Municipales 2014 à Paris: Vous avez interviewé Christophe Najdovski

VOS QUESTIONS Le candidat EELV à la mairie de Paris vous a répondu...

Cédric Garrofé
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Christophe Najdovski, candidat à la mairie de Paris
Christophe Najdovski, candidat à la mairie de Paris — C.Gonthier

[Le chat est terminé]

Alors que la crise sévit et touche un très grand nombre de parisiens, je veux garantir le droit à toutes et tous de vivre à Paris. Le logement est la première priorité de mon projet. Je veux maintenir la mixité sociale de Paris, et permettre à ceux qui ont des revenus modestes ou moyens de pouvoir se loger moins cher à Paris, en allant vers l’objectif de 30% de logements sociaux en 2030, et en accompagnant l’encadrement des loyers dans le privé. Je veux aussi transformer massivement les bureaux vides en logements.

Je veux aussi changer le visage de Paris, et retrouver le lien avec la Seine: c’est mon projet de tram de la Seine sur les quais hauts, et de Central Park sur les berges. Comme Lyon qui reconquis ses berges, comme Bordeaux qui a retrouvé le lien avec la Garonne, Paris doit retrouver le lien avec son fleuve, et je proposerai que l’on installe de grandes halles alimentaires flottantes.

Je veux enfin redonner la parole aux citoyens, en consacrant 10% du budget de Paris au budget participatif, et redonner confiance aux citoyens en l’action publique.

Bertrand Delanoë n'a-t-il pas été un maire quand même très écolo? Velib, Autolib, les Berges sur Seine... J'ai du mal à voir ce que vous pourriez apporter de plus.

La reconquête des berges de Seine et Vélib ont été inspirées par les écologistes!

En 2001, lorsque Bertrand Delanoë est devenu maire, nous voulions déjà reconquérir les berges de la Seine. A l’époque, on nous traitait de doux utopistes. Treize ans près cette mesure est devenue réalité, mais seulement pour la rive gauche. La rive droite reste une autoroute urbaine en plein coeur de ville. On a encore une ville qui est celle de l’époque du «tout-automobile» des années 1960-1970.

Je veux construire la ville du 21e siècle, et en finir avec cette situation où l’on fait passer un trafic de transit métropolitain par le coeur de la capitale: 30% du trafic des berges ne fait que transiter par là.

Mais je veux aussi offrir une alternative aux automobilistes: c’est la raison pour laquelle je veux construire une ligne de tramway sur les quais hauts de la Seine, en rive droite.

Ce tramway permettra de se rendre très rapidement dans le centre de Paris, puisque 15 minutes suffiront pour aller de la porte de Bercy à l’Hôtel de Ville. Les automobilistes pourront trouver des parkings de rabattement de plusieurs milliers de places, qui existent déjà, à la porte de Bercy et à la porte de Saint-Cloud.

Je veux aussi étendre Vélib au Grand Paris : on doit aussi pouvoir bénéficier de Vélib quand on est à Nanterre, à Bobigny ou à Créteil. C’est comme cela que l’on construit le Grand Paris, et que l’on effacera progressivement la barrière physique et mentale du périphérique.

Vous êtes un spécialiste de la petite enfance. Quelles mesures sont à prendre à ce niveau à Paris?

Je suis maire-adjoint de Paris en charge de la petite enfance depuis 2008, et on a créé 4.500 nouvelles places en crèche, ce qui représente près de 100 crèches nouvelles à Paris. Il faut poursuivre l’effort de création de places, et je propose la création de 6.000 nouvelles places en crèche pour permettre aux parents d’avoir une offre d’accueil qui corresponde à leurs besoins.

J’aiderai également les parents qui emploient une assistante maternelle, par la mise en place d’une aide financière, comme le fait le département de la Seine-Saint-Denis.

Je veux aussi développer les lieux d’accueil enfants parents, qui sont des lieux de soutien à la parentalité.

Vous comptez proposer un petit déjeuner aux élèves. Pouvez-vous préciser cette idée?

C’est une mesure qui a son importance car dans certains quartiers de Paris, un enfant sur trois ne mange pas le matin avant de venir à l’école. Comme l’a proposé Bernard Jomier, qui est médecin et tête de liste dans le 19e arrondissement, je veux expérimenter cette mesure pour permettre à ceux qui en ont besoin de pouvoir bien démarrer la journée car on ne peut pas étudier correctement lorsqu’on n’est pas bien alimenté.

On peut imaginer que les enfants viendraient 15 à 20 minutes avant le début de la classe pour prendre ce petit-déjeuner. C’est à voir en concertation avec la communauté scolaire.

Quel regard portez-vous sur les actions du maire écolo de Fribourg en Allemagne - et où j'ai vécu? C'est une ville très verte avec notamment l'éco-quartier Vauban. Vous comptez vous en inspirer?

Oui, bien sûr ! Il faut toujours regarder ce qui se passe à l’étranger, et s’inspirer de ce qui marche! L’Allemagne, et Fribourg en particulier, est plus en avance que la France sur les questions d’écologie, notamment sur les énergies renouvelables. Les écoquartiers, c’est la façon de construire la ville du 21e siècle: on pense globalement, et on agit localement, pour des quartiers agréables à vivre.

Un mot sur le parcours de Cécile Duflot au gouvernement?

Cécile Duflot, comme Pascal Canfin, fait un excellent travail. Elle a fait voter une loi sur le logement qui va permettre de rééquilibrer les rapports entre les propriétaires et les locataires, pour plus de justice.

C’est une loi progressiste, qui permettra de diminuer les loyers, mais aussi de faciliter la rénovation énergétique des logements, pour payer moins de charges et économiser l’énergie.

Quelles sont les grandes villes les plus écolos d’Europe selon vous? Comment font-elles concrètement?

Copenhague et Amsterdam, pour la place qu’elles accordent aux vélos, qui représentent 50% des déplacements.
La politique du vélo que je veux mettre en place à Paris s’inspire largement de ce qui s’y fait. Je veux notamment mettre en place de grands garages à vélos sécurisés, et rendre les déplacements à vélos plus faciles et sûrs.

Berlin, pour la place qu’elle accorde aux espaces verts et à l’écologie en général, avec la zone écologique qui limite la circulation de véhicules polluants.

On peut aussi citer Bristol, en Angleterre, qui s’est engagée dans une démarche de «ville en transition», pour réduire la consommation d’énergie et favoriser les circuits courts de production et de consommation.

Je repose la question que j'ai posée à votre concurrente du Front de Gauche hier. Si vous êtes élu, quelle sera votre première mesure?

Une mesure simple et rapide à mettre en œuvre: transformer des bureaux vides en logements.

Aujourd’hui on a plus d’un million et demi de mètres carrés de bureaux vides à Paris, dont 700 000 mètres carrés de bureaux obsolètes, non commercialisables, car ils ne répondent plus aux normes pour les bureaux. Ce sont souvent d’anciens logements, que l’on peut donc reconvertir en logements.

J’engagerai une négociation avec les acteurs de l’immobilier pour créer des milliers de nouveaux logements à Paris par cette mesure.

Pourquoi ne pas avoir rejoint dès le premier tour la liste d'Anne Hidalgo?

Nous n’avons pas le même projet pour Paris. Nous travaillons ensemble, et nous voulons poursuivre ce partenariat, d’égal à égal.
Mais nous avons des désaccords sur un certain nombre de points.

En premier lieu, je ne vois pas de volonté dans son programme de poursuivre la réduction de la circulation automobile. Elle prend même le chemin contraire en voulant autoriser les voitures électriques dans les couloirs de bus. Elle ne propose rien sur la reconquête des berges de la Seine.

Je propose la création d’un parc urbain de 5 hectares, un véritable «Central Park», au coeur de Paris, sur les berges basses de la Seine entre le pont des Arts et le port de l’Arsenal.

En second lieu, elle veut construire des tours de bureaux à l’ouest de Paris, par exemple avec la tour Triangle, ce qui va aggraver le déséquilibre  entre bureaux et logements, et saturer les transports. Il faut au contraire privilégier la réalisation de logements à l’ouest de Paris, et de créer des locaux d’activité à l’est de Paris, pour rapprocher  lieux d’habitation et lieux d’emploi.

Les parisiens ont le choix de pouvoir donner plus de place à l’écologie à Paris en votant dès le 1er tour pour les écologistes. Notre poids futur dans la majorité déterminera la place de l’écologie à Paris.

Question éternelle mais jamais résolue: L’écologie doit-elle être l’apanage d’un seul parti?

Tous les partis se réclament de l’écologie dans les discours. Mais il faut juger aux actes.

L’écologie, ça ne consiste pas seulement à mettre un coup de peinture verte, c’est une vision globale de la société. Les écologistes sont les seuls à mettre en accord leurs idées et leurs actes.

Deux exemples: NKM a favorisé le diesel quand elle était au gouvernement, et on en paie les conséquences en termes de pollution de l’air aujourd’hui dans nos villes. Et quand Anne Hidalgo veut autoriser les voitures électriques dans les couloirs de bus, elle va en fait pénaliser les bus qui vont moins bien circuler puisqu’il y aura plus de trafic dans les voies de bus, ce qui ne va pas inciter à utiliser les transports en commun. Elle propose également de construire des logements au bord du périphérique, entre la porte Dauphine et la porte d’Auteuil, sur des espaces verts.

Ce n’est pas en grignotant sur les espaces verts, dont on manque à Paris, que l’on fait de l’écologie, ni en construisant là où l’air est le plus pollué. Il y a d’autres choix à faire pour construire des logements à l’ouest de Paris, comme la transformation de bureaux vides en logements.

La pollution explose en ce moment à Paris, comme à chaque période de beau temps. Que faudrait-il faire pour régler le problème une bonne fois pour toutes?

On est actuellement dans une situation absurde: la pollution atteint des sommets, et on demande aux personnes fragiles, notamment les enfants, de ne pas sortir dehors alors qu’il fait beau! C’est insupportable et irresponsable de ne rien faire. On ne peut pas vivre dans une ville où les victimes subissent une telle double peine. Pour retrouver un air sain, il faut combiner mesures d’urgence et mesures de fond.

En urgence, il faut mettre en place la gratuité des transports en commun pour inciter les automobilistes à se reporter sur les transports collectifs, le contournement de l’agglomération pour les poids-lourds, et la circulation alternée (numéro de plaque pair les jours pairs, numéro impair les jours impairs) pour réduire les émissions de polluants.

En mesures de fond, il faut poursuivre l’objectif d’une réduction globale de la circulation automobile en Ile de France, et de développement des transports collectifs. Mon projet de tramway le long de la Seine sur les quais hauts en rive droite s’inscrit dans cet objectif.

Et je veux enfin mettre en place une zone écologique pour la qualité de l’air, sur le modèle de ce qui a été fait à Berlin, où les véhicules les plus polluants sont progressivement interdits de circulation.

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Présentation du chat:

Jusqu’au 30 mars, date du second tour des prochaines élections municipales, la rédaction de 20 Minutes reçoit plusieurs candidats pour un chat avec les internautes. Et après Danielle Simonnet (Front de gauche), Christophe Najdovski (EELV) se prête à l’exercice.

» Découvrez le projet de Christophe Najdovski pour Paris

L’écologiste qui fait campagne sur le «vivre mieux» propose notamment de «végétaliser» Paris en «garantissant» la présence d’un espace vert à moins de cinq minutes à pied sur l’ensemble du territoire parisien et lançant une ligne de tramway le long des quais hauts de la rive droite. Quelque «6.000 logements sociaux» seront créés par an, avec des attributions «efficaces et transparentes». Le candidat envisage aussi d’expérimenter la mise en place dans les écoles d’un service de petit-déjeuner. Et pour lutter contre le chômage, il promet de développer les «plates-formes d’informations de services à la personne».