Vous avez interviewé Xavier Darcos

VOS QUESTIONS Le ministre de l'éducation nationale vous a répondu...

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Le ministre de l'Education Xavier Darcos a présenté mardi la session 2008 du baccalauréat, qui fête son bicentenaire et débute cette année le 16 juin, en apportant des précisions sur la réforme du lycée dont découlera l'organisation du bac en 2012.
Le ministre de l'Education Xavier Darcos a présenté mardi la session 2008 du baccalauréat, qui fête son bicentenaire et débute cette année le 16 juin, en apportant des précisions sur la réforme du lycée dont découlera l'organisation du bac en 2012. — Stephane de Sakutin AFP

Le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos vous a répondu à la veille de la rentrée. Ses réponses à vos questions:

Sorbonne Confidential | 01.09.2008 - 08h05
Monsieur le ministre, les élèves français sont les derniers de la classe en Europe pour l’apprentissage de la langue anglaise. L'évaluation européenne de 2002 a épinglé l’utilisation excessive du français en cours d’anglais et l’attitude trop critique des professeurs qui inhibe les élèves. Ces aberrations pédagogiques sont-elles causées par la méthode française pour sélectionner, former et promouvoir les professeurs?
Oui, la situation n'est pas bonne. De la sixième à la terminale, un élève suit près de 700 heures d'anglais; le résultat n'est pas à la hauteur d'un tel investissement. Je ferai très prochainement des propositions à ce sujet: je veux qu'un bachelier français soit bilingue.


ener | 26.08.2008 - 05h39
Les incivilités envers les enseignants sont trop souvent banalisées et peu sanctionnées ;quelle disposition simple,rapide et applicable dans tous les établissements doit être mise en oeuvre; faut-il qu'au premier incident l'enseignant porte plainte?
Vous avez raison. Je prépare un "Code de la paix scolaire" qui sera identique partout et qui permettra une réactivité plus cohérente. C'est à nous de soutenir les enseignants et il faut éviter d'externaliser nos conflits internes comme une affaire judiciaire récente l'a montré.

Sartori | 01.09.2008 - 08h33
En calculant le nombre de profs et le nombre d'élèves, nous découvrirons des classes «surchargées» de 12 à 13 enfants... La réalité de terrain se situe à 22/26 élèves par classe ! Où sont affectés tous les profs «supplémentaires»?
Pas loin de 30.000 professeurs ne sont pas devant élèves et 50.000 sont affectés aux remplacements en n'étant mobilisés qu'à 80%. C'est ce que je veux faire évoluer.

Pandas-de-Nantes | 01.09.2008 - 09h50
Monsieur le Ministre, pourquoi dès qu'une personne occupe votre poste il ne peut s'empêcher de faire sa reforme des programmes scolaires ? Il est vraiment Impossible de trouver des programmes pour 10 ans?
J'ai surtout voulu simplifier car le taux d'échec à l'école primaire ne cesse de croître. J'espère que l'on n'y touchera plus.

francogrec | 25.08.2008 - 23h45
Pourquoi avoir décidé un enseignement de la morale? de quelle morale va-t-il s'agir? la morale est plutôt un élément subjectif, non?
Oui, mais notre enseignement insistera surtout sur le «vivre ensemble» car nos jeunes ont beaucoup de mal à distinguer les formes du devoir collectif.

Quelques questions et réponses en vidéo:


Vous avez posé vos questions à Xavier Darcos

juve64 | 01.09.2008 - 07h16 envoyé de mon mobile
M. le Ministre
, peut-on envisager une modification de l'accès à la profession d'enseignant pour les bac 5?
Non, les concours ne sont pas supprimés, ni le CAPES ni l'Agrégation.

alex075 | 01.09.2008 - 15h26
Monsieur le ministre, à quand des laboratoires de langue dans les lycées?
Le plus vite possible! J'en parlerai très prochainement.

anto1658 | 01.09.2008 - 14h36
Bonjour monsieur le ministre. Selon des sondages parus ces derniers temps les écoliers français seraient les plus stressé en Europe. Envisageriez vous des mesures pour lutter contre le stress à l'école? Ne trouvez vous pas par exemple les horraires trop lourds au collège?
De fait, nos élèves sont sous la pression. Et l'esprit de bachotage reste fort. Voilà pourquoi il faut aérer nos horaires et faire travailler les jeunes dans un esprit constructif et non de défiance. C'est bien l'objectif de la prochaine réforme des lycées. Je partage sur ce point votre point de vue global.

messier_x | 01.09.2008 - 00h53
Pourquoi vous et vos amis mentez à chaque fois sur le prétendu nombre de professeurs trop importants, je pense au primaire notamment. En effet, en regardant les statistiques de l'INSEE on s'aperçoit qu'en France le taux d'encadrement est bien moins bon dans le primaire que dans d'autres pays tel que la Finlande qui est un modèle pour bon nombre de personnes! Les enfants sont de plus en plus insupportables et vous diminuez le nombre de professeurs, ni y a-t-il pas contradiction?
Il n'y a aucun mensonge à dire que notre taux d'encadrement est bon. Je vous rappelle qu'en Finlande, la scolarité commence à 6 ans révolus. Je vous conseille d'imaginer cette solution en France! Je renvoie par ailleurs à ce que j'ai dit plus haut sur les effectifs comparés des élèves et des enseignants du premier degré.

Quelques questions et réponses en vidéo:

Vous avez posé vos questions à Xavier Darcos

cicou | 25.08.2008 - 21h22
Pourquoi aujourd'hui on pousse les jeunes a être des loosers et pas des entrepreneurs? Ne pensez-vous pas que la culture de la défaite que nous avons en France a des conséquences catastrophiques sur les jeunes et les adultes qu'ils deviennent?
Personne ne pousse les jeunes à échouer ou à avoir une culture de perdant. En revanche, les élèves en difficulté sont souvent issus de milieux défavorisés. C'est contre ce déterminisme-là que je veux me battre.

anto1658 | 01.09.2008 - 14h39
Qui selon vous dans l'opposition possède le meilleur profil pour diriger le PS?
C'est une question qu'il faut poser aux socialistes.

Prof94 | 25.08.2008 - 20h02
Monsieur le Ministre. Avez-vous songé que le non-remplacement de collègues partant à la retraite créait un désordre innommable dans l'organisation des collèges ? En effet, ce n'est pas la disparition d'heures, mais d'enseignants dans une ou plusieurs matières précises. Par exemple, cette année, deux collègues de mathématiques et un d'anglais ne sont pas remplacés dans mon collège. Comment ensuite répartir les heures de la dotation globale horaire sur... quasiment le même nombre d'élèves que l'année dernière?
Je pense que demain, les élèves de ce collège auront des cours de maths et d'anglais dans un groupe classe de même dimension que l'an dernier, à quelque chose près.

la vieille | 31.08.2008 - 11h37
Monsieur le ministre pour faciliter la mise en place d'activités de soutien et de pratiques culturelles pour le samedi et le mercredi pensez-vous regrouper les écoles des petites communes?
C'est une compétence des communes, qui le font déjà sous forme de regroupements pédagogiques intercommunaux. Mais en effet, je suis très favorable à ces mutualisations qui permettent une offre mieux coordonnée et plus riche.

Magali | 01.09.2008 - 15h15
Monsieur le Ministre, vous dites que la masterisation du concours des professeurs des écoles va dans l'intérêt des élèves. Pensez-vous donc que les enseignants qui étaient auparavant recrutés avec un bac ou un bac 2 étaient moins compétents que ceux d'aujourd'hui?
Non. Les insitituteurs de naguère ont fait un travail formidable. Mais, le contexte européen et l'augmentation globale des niveaux de recrutement sont des moyens de mieux rémunérer et former des enseignants qui seront confrontés à des publics de plus en plus complexes.

096807ffe | 01.09.2008 - 14h53 Monsieur le Ministre, en proposant la loi sur la masterisation pour passer les concours de l'enseignement, pensez-vous à ces nombreux parents et étudiants qui ont (ou non) une licence pour l'instant, et qui ne peuvent rester sans rémunération (car si on vous suit bien, l'année de formation après le concours serait une sorte de M2 non rémunéré)? Quelles solutions envisagez-vous pour tous ceux qui ne peuvent retourner en fac?
Le concours se passera
après le master, à partir de 2010. D'ici là, la situation ne change pas pour les licenciés.

bekeudpou | 31.08.2008 - 18h30
Bonjour Monsieur le ministre, trouvez-vous normal d'avoir une classe de maternelle à 32 élèves? Une classe a été supprimée dans notre commune ce qui fait 1 à 32 3 à 30 et une à 26.
Ces chiffres paraissent élevés. Je ne connais pas le détail de chaque commune de France et c'est à l'inspecteur d'académie qu'il faut poser cette question. Je rappelle que, globalement, nous avons perdu des élèves en primaire, finalement, et augmenté le nombre d'enseignants.

never_mind | 01.09.2008 - 11h46
Pourquoi toujours baisser le niveau du BAC au lieu de traiter le problème à la racine et ainsi arrêter de permettre aux écoliers/collégiens/lycéens d'en faire toujours moins?
Je ne veux pas discuter de cette question sans fin du "niveau". Je constate simplement que seulement 62% d'une tranche d'âge atteignent au bac. C'est un des plus mauvais taux des pays développés.

nounou | 31.08.2008 - 11h03
Bonjour, Comment se fait-il que les élèves de lycée n'ont pas le droit à la semaine de quatre jours comme les primaires? on nous dis que les gens pourront partir le week-end, mais comment doit-on faire lorsque nous avons un enfant en lycée?
La suppression du samedi matin se poursuivra sans doute au collège, mais au lycée, la diversité des emplois du temps et la lourdeur des horaires rendront cette évolution très lente.

Paul22 | 31.08.2008 - 15h51
Bonjour Monsieur le ministre. Ne pensez vous pas qu'en enlevant des postes les classes risquent d'être surchargées? De plus, comment allez vous revaloriser les salaires des enseignants du primaire qui ont de l'expérience, qui font plus d'heures que ceux du secondaire, et qui gagnent peu?
Nous aurons cette année, en moyenne nationale, un taux d'encadrement légèrement meilleur que l'an dernier. Mais il y a évidemment des disparités, notamment dans les villes moyennes et à Paris. La question de la revalorisation des professeurs du premier degré sera résolue; nous avons prévu déjà qu'ils accèdent à des heures supplémentaires et nous revalorisons les indemnités liées à des sujetions spéciales.

josbod | 31.08.2008 - 13h35
Au collège, l'an dernier, deux disciplines ont été très partiellement enseignées dans la classe de ma fille suite à l'absence prévue de 2 profs. Manque de chance? Le directeur, les profs et les parents d'élèves ont indiqué que c'était plutôt votre choix d'employer à l'année les quelques remplaçants (TSR?) et votre choix encore de fermer certains CAPES ou les rendre inaccessibles. Résultat une étudiante en licence de lettres modernes pour le Français au bout de 3 mois et une série de vacataires d'arts plastiques qui n'ont pas couvert l'année scolaire alors que le collège connaissait dès le départ une contractuelle en sous service ailleurs qui ne demandait qu'à venir.
Nous n'avons évidemment pas l'intention de ne pas recruter les professeurs dont nous avons besoin. Cette manière de voir des com
plots partout en dit long sur les mentalités. En revanche, nous disposons de 50.000 professeurs affectés aux remplacements et seulement 80% de ces moyens sont mobilisés. Il est vrai cependant que, dans certaines disciplines, nous manquons de candidats.

chris24101978 | 01.09.2008 - 14h42
Monsieur le ministre, Est il vrai qu'il serait prévu, dans un futur proche, d'enlever le coucours d'agrégation en interne source de promotion pour les enseignants voir d'enlever le concours en général (externes et internes)?
Non.

anto1658 | 01.09.2008 - 14h38
En supprimant les BEP, ne craignez vous pas une surcharge d'élèves dans les filières générales?
Premièrement, les BEP ne sont pas supprimés!
Deuxièmement, le passage de bac pro en trois ans va créer une augmentation sensible vers ces filières et non l'inverse.


nemo | 31.08.2008 - 15h57
Bonjour, Vous avez déclaré ne pas craindre les syndicats. En parallèle, les récents mouvements étudiants et lycéens (mais aussi chez les cheminots) ont vu l'émergence ou le renforcement des syndicats "SUD". Êtes-vous inquiet de l'importance que prend ce syndicalisme radical en réponse aux mesures du gouvernement, et ce dès le lycée?
En effet, les syndicats traditionnels nous indiquent la montée d'un maximalisme revendicatif et ils craignent que cela gêne le dialogue social véritable et constructif. Ce phénomène est à inscrire dans une situation politique générale qui exige de notre part d'expliquer en prenant le bon sens de l'opinion à témoin.

kervi | 31.08.2008 - 22h38
Quand le chiffre de la natalité atteint 2 pensez-vous préparer l'avenir en diminuant le nombre d'enseignants ou jouez-vous à après moi le déluge?
Nous ne gagnons pas d'élèves, bien au contraire. A cette rentrée, nous avions prévu 25.000 élèves de plus à l'école primaire. Nous en aurons 960 de moins. De même, au lycée, nous avions prévu 25.000 élèves de moins; nous en aurons 50.000 de moins. Notre direction de l'évaluation et de la prospective nous permet une très grande prévisibilité, et nous adaptons chaque année nos recrutements à nos besoins. Il n'y a aucune raison de s'inquiéter: notre taux d'encadrement reste l'un des meilleurs du monde.

habitant de la terre | 01.09.2008 - 09h00
Pourquoi mettez vous autant en avant les élèves en difficulté? Avec autant d'aménagements! Ils ne sont à mon avis qu'un petit pourcentage, et s'ils sont identifiés pourquoi ne pas les regrouper par niveau et créer des classes spéciales adaptées et laisser le flot s'élever vers l'excellence. En accordant autant d'attention à l'échec, vous donnez l'impression aux élèves qu'il y a systématiquement "rattrapage" et qu'ils peuvent s'essayer à apprendre.
Les élèves qui n'ont pas de difficultés finissent toujours par s'en sortir, quelle que soit la situation globale de leur classe. En revanche, les plus faibles (15 à 20%) sont fortement déterminés par leur milieu social et se marginalisent rapidement. Ce serait criminel de renforcer cette ségrégation à l'école. Il faut qu'ils restent avec les autres mais que l'on s'occupe d'eux de manière particulière.

josbod | 31.08.2008 - 13h35
Monsieur Le Ministre, mes enfants arrivant bientôt en fin de collège, j'aimerais connaître votre avis en tant que décideur des politiques d'éducation. Qu'attendez vous d'un bachelier en bac général dans les prochaines années? Quel devra être son profil, ses centres d'intérêt, sa conception de la société adulte? La question peut paraître saugrenue mais il semble que la réforme prévue sur le lycée et le bac limite les enseignements "originaux" au profit des grandes disciplines scolaires…

Le bachelier moderne doit être préparé à des poursuites d'études. Aujourd'hui, l'organisation du lycée est calquée sur celle d'une classe de sixième. Il n'est pas question de limiter les intérêts des élèves, bien au contraire, puisque nous envisageons un enseignement modulaire qui permettra aux lycéens d'expérimenter diverses disciplines, sans que les matières fondamentales ne soient diminuées. Je donnerai le détail de ces projets fin octobre.

Ecole Normale | 31.08.2008 - 21h20
Monsieur le ministre, ne pensez-vous pas que le niveau bac 5 pour devenir PE va à l'encontre d'une certaine idée de la promotion sociale (pour des jeunes issus des classes populaires comme je l'étais, il y a 35 ans) qui présidait dans les ex-Ecoles Normales? Pourront-ils assumer financièrement ces études?

L'élévation du niveau de recrutement est dicté par l'intérêt des élèves d'abord; et aussi, cette mesure aidera les futurs enseignants à se trouver au même niveau de qualification que leurs voisins européens. Les étudiants boursiers seront aidés dans leurs études comme auparavant. Je rappelle d'ailleurs qu'aujourd'hui, l'âge moyen de nos recrutements se situe au-delà de 25 ans. La différence ne devrait pas être vraiment perceptible.


Le chat est fini…

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