Élections italiennes: Vous avez interviewé une candidate de gauche

VOS QUESTIONS Beatrice Biagini, candidate du Parti Démocrate aux élections législatives italiennes pour les Italiens de l'étranger vous a répondu…

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Candidate pour les Italiens de l'étranger
Candidate pour les Italiens de l'étranger — no credit

La campagne pour les législatives italiennes touche à sa fin. Les Italiens votent effectivement ce week-end.

Beatrice Biagini
, candidate du Parti Démocrate aux élections législatives italiennes pour les Italiens de l'étranger, vous répondra en direct dans quelques minutes.

Le chat est fini, vous pouvez maintenant poser vos questions au candidat de droite en cliquant ici...


Les dernières réponses de la candidate de gauche:

yapluka | 11.04.2008 - 11h47
Qui dirige le pays en Italie? Le pape? La mafia? Les Politique? Ou un mélange de tout ça les Francs-Maçons?
Le parti que les Italiens votent. L'Italie n'est pas un pays de clown, pas encore enfin.
Prodi a eu le respect et la haute considération de tous le leaders européens et internationaux pendant son mandat et son action a eu le mérite de reporter l'Italie en Europe, après l'avoir portée la première fois en 1996.
La mafia, l'obscurantisme instrumentalisé par la droite, la «casta» des politiciens, sont tous responsables d'un système qui a choisi pour un certain nombre d'année d'abandonner tout ce que les règles, les opportunités, les énergies et les ressource que l'Europe, les nouvelles générations, les autonomies locales pouvaient apporter. L'Italie doit choisir de choisir. Rester dans le passé ou se replacer au milieu de l'Europe, du développement et de la recherche, dans une dimension de légalité concrète et respectée.

LeBen | 10.04.2008 - 17h15
Votre principal ennemi n'est-il pas l'abstention?

Oui, l'ennemi de la démocratie est l'abstention. J'invite tous à voter, respecter nos droits et choisir de prendre chacun ses propres responsabilités.
Annuler les bulletins, se moquer du vote, inviter a l'abstention c'est pas trop diffèrent pour moi que pousser le pays dans les mains de l'antidémocratie.

Ange06 | 10.04.2008 - 21h06
Avez-vous une opinion concernant le rachat d'Air Italia par Air France-KLM?
Je crois que Alitalia perdra une grande occasion si les négociations avec Air Frances-KLM se ferment. Je crois que les rumeurs sur une offre publique d'achat italienne ont pollué la phase la plus délicate de la négociation provocant la réaction des Français et des syndicats italiens, auxquels je conteste le fait de n'avoir pas compris l'opportunité qu'ils avaient. La compagnie italienne Alitalia a pesé sur les consommateurs énormément dans les dernières années. Dans un système normal, une société où le Conseil d'administration n'arrive pas à réaliser les objectifs doit fermer. Je ne comprends pas pourquoi l'Etat et les contribuables doivent payer pour les fautes des administrateurs. Si la droite pense sauver ainsi les intérêts du localisme lombard, qui est si important pour les voix de la Ligue du Nord, je crois qu'elle n'ait pas saisi le sens d'une logique européenne de la concurrence et de la qualité des services.

Cobra | 11.04.2008 - 11h35
Bonjour Mme Biagini. Je suis scandalisé par le fait qu'un pays comme l'Italie, membre de l'UE, ne soit pas foutu de régler le problème de traitement de ses déchets dans la région napolitaine. C'est une honte! Je suis allé à Naples en 2006. Dans toute la région, j'ai vu des amoncellements de déchets, des animaux morts, et sur des kilomètres, aux abords des routes. Qui fait la loi dans votre pays? La camorra ou l'Etat? Vous qui êtes candidate, que proposez-vous aux napolitains, pour qu'ils cessent de développer des cancers parce qu'un gouvernement n'est aujourd'hui pas capable de traiter ses déchets convenablement? Combien de temps encore?

Je pense qu'il faut dire deux choses:

1. si on a des responsabilités dans ce qui vient de se passer à Naples il faut les assumer et agir de conséquence. Moi j'ai été pendant plusieurs années élue locale, administrateur et je connais bien les règles du jeu. Si on a fait des erreurs, si on a pas eu la capacité de réussir dans un objectif fondamental il faut démissionner et prendre conscience de ses propres limites, pour, peut-être, faire mieux la prochaine fois, si on en aura l'occasion, et si les défaites sont corrigibles.

2. le problème italien, il faut être bien clair sur ce point, est la légalité dans l'administration publique. Une administration où on peut pas exercer un contrôle systématique et profond, laisse tout l'espace à la naissance de zone l'illégalité où la mafia et la camorra ont bâti leur puissance. Saviano, un jeun écrivain italien, a dénoncé la situation du Mezzogiorno dans son livre «Gomorra». J'ai toujours eu un grand respect pour les gens du sud d'Italie qui ont assumé le risque de se battre contre l'illégalité, le racket et le pizzo. C'était pas gagné il y a quelques années. Ce qui s'est passé a son origine dans le manque de contrôle, dans l'absence de l'Etat en certaines régions du sud comme du nord.

Cela dit, je crois qu'il faudra établir un nouveau rapport entre les sociétés industrielles du secteur, les autonomies locales et l'Etat, avec des règles et des procédures d'infraction rigides et fortes. Et dénoncer, et poursuivre, les responsabilités de chacun.

Esposito | 11.04.2008 - 10h34
Il ne fait aucun doute que Berlusconi sera de nouveau élu premier ministre ! chose assez incroyable puisqu'il est responsable de la chute économique de l'Italie. Mr Prodi a dirigé avec une courte majorité dû au nouveau système de vote qui l'a mené à sa perte...nouveau système de vote créé par... Berlusconi. J'aimerais savoir comment les italiens peuvent-ils continuer a avancer alors qu'il y a un précipice en face?
Il ne faut pas donner le résultat comme perdu encore. Les élections du 2006 démontrent bien l'inefficacité des sondages, des exitpoll et des déclaration de victoire. Ils démontrent que le résultat peut arriver à la fin du scrutin. Les dernières déclarations de la droite démontrent aussi une certaine confusion dans les candidats du Peuple de la Liberté: attaques aux institutions, attaques au Président de la République, délire sur la possibilité d'illégalités dans les procédures de vote.
Pour les Italiens à l'étranger, la campagne électorale s'est terminée hier, pour les Italiens en Italie elle se ferme samedi, demain. J'attends les résultats avant de perdre l'espoir. Et si les Italiens choisissent pour leur bien ils choisiront Veltroni. On avance avec la force du changement, on fait notre partie. La chose la plus absurde et erronée à faire dans cette situation c'est de s'abstenir. Il faut aller voter, et voter pour le futur.

Lauvergnat | 11.04.2008 - 10h49
Est-il vraisemblable que Mr Berlusconi puisse un jour se transformer en nouveau Duce, comme certains l'ont laissé entendre? Votre Constitution est-elle apte à faire face à de telles allégations?
La Charte Constitutionnelle italienne est le produit d'une guerre de Libération. Votée par le Parlement italien en 1948, elle est la garantie pour la démocratie et la justice dans notre pays. La Constitution prévoit plusieurs formes de défense de la liberté et des droits des citoyens, ce qui n'empêche, et n'a pas empêché dans le passé, à la droite d'essayer de détruire un système de liberté et droits conçus par les Constituants. Face à telles tentatives, la Constitution a été l'arme démocrate et institutionnelle pour répondre aux attaques et à la brutalité de la façon d'agir de cette droite italienne, qui n'a pas de paire en Europe.

Berlusconi ne pourra jamais disposer du pays comme de son entreprise, et ça grâce au Président de la République Napolitano aujourd'hui, au Président Ciampi avant. Personne en Italie est disposé à changer la Constitution sinon avec l'unanimité et relativement à certaines questions spécifiques et très délicates comme ça a été le cas pour la nouvelle relation entre autonomies locales et Etat central. Mais c'était quelque chose qui a été fait dans la totale concertation entre les parties. Seule la droite italienne pouvait penser que la Constitution était une Charte modifiable à la majorité. Le risque est que si la droite va au pouvoir les tentatives peuvent recommencer.

alliance | 11.04.2008 - 10h53
Ma Signora Bigini, che senso ha fare votare gente che non vivono in Italia? votano delle str....te e poi non ne pagano le conseguenze. Piuttosto di occuparvi di loro, preoccupatevi degli Italiani che vivono in Italia.
Se porter candidat à l'étranger est une opportunité qui est donnée aux Italiens à l'étranger. Je me suis portée candidate pour faire ma part de travail pour l'Italie, en tant qu'Italienne et en tant qu'Européenne. Si je veux une Italie plus moderne et plus européenne je ne peux pas limiter mes programmes aux problèmes des Italiens en Italie; voter pour des Italiens qui résident en France ou en Allemagne, c'est élire des italiens qui ont une expérience et une connaissance de l'Europe et des systèmes administratifs d'autres pays qui apporte une vision différente et des acquis importants pour interpréter un rôle dans l'intégration européenne. Moi je suis candidate, comme les collègues de la liste du Parti Démocrate en Europe aussi bien que dans le reste du monde, pour résoudre les problèmes des Italiens et des Européens, pour lesquels avoir une Italie moderne et responsable c'est mieux que d'avoir une Italie plongée dans la conservation et la fermeture au monde et aux libertés.

popol | 10.04.2008 - 16h42
Pourriez-vous faire une alliance avec la droite? On parle de «grande coalition», c'est possible?
Je ne crois pas que nos électeurs vont comprendre une grande coalition. Même dans le cas où on aura pas une majorité définitive je crois qu'on a beaucoup de mal à voir dans une grande coalition une solution concrète pour la crise institutionnelle et politique qui est en cours en Italie. Seulement la possibilité de réformer la loi électorale pouvait justifier une coalition, ou mieux un gouvernement institutionnel. Cette possibilité a été refusée en janvier par Berlusconi. Le 15 avril, je souhaite avoir un gouvernement stable, fort et autonome, où les ministres seront tous d'un seul parti, le Parti Démocrate, et non plus un gouvernement où chaque jour chaque parti va à la recherche de sa visibilité au prix de la stabilité dont l'Italie a besoin pour moderniser l'Etat, développer ses ressources et déclencher la croissance et la compétitivité.

charles | 10.04.2008 - 15h14
Comment avez-vous fait pour perdre le pouvoir avec comme opposition ce clown de Berlusconi?
La coalition de centre gauche était une tentative de donner un gouvernement à l'Italie en cherchant de négocier entre les projets réformistes et la tradition de solidarité de la gauche italienne. Prodi a fait un travail énorme et important: l'Italie est rentrée dans les paramètres européens, le taux d'activité professionnelle a fini de chuter, les lois pour le travail sont entrées en vigueur, la légalité est rentrée dans l'administration publique et surtout les décrets Bersani ont commencé à ouvrir les ressources et le marché dans une logique de développement en non plus de conservation, en gardant les garanties et les droits acquis.
Le Gouvernement de Prodi est le seul qui a réussi a faire passer un référendum par 5 millions de travailleurs sur un nouveau modèle de solidarité, mais le jour après trois ministères de la coalition étaient dans la rue manifester contre: cette expérience est finie, a démontré toute la difficulté de tenir ensemble des partis qui prennent en charge la responsabilité de gouverner avec des autres qui se limites à un rôle d'opposition. Prodi a fait le meilleur travail qu'on pouvait imaginer dans telles conditions, mais il fallait changer de façon définitive la modalité de gérer la chose publique: le choix de se présenter aux électeurs comme alternative à une politique de chaos et de contradictions a donné ses effets. Les Italiens regardent au parti démocrate de Veltroni comme à une nouveauté, une petite révolution qui a même anticipé la réforme de la lois électorale, celle réforme que le centre droite a refusé de faire pour aller aux élections anticipées.

Ange06 | 10.04.2008 - 21h06
N'êtes-vous pas fatigués de toujours devoir vous heurter au fantôme de Berlusconi même quand il n'est pas au pouvoir?
Malheureusement Berlusconi n'est pas un fantôme.
Son image est partout mais aussi ses fautes et ses erreurs sont là: nous menons une campagne électorale sur la nouveauté, sur la modernité. Berlusconi se présent aux élections pour la cinquième fois, dans ce cas on peut parler du fantôme de soi même.
Malgré tout nous avons lu son programme, nous acceptons de nous confronter avec ses candidats, nous ne déchirons pas son programme comme il vient de faire avec le nôtre.
Nous parlons aux Italiens et aux Européens qui veulent changer l'Italie pour récupérer un rôle important en Europe. Nous sommes pour la laïcité, la recherche scientifique, la mobilité, la légalité. Nos programmes sont bien différents, mais nous respectons nos adversaires.

Demandez-lui tout ci-dessous et dès maintenant…