Vos questions sur l'éducation des enfants

VOUS AVEZ INTERVIEWÉ a psychologue Sylviane Giampino et la neurobiologiste Catherine Vidal sortent un ouvrage intitulé «Nos enfants sous haute surveillance». Elles vous ont répondu...

Recueilli par Paul Ackermann et Vincent Matalon
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Catherine Vidal dans les locaux de 20minutes.fr
Catherine Vidal dans les locaux de 20minutes.fr — dr

«Après les adolescents qu'il fallait redresser, on est passé au "tout se joue avant l'adolescence", puis au "tout se joue avant six ans". L'école maternelle a renoncé à sa vocation de pédagogie ludique et d'expression créative pour des apprentissages d'acquisitions cognitives évaluées dès la petite section. Mais comme si cela ne suffisait pas, le temps pour éduquer les enfants s'est encore rétréci, dans le fameux"tous se joue avant trois ans".» La psychologue Sylviane Giampino et la neurobiologiste Catherine Vidal sortent ces jours un ouvrage intitulé «Nos enfants sous haute surveillance» (éd. Albin Michel) afin de dénoncer l'idée «saugrenue» selon laquelle «chez un tout petit enfant, ou un bébé, et même avant la naissance, on pourrait prédire qu'un enfant sera un fauteur de troubles».


Conséquence de ce «retour en force de ces idées déterministes qui prétendant que le devenir d'un enfant serait inscrit dans son cerveau ou dans ses gènes», particulièrement dans le débat sur la prévention de la délinquance, on se tourne de plus en plus tôt vers la médicamentalisation (ritaline) ou les techniques d'imagerie cérébrale. Une tendance que Sylviane Giampino et Catherine Vidal jugent alarmante. Pour elles, «un enfant grandit et construit sa personnalité à partir de ce qu'il est et de ceux (et ce) qui l'entourent».


Ces deux figures spécialistes de la pensée vous ont répondu:


Combien d’enfants sous Ritaline en France?

Int

Sylviane Giampino: Je n’ai pas pu trouver ce chiffre, le seul que nous ayions est le nombre de boîtes de Ritaline remboursées en 2008 par l’assurance maladie, c’est dans le livre. Pardonnez-moi, je n’arrive pas à mémoriser ce chiffre, il m’inquiète trop. Catherine Vidal l’a peut-être en tête.


Tout ce joue avant 16, 6, 3 ans ou peut être même inutero. Ne peut ont pas gardé en nous une partie de notre âme d'enfant pour dire rien n'ai jouer avant 65 ans? Doit-on arrêter de dire «cesse de faire l'enfant» et grandir avec un raisonnement plus ouvert.

selfservice

Catherine Vidal: Effectivement, rien n'est jamais joué d'avance dans le cerveau. Grâce à ses propriétés de plasticité, le cerveau évolue en permanence tout au long de la vie, avec la construction de nouvelles connexions entre les neurones, en fonction des interactions avec l'environnement. On peut apprendre à tous les âges: il suffit d'être motivé.

Je suis assez strict avec mes 2 enfants de 5 et 2 ans. Beaucoup d'amis et d'autres parents me le reprochent. Mes enfants, que j'adore bien évidemment, comme tous les parents ou presque, ne sont pas des enfants rois à qui tout est dû ou permis et ça en choque un certain nombre, ceux là qui confondent amour et laxisme.

aristide71

Sylviane Giampino: L’important est que vous soyez en accord profond avec votre attitude paternelle et que vous puissiez en transmettre le sens à vos enfants, autrement que sous la forme de «je fais le contraire de mes parents» car cela fragilise votre position d’adulte.


La nuit, ma fille de deux ans et huit mois a peur du noir et refuse de dormir sans la porte entrouverte avec la lumière du couloir allumée elle est également inquiète quand elle est dehors et qu'il fait nuit, elle parle des loups etc... (ce qui m'étonne c'est qu'on a jamais associé les loups ou les histoires de loup à la nuit) par avance merci!

amaya

Sylviane Giampino: Parlez avec elle, jouez, et rassurez, si cela persiste, prenez l’avis d’un de mes confrères qui vous aidera à décrypter.


Nous sommes à une époque où l'on sur-couve nos enfants, je pense qu'ils faut les responsabiliser, par rapport à leur âge bien sûr, ce que j'ai fait avec les miens. En revanche, je garde toujours un oeil très vigilant sur eux, et notamment par rapport à l'extérieur: exemple internet. Il faut vraiment leur expliquer les dangers, mais faut-il pour autant supprimer internet? peut on compter sur l'intelligence d'un enfant vis à vis de ces dangers si vicieusement cachés? 8 ans ça peut aller mais à 13/14 ans où les dangers sont plus grands pour cause de demande d'intimité, comment les protéger sans les étouffer?

ninon_de_lenclos

Sylviane Giampino: Vous posez exactement le problème. On ne cesse de culpabiliser les parents mais on ne touche à rien concernant le marché de la consommation et de l’audio-visuel qui abîme l’esprit des enfants. C’est un combat éducatif de plus à mener. Courage!


Ma fille (2 ans et 8 mois) fait une fixette sur les éléphants, les livres, les dessins, la pâte à modeler, les films, tout doit tourner autour des éléphants. A priori ça ne me pose pas de problème, mais de manière générale, faut-il aller dans le sens ce de genre de «passion» ou essayer de lui proposer d'autres choses?

Amaya

Sylviane Giampino: Elle a l’age des fixettes imaginaires, parler beaucoup avec elle, faîtes-la modeler dessiner, mimer, jusqu’à ce qu’elle ait épuisé sa question inconsciente... Et qu’elle passe à une autre. C’est comme ça qu’on grandit.


Plusieurs personnes trouvent que je ne protège pas assez ma fille. Elle a 21 mois et quand elle veut tester quelque chose (monter sur une chaise, sur sa poussette, sa chaise haute par exemple) je la laisse faire en restant derrière pour la rattraper en cas de chute et au bout de plusieurs fois qu'elle le fait parfaitement je la laisse faire. On me dit que je suis inconsciente mais moi je pense que je l'aide plutôt à être indépendante en agissant comme ça. Qu'en pensez-vous ? (bien sur je vais pas la laisser monter sur une fenêtre ou un truc de ce genre).

Ysabel

Sylviane Giampino: Découvrir par le corps est l’une des plus indispensables expériences durant la petite enfance. L’enfant est nanti dès la naissance d’une formidable pulsion, que nous appelons ,nous psychanalystes, la pulsion épistémophilique, qu’on peut traduire par l’amour du savoir. Cette énergie les pousses à grandir et à apprendre. Au début de sa vie l’enfant apprend, relationne , pense et comprend à travers son corps. Il faut accompagner par les mots, et la présence rassurante et guidante. En grimpant il se prépare à la géométrie, en pétrissant la terre du jardin, aux transformations grammaticales. C’est ce que nos forçages pédagogique des bébés ont tendance à oublier depuis quelques années. Continuez madame à encourager votre enfant, mais prévenez-là, ce n’est plus la mode et avec d’autres elle devra rester bien assise à sa petite table pour coller ses gommettes...


Aujourd'hui on veut un enfant parfait, on cherche la cause de délinquance désespérément, on veut des petits savants... Mais la solution existe! Il suffit d'enfermer les futures mères dans des boxs roses avec du Mozart en musique de fond, comme ça, on aura protégé le futur bébé, le tout pendant 9 mois... Et puis, si cela ne suffit pas, et car la cause est certainement dû à la conception, il suffira de procréer dans une seule position, le missionnaire, sous les draps pour ne pas choquer le foetus. Et bien sûr abstinence pendant toute la grossesse ( ce sera facile, on sera dans les boxs tout rose, seule, à méditer sur la chance qu'on a...). Mais certainement qu'il y aura des râtés, mais là, on ne désespère pas, car il ne faut pas en douter, la solution est là, devant nous : les OGM et le clônage, car entre temps on aura modifié notre code génétique, résolu les questions d'éthique... Ah le progrès....

Natacha1502

Catherine Vidal: Même si on mettait des mères en batterie dans les mêmes conditions en écoutant Mozart, elles donneraient naissance à des enfants différents! En effet, à la naissance, le bébé a déjà une histoire, qui est celle de sa conception, des conditions de la grossesse et de sa venue au monde. Ensuite, c'est l'interaction de l'enfant avec le milieu environnant qui va contribuer à forger sa personnalité et ses aptitudes. Il n'existe pas de déterminisme génétique qui permette de prédire le devenir d'un enfant.

La plupart des adultes intéressants on eu une enfance difficile, on sait aussi que plus dur est notre enfance et mieux on est armé pour plus tard, alors sans aller jusqu'à abandonner nos enfants en plein désert pour leur en faire baver, ne croyez-vous pas qu'il serait intéressant d'éduquer psychologiquement les enfants au moment où ils sont capable d'apprendre, c'est à dire vers 6ans. Comme apprendre les bases de l'écriture, leur inculqué les bases du psychique. Apprendre par exemple l'empathie, l'entraide, l'écoute, le don de soi, etc Si vous pouvez me dire ce que vous en pensez merci.

Raptor39

Sylviane Giampino: Vous parlez de la transmission des valeurs humanistes ou morales? Je crois qu’on le fait déjà sans le savoir. De plus en plus de parents expliquent à leurs enfants pourquoi il ne faut pas arracher le jouet des mais du copain. Pourquoi l’autre a mal ou du chagrin. Nos enfants rencontrent tous des petits ou des grands soucis au cours de leur enfance, et nous ne pouvons pas toujours les en protéger, ce qui fait qu’ils ont une chance de s’en trouver renforcés, dépend de la qualité des rencontres humaines qu’ils ont fait et de l’intelligence avec laquelle on aura parlé avec vérité et respect de ce qu’ils vivent. C’est la parole qui humanise tout ce que nous vivons disait F.Dolto.


Pourquoi vouloir faire des «révolutions» a deux balles dans l'éducation des enfants? Aldo Naouri est critique mais en attendant, il prône des méthodes qui ont marche pendant des siècles, au contraire des méthodes dites "modernes" qui sont un échec complet. Bref, pourquoi changer une formule qui marche? Autre question, pourquoi la fessée est-elle devenue traumatisante du jour au lendemain?

panchito

Sylviane Giampino: Dans le mot révolution, il y a le préfixe RE, comme dans RE tour, et RE actionnaire. Les soi-disant nouvelles méthodes de prévention de la délinquance qu’on essaie d’installer en France actuellement, reposent sur les m^mes ficelles que les anciennes méthodes d’éducation . Le conditionnement du comportement des enfants en leur faisant répéter et très tôt des attitudes. Avant que cela n’ait à en passer par leur intelligence. C’est l’éducation dressage qui a été remise en cause depuis les années soixante (avant 68 je rappelle) et qui ont donné les pédagogies nouvelles, l’éveil des tout petits, la parole adressée aux enfants,, le dialogue dans les familles. Contrairement à ce qu’on veut nous faire croire actuellement le résultat est plutôt bon. Nos enfants sont plus éveillés, ouverts, ils savent des tas de choses, plus tôt. Nous avons à progresser nous aussi, je sais c’est pas facile, mais avec le psychisme d’un enfants on ne peut pas faire facile, pas cher et rapide. Sinon ça se saurait. Allez courage, des enfants, il y en a plus qu’on croit qui vont bien et sont sympa.

Est-ce que vous divisez l'élevage (au sens ethnolographique) des enfants à ces trois domaines d'acquisition: savoir, savoir faire et savoir être?

WhoKnows

Sylviane Giampino: Je ne me sens pas très à l’aise avec ce concept d’élevage, mais je trouve que le beau terme «élever» les enfants désigne l’enjeu du grandir, se tenir droit être tourné vers l’extérieur et le futur. Elever des enfants c’est les aider à humaniser leurs liens aux autres, et dans la dignité. Vous insistez sur le savoir (être ou faire), cela pose la question de notre modernité avide de compétence et de performance. Je trouve que de plus en plus tôt les relations parents enfants se pédagogisent. On offre des jeux éducatifs aux bébés, on les dope en les faisant répéter les couleurs, et on remplace les vacances par des stages de ceci ou cela. Bon cela vous parlez de l’être... Et c’est l’essentiel.


J'ai deux fils, éduqués de la même façon et ils sont diamétralement opposés, l'un est fonceur et brut de décoffrage, l'autre est rêveur et sensible. Pourquoi selon vous, en partant du principe qu'ils reçoivent la même éducation? Autre question et si vous estimez qu'ils sont ainsi en raison d'une éducation "à la carte ", dans ma description, quel est selon vous le premier des deux, et le second?

Fran

Catherine Vidal: Avec les progrès des connaissances sur le cerveau, on sait désormais comment il se construit progressivement en fonction des apprentissages et des expériences traversées par l'enfant. Comme je l'ai précisé, à la naissance, seulement 10% des connexions entre les neurones sont faites. Ces connexions permettent aux différentes régions du cerveau de communiquer entre elles, et la fabrication de ces circuits de neurones se fait après la naissance en fonction de l'histoire vécue par l'enfant. Deux enfants, qu'ils soient frères, soeurs, ou même jumeaux, ne vivent jamais des expériences identiques dans l'entourage familial, à l'école, et dans la vie en général. Voilà pourquoi tous les individus ont des cerveaux différents, parce qu'ils ont vécu des expériences différentes.


Mes neveux (faux jumeaux) de 5 ans et 8 mois s'expriment trés mal et sont suivi par une orthophoniste depuis 1 an. parents, famille et enfants ne les comprennent pas, ce qui commence a peser dans les relations et les échanges.. ils ne savent pas rester plus de 5 minutes en place et de ce fait, ne savent ni colorier, ni compter disons jusqu'a 10 bref, une base qui me semble théoriquement acquise a presque 6 ans. ils passent en grande section, toutes les annotations des instit sont écrites en rouge plutôt qu'en vert.. bref.. est ce normal? Deux garçons jumeaux favorisent se j'm'en foutiste? Les parents sont désabusés mais ne suivent pas nos conseils d'aller consulter un pédopsychiatre.. merci

kasyro3

Catherine Vidal: Les faux jumeaux n'ont pas plus de ressemblances cérébrales que les frères et les soeurs. Même les vrais jumeaux qui partagent le même patrimoine génétique n'ont pas le même cerveau, même à la naissance. Cela s'explique par le fait que le cerveau, après la naissance, se construit en fonction des expériences vécues par l'enfant, qui ne sont jamais identiques.

Ma fille (2 ans et 8 mois) entre en maternelle la semaine prochaine, comment préparer cette rentrée avec elle? Comment gérer le premier jour, la séparation, les pleurs éventuels (les siens ou ceux des autres)?

Amaya

Sylviane Giampino: Lui en parler de façon très concrète du déroulement de sa journée en utilisant si vous les connaissez un peu les mots qu’elle entendra à l’école:Classe, couloir, cour de récréation, institutrice section des petits...Il est préférable de ne pas idéaliser, car elle serait déçue. On a aussi tendance à leur dire que l’école c’est pour les grands et quand ils y entrent on les appelle “les petits”. Vous pouvez lui donner un petit objet en lui expliquant que vous aimez beaucoup cet objet et que vous comptez sur elle pour vous le rendre à la sortie de l’école. C’est une façon de l’aider à se représenter la séparation, et d’anticiper aussi sur les retrouvailles. Et n’hésitez pas si vous l’êtes de dire à votre enfant que vous aussi vous êtres émue de ce grand jour et de ce passage qu’il représente. Les parents aussi grandissent quand le statut de leur enfant change. C’est pour ça que les enfants nous donnent autant qu’on leur apporte.


Je crois que tout se joue avant 3 ans pas par rapport à son caractère mais son bien être (état d'esprit et physique) rien avoir évidemment avec les gènes mais avec l'amour et l'attention que l'on lui porte

laeti

Catherine Vidal: Effectivement, rien n'est jamais définitivement programmé dans le cerveau. À la naissance, 10% des connexions entre les neurones sont présentes. Les 90% restants vont se construire progressivement en fonction de l'environnement, de l'influence de la famille, de l'éducation, de la société et de la culture. Rien n'est jamais figé depuis la naissance dans le cerveau.


Je pense que les peurs et angoisses enfantines (que déclenchent les contes anciens par exemple) font partie de l'apprentissage et de la gestion des émotions de l'enfant, que cela est "formateur". Mais aujourd'hui on leur évite toute "contrariété", j'ai l'impression que cela ne leur permet pas de se "forger" la personnalité et une vision complète du monde dans lequel on vit (bien, mal etc). Pensez vous que je suis trop dure ? Même si je pense qu'il faut rassurer aussi bien sur. Merci de votre réponse !

Chloé

Sylviane Giampino: Oui les peurs et angoisses sont fondatrice de la pensée humaine et de la sensibilité, de même que l’agressivité, est l’une des composantes de la relation active au monde et aux autres. En grandissant l’enfant apprend à lui donner des formes plus “socialement” adéquates. Vous n’êtes pas dur. Mais notre société moderne est  contradictoire, elle sur protège les enfants tout en les exposant de plus en plus tôt aux images d’un monde plus injuste et plus violent, a l’avenir incertain. C’est anxiogène.


Mes neveux (faux jumeaux) de 5 ans et 8 mois s'expriment très mal et sont suivi par une orthophoniste depuis 1 an. Parents, famille et enfants ne les comprennent pas, ce qui commence a peser dans les relations et les échanges... ils ne savent pas rester plus de 5 minutes en place et de ce fait, ne savent ni colorier, ni compter disons jusqu'a 10... écrire... bref, une base qui me semble théoriquement acquise à presque 6 ans. Ils passent en grande section, toutes les annotations des instits sont écrites en rouge plutôt qu'en vert... bref.. est ce normal? Deux garçons jumeaux favorisent ce jmenfoutisme? Les parents sont désabusés mais ne suivent pas nos conseils d'aller consulter un pédo psychiatre.. merci

kasyro3

Sylviane Giampino: Ces enfants sont en grande difficulté et l’orthophoniste que les suit l’a certainement fait savoir aux parents. Il arrive que plus les parents sont inquiets moins ils vont consulter un psychologue ou pédopsychiatre. L’angoisse bloque et il ne faut pas les condamner ou les culpabiliser, ce sont des blocages. L’école est normalement bien placée pour les soutenir à faire suivre les enfants, et votre affective compréhension peut aider ces parents à trouver le courage de prendre le risque de s’entendre dire que leurs enfants vont mal.

Mais derrière des problèmes de langage écrit ou oral il y a parfois des choses graves , et parfois des choses légères . Rassurez-les et encouragez-les à trouver un interlocuteur compétent et humain, pour vos neveux.

On veut formater des citoyens modèles pour les faire rentrer dans le moule sociétal ensuite on élimine toute forme de résistance et d'esprit critique pour mieux les contrôler, autre époque autre méthode mais les desseins demeurent les mêmes.

NCD

Catherine Vidal: Il existe en effet certains courants anglo-saxons qui tendent à vouloir chercher des bases biologiques au comportement antisocial. Cette vision biologisante des comportements revient à mettre de côté les raisons psychologiques, économiques, et politiques des difficultés des personnes et des désordres sociaux. Il est important de que les biologistes qui ne souscrivent pas à ces conceptions s'engagent pour défendre des valeurs de la démocratie et de justice sociale qui rendent les idées déterministes caduques.


Ne laissera-t-on plus jamais les enfants profiter de leur jeunesse? Ne leur fera-t-on plus confiance pour se prendre en main et se construire? Pensera-t-on toujours que sans nous (adultes), ils ne seront capables de rien?

Sigismund_nasil

Mais pourquoi votre question arrive-t-elle justement en fin de cette interview, alors qu’elle est au coeur du bouquin qu’on vient d’écrire. Notre modernité a un rapport malade au temps, à la progression, à la durée, qui justement caractérisent l’enfance, et elle se met à avoir un rapport malade à l’enfance. A suivre...

Le chat est fini.