolies filles blondes. En agissant ainsi, la jeunesse des cités nous dit : « moi aussi, je suis français! ni plus ni moins que vous! et je veux être comme vous!». Ces actes revendicatifs révèlent donc un véritable désir des valeurs françaises. Indiscutablement, les happy slapping ne se produiraient pas si les jeunes n'avaient pas intériorisé quelques-unes des valeurs fondamentales de la société française. Serge Tisseron, n’est ce pas là le signe de leur intégration dans la République? Joël Monpère

C’est vrai, mais ces jeunes qui participent à des happy slapping présentent à mon avis, en plus, une caractéristique particulière : ils n’ont pas intériorisé la dimension du « faire semblant » ou encore du « comme si ». Pour eux, les images qui montrent la violence sont censées toujours attester d’une violence réelle. Ces jeunes ne sont pas plus nombreux aujourd’hui qu’hier. Mais les nouvelles technologies donnent à leur confusion une dimension tragique.
Aucune étude ne prouve aujourd’hui qu’il y ait plus de jeunes violents qu’hier. Mais les jeunes portés à la violence sont incontestablement violents plus tôt et de façon plus extrême.

Comment ces individus perçoivent-ils le monde? Car ils ne sont manifestement pas dans la réalité. Gagou

On peut en effet se demander si leur monde n’est pas construit d’une façon qui exclut la dimension du jeu, avec ce qu’il comporte de mise en scène. Et aussi la dimension de la compassion, au moins pour ceux qui ne sont pas leurs proches.

Sur la nouvelle définition du « happy slapping »

Comment expliquez-vous le décalage entre le nom qui qualifie la claque de "joyeuse" et son fonctionnement qui ridiculise, rabaisse et brutalise sa victime ? Quel plaisir peut-on trouver à faire subir ce genre de choses à des personnes qui n'ont rien demandé ? Annabelle

En effet, le mot désignait à l’origine des jeux joués entre jeunes anglais : l’un donnait une claque sur la tête de l’autre pendant qu’un troisième filmait. Puis la claque a été donnée sur la tête d’un inconnu dans un transport public. On est passé progressivement d’une situation de jeu collectif à une situation de violence réelle. Le mot est devenu totalement inadapté. On pourrait par exemple le rebaptiser «violence aggravée avec portable».

Bonsoir, sans chercher à minimiser le phénomène, qui démontre un manque de respect pour ce que l'on a en face de soi, ne pensez vous pas que les quelques pauvres images, montrant ce phénomène, qui tournent en boucle, voire qui sont quelques peu trafiquées, sur les médias, ne sont pas destinées à exciter les bonnes gens ? Doit-on considérer le "happy slapping" comme un acte criminel ou comme une simple provocation d'adolescent? Hannibal Smith

La diffusion de ces images ne peut en effet qu’encourager ces pratiques. Même si elles ont heureusement été assez peu diffusées, elles l’ont été encore trop. Quant au happy slapping, c’est à mon avis beaucoup grave qu’un acte de provocation. C’est un acte criminel avec non assistance à personne en danger de la part de personne qui filme.

Sur le rôle des médias

Doit-on censurer les médias qui donnent l'impression à ces petits merdeux qu'ils sont des vedettes ? PAUL

A mon avis, il serait très dangereux qu’une loi interdise aux médias de montrer certains évènements sous le prétexte que cela les encouragerait. Ce serait la porte ouverte à de graves dérives aux dépens de la liberté de la presse. En revanche, les usagers des médias doivent inviter les journalistes à faire preuve de déontologie et de retenue, même si leurs ventes peuvent parfois en souffrir.

Le phénomène du happy slapping existe-t-il vraiment, ou bien sont-ce seulement quelques cas isolés, montés en épingle par les médias, ces derniers étant assez coutumiers de ce genre de faits? La presse étant en général avide d'histoires sordides, elle est souvent assez prompte à faire une mode à partir d'un ou deux faits divers (comme par exemple avec les tournantes). Jp

Oui, ce sont en effet des cas très isolés, mais qui témoignent d’une confusion qu’il faut prendre très au sérieux. Ce qui est important, c’est la difficulté où sont beaucoup de jeunes aujourd’hui d’intégrer la dimension du jeu dans leur vie parce qu’ils ont été trop tôt confrontés au monde hyperréaliste des adultes (journaux télévisés, films pornos etc.)
C'est pourquoi il est capital, face aux images de violence d'actualité comme de fiction, de pointer auprès des enfants ce qu'il y a de positif dans toutes les formes de violences, à savoir les comportements de solidarité, d'entraide et de compassion. Cela afin d'inciter les enfants à valoriser ces attitudes et à les mettre en oeuvre quand ils sont eux-mêmes confrontés à des situations de violence.


Divers

Bonjour. Qu'est-ce qui en moi crée des images ? Il y a la création d’images de gens que je crois connaître, une image que j’ai de moi même, des souvenirs, des rêves, des peurs plus ou moins justifiées, il y a-t-il quelque-chose à l’origine de cette imagerie ? philippe

Oui, nous sommes chacun la première machine à fabriquer des images à laquelle nous sommes confrontés. Et nous fabriquons des images matérielles, des photos par exemple, pour essayer de matérialiser les images que nous avons à l’intérieur de nous. Les jeunes qui fabriquent des images de violence réelle sont habités par la violence. Ils doivent être sanctionnés mais aussi aidés et soignés pour que leur monde intérieur puisse évoluer.

Bonjour, qu'elle est la position générale des "psy" concernant le conditionnement par l'image, car cela ne fait aucun doute, n'est ce pas, l'image conditionne nos attitudes ? Y’a t-il un moyen simple et accessible à tous pour ne pas être conditionné ? Merci. Majuluse

Ce qui est important aujourd’hui, ce n’est plus l’étude de nos images intérieures (auxquelles s’intéressaient traditionnellement les psys) ou celle des images de l’environnement (auxquelles s’intéressaient traditionnellement les sémiologues). C’est l’étude des relations entre les deux. L’environnement d’images est en effet devenu un élément majeur de nos paysages intérieurs, tandis que chacun a la possibilité de créer des images qui reflètent son monde intérieur grâce aux nouvelles technologies disponibles à tous.
La seule façon d’échapper aux risques qui en résultent, c’est d’envisager toutes les images qui nous entourent comme des points de vue ni vrais ni faux mais partiels ; et aussi de toujours nous demander quelle relation intime nous établissons avec celles des images qui retiennent notre attention, pour nous réjouir ou nous bouleverser.

Comment enrayer ce phénomène? Sweety

En punissant les coupables, mais aussi en invitant les jeunes à intégrer la dimension du jeu et du «comme si». L'apprentissage du théâtre et du jeu de rôle pourrait bien être la meilleure antidote à ces errances.

Pensez-vous que le happy slapping, et plus largement les manifestations de violence observables chez les adolescents, sont plus fréquents dans les familles monoparentale ? Pensez-vous que, si la présence du père de famille était protégée dès le plus jeune age d'un enfant, des comportements tels que le happy slapping pourraient être évités de part le rôle du père assumant son autorité ? Amicalement Emmanuel

Les mères aussi exercent une autorité et dans les premières années de la vie, qui sont si importantes, c’est même souvent elles qui sont en première ligne. Pour changer la couche quand l’enfant n’en a pas envie, c’est bien souvent la mère qui exerce l’autorité. Mais très vite, l’autorité ne peut s’exercer que dans le cadre de contrats. Et les mères peuvent en passer aussi bien que les pères. En revanche, quand ce qui a été fixé ensemble est transgressé, l’enfant doit être puni même si « il est trop mignon ».

Le happy slapping est-il assimilable à du harcèlement moral ? Pourquoi ne pas légiférer sur le harcèlement moral en milieu privé ? Il y a pourtant de nombreuses associations qui réclament la reconnaissance juridique du harcèlement moral. Pensez-vous qu'après des happy slapping un jeune peut aller plus loin ? Pourquoi ne pas brûler dans un local à poubelle une jeune fille et vendre le film ensuite ?

Oui, c’est vrai. Le harcèlement moral n’existe pas que sur les lieux de travail et le harcèlement sexuel peut exister entre maris et femmes. Mais dans le « happy slapping », il y a une violence physique. Ce n’est pas la même chose.

Les jeux vidéos, souvent très violents, ont-ils une influence néfaste? Mon fils passe ses soirées et ses nuits sur son écran et ne sort plus. Comment le resocialiser? Carol

D’abord, fixez-lui des tranches horaires pour jouer et surveillez ses résultats scolaires. S’ils faiblissent, réduisez les jeux. Mais sachez que dans les jeux vidéo, comme face aux films violents, il y a des jeunes qui s’identifient aux agresseurs mais d’autres qui choisissent de jouer un rôle de guérisseur ou de médiateur. Regardez-le jouer, posez lui des questions et faites-lui découvrir qu’il y a un plaisir à parler des jeux vidéo comme il y a un plaisir à y jouer. Il le sait pour ce qui concerne ses camarades, mais il découvrira sûrement avec plaisir que c’est aussi une relation qu’il peut avoir avec vous. Interdire sans en parler sape l’autorité de l’adulte ; en parler sans interdire la réduit à néant.