Municipales 2014 à Marseille: Vous avez interviewé le candidat FN Stéphane Ravier

VOS QUESTIONS L'homme politique vous a répondu...

Cédric Garrofé

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Stéphane Ravier, candidat à la Mairie de Marseille
Stéphane Ravier, candidat à la Mairie de Marseille — C.GONTHIER // 20 MINUTES

[Le chat est terminé]

Ma conclusion? Ah je crois que l’ai déjà annoncée plus bas!

Marseille est bloquée, immobile, sous l’emprise d’un système qui profite à quelques uns, à quelques organisations et ce, au détriment de l’intérêt général.

Un Jean-Claude Gaudin qui bénéficie d’une majorité absolue depuis 19 ans et qui n’écoute plus personne, encore moins lorsque sa majorité a le doigt sur la couture et ne pipe mot pour ne pas fâcher celui qui fait ou défait les investitures à l’UMP! Coupé des réalités, il n’est plus en phase avec Marseille et les Marseillais.

De l’autre Patrick Mennucci, héritier du guérinisme, entouré d’une équipe qui tire à hue et à dia où chacun travaille pour la municipale de ...2020!

Mennucci représentant d’un gouvernement qui commet des ravages depuis 2 ans. Le voir dans le fauteuil du Maire de la plus belle ville du monde s’apparente à un cauchemar !

Alors, j’invite les Marseillaises et les Marseillais à tourner la page de ce système qui a ruiné la ville et qui a sali son image. Une autre voix est possible, celle du bon sens, de la réalité, du concret: celle d’une Marseille bleu Marine!

Merci à toutes celles et ceux qui ont participé à ce Chat et à la rédaction de 20 Minutes pour son invitation!
 
Vous avez dû suivre l’expérience Mégretiste à Vitrolles. Quel regard portez-vous sur les années FN de la ville? Reconnaissez-vous un échec, au moins de lourdes cicatrices?
 
Je note que Madame Mégret avait été réélue! 
 
Vitrolles, les 3 autres villes auraient mérité le triple A pour la gestion financière! C’est lorsque Monsieur Mégret, qui n’appartenait plus au FN et qui était le Président du MNR, a utilisé l’argent de la municipalité en 2002 pour envoyer un courrier aux maires de France afin d’en obtenir le parrainage pour pouvoir se présenter à l’élection présidentielle, c’est à dire nuire à Jean-Marie Le Pen que la condamnation est tombée.
 
Le FN n’a rien à voir avec ce qui s’est passé à Vitrolles. Mégret a eu une attitude conflictuelle, sans doute parce qu’il n’était pas de Vitrolles et se moquait de l’atmosphère qui pouvait découler de son attitude personnelle. Ce ne sera pas mon cas à Marseille, j’y habite, j’y vis, je vis Marseille comme l’ensemble de mes colistiers!
 
Nous avons envie que Marseille se développe, que nos enfant s’y sentent bien, qu’ils puissent y trouver un travail, un logement, que les Marseillaises puissent y vivre en toute tranquillité. Nous serons des élus responsables au service de Marseille!
 
En quoi être candidat dans une région qui vote plutôt à droite et qui possède plusieurs bastions d’extrême droite est-il différent?
 
Je ne me positionne ni à droite ni à l’extrême droite, je suis comme l’ensemble du FN, au dessus du marigot de l’UMPS! Dans notre région, chaque problème est démultiplié: 
 
- L’immigration est une immigration de peuplement.
 
- La violence est une hyper violence.
 
- Les magouilles politiques ont conduit le socialiste Guérini à être mis en examen à trois reprises et Sylvie Andrieux à être condamnée (elle a fait appel).
 
- Le chômage a basculé dans la pauvreté.
 
Tout ici est plus grave qu’ailleurs. Ma candidature, le FN-RBM apparait ici encore plus nettement qu’ailleurs comme la seule alternative crédible.
 
Quel est l’avenir du FN à Marseille? Et son passé?
 
Entre le dépôt de bilan de Gaudin et la faillite socialiste de Mennucci, l’avenir nous appartient! Les Marseillais réalisent qu’une autre voix est possible, que le FN ne leur a jamais menti et que nous avons su prévoir, alerter, dénoncer. 
 
Ils comprennent aujourd’hui que seules nos propositions sont à même d’inverser les choses pour que Marseille puisse, comme le veut sa devise, à nouveau briller par ses hauts faits.
 
Je vais voter à Marseille pour la première fois, mais je ne vous connais pas vraiment. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots, politiquement et humainement?
 
C’est à l’âge de 3 ans que j’ai été adopté par la Bonne Mère, j’ai grandi dans le 15ème arrondissement et ai suivi ma scolarité dans ces quartiers avant de m’exiler 3 ans à Paris pour avoir réussi un concours dans la fonction publique.
 
Marié, père de Thomas et de Fanny, je suis militant au Front national depuis l’âge de 16 ans et travaille chez Orange dans l’un des quartiers les plus pauvres de France: Saint Mauront, dans le 3e arrondissement.
 
Conseiller du 7e secteur depuis 2008, conseiller régional depuis 2010, Marine Le Pen m’a nommé au bureau politique du mouvement en 2011 et secrétaire départemental du FN13 en 2012.
 
En dehors de la politique (oui ça m’arrive de faire autre chose que de la politique de temps en temps!), c’est évidement le foot qui m'intéresse, surtout le foot amateur car j’ai été dirigeant d’un club du centre ville pendant 7 ans. 
 
Je me suis occupé de gamins de cités, et d’autres, avec bonheur. C’est une activité, devenue une passion que je ne peux plus assumer et j’avoue que cela me manque. 
 
Êtes-vous favorable à la vente du stade Vélodrome?
 
Non, je n’y suis pas favorable.
 
Le «Vélodrome» fait partie du patrimoine des Marseillais, mais Patrick Mennucci ne peut pas le comprendre, il n’aime ni l’OM, ni le foot!
 
Je note que c’est encore un socialiste qui évoque la vente, la privatisation au profit donc de gros actionnaires.
 
On pourrait commencer par obtenir du propriétaire du club de verser un loyer qui correspond à la valeur locative du terrain et il s’agit là de plusieurs millions d’euros!
 
«Touche pas à notre Vélodrome» Patrick!
 
Pape Diouf candidat, vous le voyez comme une chance pour vous?
 
Je reconnais que ce n’est pas la plus mauvaise nouvelle de la campagne.
 
Je note que Pape Diouf, comme Karim Zéribi (avant qu’il ne soit parachuté dans un autre secteur), comme Eugène Caselli (avant que lui aussi soit envoyé dans le centre ville), comme le candidat socialiste Hovsépian («bras armé politique» de Sylvie Andrieux), comme Monique Cordier (ancienne présidente de la confédération des CIQ, qui a intégré la liste de l’UMP) a annoncé qu’il se présentait dans le 7ème secteur pour combattre:
 
- Le chômage? (plus de 50% dans certains quartiers du secteur) 
 
- L’insécurité?
 
- La pauvreté?
 
- Le communautarisme?
 
- Le clientélisme?...
 
Point du tout!
 
Pape Diouf, comme l’ensemble des représentants du système UMPS se présente pour combattre... Stéphane Ravier et le Front national!
 
Les Marseillais de ces quartiers vivant, survivant dans la précarité, dans la pauvreté, dans l’insécurité qui vire à la barbarie, apprécieront…
 
Pape Diouf et moi, n’avons assurément pas les mêmes priorités.
 
Comment comptez-vous vous y prendre face à Mennucci, donné largement gagnant?
 
«Mennucci donné largement gagnant»??!!! Où avez vous entendu cela? A la permanence électorale de Patrick Mennucci peut-être mais dans les projections, une chose apparaît très nettement, la gauche est largement minoritaire à Marseille!
 
Et si le socialiste Patrick Mennucci, «bébé du guérinisme» à la tête d’une «dream team» où chacun  déteste l’autre, où personne n’est d’accord sur rien, où Eugène Caselli (président de la Communauté Urbaine, élu grâce à Gaudin) avait même déclaré que JAMAIS Mennucci serait le maire de Marseille, un Patrick Mennucci représentant d’un gouvernement socialiste massivement rejeté par les Français... 
 
Si ce candidat a une chance (un risque en l'occurrence) de gagner, c’est à cause du bilan qui n’est autre qu’un dépôt de bilan de Jean-Claude Gaudin! Ce bilan calamiteux auquel vient s’ajouter le refus de ce même JC Gaudin de prendre en considération les élus (futurs élus) du FN/RBM.
 
Voter pour Stéphane Ravier, dans le 7ème secteur en particulier où les observateurs m’accordent une chance de victoire, c’est faire perdre Mennucci à la fois dans le secteur et sur l’ensemble de la ville! Que chacun prenne ses responsabilités… Moi je veux battre le socialiste Mennucci, et souhaite empêcher les dérives socialisantes de Gaudin. Pour cela, un groupe FN/RBM important doit investir le conseil municipal de Marseille!
 
Pourquoi ne vous voit-on pas dans les quartiers nord de Marseille? J’y travaille et point de candidats.
 
C’est peut-être parce que vous êtes trop occupé, trop absorbé par votre travail que vous n’arrivez pas à me voir! 
 
J’ai grandi dans ces quartiers, j’y habite, j’en suis un des élus, et j’y milite depuis 15 ans! Je me suis présenté à toutes les élections dans CES quartiers et dans ces SEULS quartiers des 13ème et 14ème arrondissements. 
 
J’en connais chaque cité, chaque noyau villageois, alors, le hasard a fait que jamais nous n’ayons jamais pu nous y croiser; et bien qu’à cela ne tienne, je me ferai un plaisir de vous recevoir dans mon bureau de maire de secteur (ou de maire de Marseille) dès le début de la nouvelle mandature! Mais qu’on se rassure, je n’ai pas pour ambition de rester cloîtrer dans mon bureau, je continuerai à arpenter les quartiers.
 
Quels seraient vos remèdes pour réduire les règlements de compte dans la ville?
 
Les règlements de compte sont le résultat -logique- des rivalités entre trafiquant de drogue et concernent donc le grand banditisme même s’il s’agit souvent de «petits caïds» de quartiers. Dans une cité du 13ème «Le Clos la Rose» c’est un «gamin» de 16 ans qui a été victime de ce trafic et un «enfant» de 11 ans (!!!) a été blessé par des tirs volontaires d’arme de guerre!
 
Le trafic concerne plus de 40 cités marseillaises, ce n’est plus une économie souterraine c’est l’économie tout court qui fait vivre des familles, des quartiers entiers! Là encore, par aveuglement idéologique, ni Gaudin ni Mennucci n’ont voulu voir la réalité en face. Une réalité que je dénonce depuis des années et pour laquelle on m’a accusé de faire du «Marseille bashing». Aujourd’hui les marseillais n’en peuvent plus.
 
Ce que peut et doit faire le Maire de Marseille, c’est utiliser la police municipale comme une police, non plus de verbalisation, mais de sécurisation.
 
Une nouvelle police municipale, un nouveau recrutement, une nouvelle formation (armer les agents)  pour une nouvelle mission: sécuriser la ville, les noyaux villageois comme les cités et ce, pour décharger la police nationale d’un certain nombre de tâches et lui permettre ainsi de se concentrer (en hommes et en moyens) sur ce trafic, ce cancer qui est train de gangrener le corps social et économique de la ville. Cela demande une prise de conscience de l’Etat. Le Ministre de l'intérieur devra faire autre chose que du tourisme à Marseille en donnant à la deuxième ville de France les moyens d’en finir avec ce fléau.
 
Maire de Marseille, je veillerai à ce que les promesses deviennent des réalités.
 
Marseille est une terre d’immigration, depuis toujours. Quelle est votre vision du phénomène?
 
«Marseille, terre d’immigration». Voilà un slogan qui voudrait justifier la délirante et récente politique d’immigration massive appliquée tant par la Gauche que par l’UMP.
 
J’ai grandi dans les quartiers nord, des quartiers où aujourd’hui la population d’origine étrangère est sans doute majoritaire. Or, «au temps de mon enfance et de mon adolescence» (je n’ai que 44 ans!) la situation de l’immigration dans ces quartiers comme sur l’ensemble de la ville n’était pas du tout celle que nous subissons aujourd’hui.
 
Les vagues d’immigrations précédentes étaient composées d’Européens, Italiens, Espagnols, Arméniens, Portugais, sans oublier nos compatriotes Pieds noirs et harkis, qui se sont fondus dans le «moule marseillais». La ville s’est enrichie de cet apport sans jamais être dénaturée.
 
Depuis 30 ans c’est un autre type d’immigration. Des populations aux mœurs, aux traditions, au culte radicalement différents et démunies de tout, viennent s’installer massivement dans un pays, dans une ville qui n’a plus les moyens de leur offrir de logements (30.000 demandes de logements sociaux en souffrance à Marseille) ni même de travail (plus de 15% de chômeurs et 26 % de pauvres à Marseille). Cette immigration massive et l’échec de l’intégration entraînent le développement du communautarisme et de l’islamisme radical.
 
Gaudin et Mennucci, tous deux responsables de l’application  du dogme «immigration=chance pour la France» ne veulent pas voir la réalité en face. Il est pourtant urgent d’inverser les flux migratoires pour éviter les situations conflictuelles. C’est dans l’intérêt de tous.
 
Les responsables ne sont pas les étrangers eux-mêmes, mais les politiciens français qui se servent de l’immigration pour faire pression sur les salaires (et ainsi répondre aux exigences du patronat) et pour en obtenir un retour sur investissement électoral.
 
Quel sera votre toute première intervention si vous êtes élu?
 
La première intervention consistera à m’adresser au «Peuple marseillais» pour faire savoir que je serai le Maire de l’ensemble des Marseillais, le maire des 16 arrondissements qui composent la ville, le Maire des noyaux villageois et des cités et que j’agirai dans l’intérêt de toutes et de tous.
 
De façon plus concrète, je lancerai un grand audit financier de la ville, la complexité voire l’opacité qui règne à Marseille empêchant de connaître l’état réel des finances.

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Présentation du chat:

Jusqu'au 30 mars 2014, date du second tour des prochaines élections municipales, la rédaction de «20 Minutes» reçoit plusieurs candidats pour un chat avec les internautes. Et après Patrick Mennucci (PS), Pape Diouf (Changer la donne), et Jean-Claude Gaudin (UMP), Stéphane Ravier (FN) se prête à l’exercice.

Stéphane Ravier, chef de file du Front national à Marseille et secrétaire départemental de la fédération des Bouches-du-Rhône, se présente dans les quartiers Nord de la ville (13e et 14e arrondissements). Il affrontera notamment le socialiste sortant Garo Hovsepian et l'ancien président de l'OM Pape Diouf.

>> Découvrez le projet de Stéphane Ravier

Le candidat FN propose tout d'abord de faire de Marseille la «capitale européenne de la sécurité» en triplant les effectifs de la police municipale et en appliquant la «tolérance zéro». Le Marseillais envisage ensuite d'«attirer, encourager et protéger» l'emploi en favorisant le «secteur économique privé». Enfin, Stéphane Ravier promet des élus engagés pour l'«intérêt général et la maîtrise des dépenses publiques».