Vous avez interviewé Olivier Cueille, co-fondateur de MicroDON

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M.B.

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Olivier Cueille, co-fondateur de MicroDON
Olivier Cueille, co-fondateur de MicroDON — C.GONTHIER // 20 MINUTES

[Le chat est terminé]

Merci pour vos questions, elles sont précieuses dans notre démarche car elles sont source de motivation lorsqu’elles portent des messages positifs et encourageants et elles nourrissent notre réflexion lorsqu’elles touchent des points sensibles liés à la confiance/transparence. 

 

Les Français sont généreux, les pages grises des années 70/80 sont tournées, la confiance retrouvée et la génération G en quête de sens et d’engagement citoyen et solidaire est prête pour l'«arrondi».

Venez nombreux ce week end (18-19 octobre) à la rencontre de 120 associations parisiennes présentes dans 150 magasins à l’occasion de la toute première opération carte microDON (paris.microdon.org)

Suivez  la vie de l’arrondi au plus près en vous abonnant à nos fils twitter @microdon_fr@l_arrondi ainsi qu’à nos pages facebook. Merci à 20 Minutes de m’avoir invité. 
 
Benbaka: L'initiative a-t-elle le soutien des politiques? Avez-vous été reçu par Benoît Hamon, ministre de l’économie solidaire?
Benoit Hamon a exprimé toute sa sympathie à «l’arrondi»après nous avoir entendus au titre de dirigeants d’une entreprise solidaire dans le cadre du projet de refonte de la loi sur L’ESS. 
 
Il s’est prêté au jeu et à réalisé le premier «arrondi»officiel dans un magasin de la rue Réaumur le 18 Septembre dernier.
 
Gerard: J’ai lu que vous vouliez développer le concept avec les comptes en banque aussi, c’est-à-dire?
La générosité embarquée consiste à donner la possibilité de faire un don dans les actes du quotidien. Un ticket de caisse, un bulletin de salaire, une facture d'énergie de télécommunication, un retrait au distributeur, un paiement en ligne, sont autant de moyens simples, parfois spontanés d’exprimer sa générosité.
 
Nous encourageons les entreprises qui proposent les dispositifs à accorder l’objet de l’association soutenue avec leurs propres convictions et à donner aussi pour encourager les dons. C’est le cas par exemple des entreprises qui proposent à leurs salariés de donner par prélèvement sur leur bulletin de salaire, elles doublent le montant du don, c’est un schéma vertueux.
Julien C.: Ce système existe-il à l'étranger? Comment cela fonctionne-t-il? Pensez-vous vraiment que les Français seront d'accord pour vous faire confiance. Nous ne sommes pas forcément certains que l'argent donné sera vraiment reversé aux associations…
La France fait plutôt office de suiveur puisque les Anglais, Américains (nord et sud), Allemands, Portugais, Israéliens et certainement d’autres ont déjà expérimenté sous différentes formes ces approches du micro-don facile, spontané en supermarché.
 
Les taux de participation des clients sont encourageants, les associations bénéficiaires sont ravies car elles estiment que ce nouveau type de don est un regard porté vers l’avenir du don. 
 
Nous constatons déjà que les Français sont présents et les taux de participation sont au niveau des autres pays. Nous gagnerons votre confiance avec les premières publications de rapports de gestion et d’activité faisant référence aux «arrondis» début 2014. 
 
Les comptes sont audités chaque année par les commissaires aux comptes des magasins et des bénéficiaires. L’inspection générale des affaires sociales, par exemple, est là pour rassurer les donateurs sur la question des dons pour les associations.
 
Fred: Je lis depuis plusieurs semaines des articles vous concernant. Au Mexique, cette pratique existe déjà. Cependant, ce que vous ne dites pas, c’est que là-bas, ce n’est aucunement un choix du consommateur! L’arrondi est automatique. Il n’y a pas de rendu car les pièces que l’on devrait recevoir car les pièces que l’on devrait recevoir n'existent pas!

J’ai connaissance de pratiques de «non rendu des centimes» dans certains pays en Scandinavie et plus récemment adopté au Canada mais je n’en avais pas connaissance au Mexique. Le principe est que le montant du ticket est arrondi à la dizaine de cents au bénéfice du client pour les sommes finissant par 1, 3, 5, 7 et au bénéfice du magasin pour les sommes finissant par 2, 4, 6, 8 (ou quelque chose s’en approchant). Ce choix supposé limiter la gestion des petites pièces n’est, à ma connaissance, lié à aucune mécanique de générosité ou de don.

Robert: Les entreprises de grande distribution sont-elles prêtes à donner quelques centimes à chaque ticket de caisse émis, sans répercuter ce don sur le prix des articles vendus?
Par soucis de précision, je rappelle que «l’arrondi» est un don du client qu’il décide de demander ou non lors de son passage en caisse. 
 
En aucun cas, le don du client en caisse ne peut provoquer d’augmentation des prix des articles en rayon.
 
Les supermarchés ne sont pas prêts à doubler systématiquement les dons des clients même si nous les y encourageons en revanche certains se posent la question de doubler sur une période donnée, à suivre donc....
 
John: Ce serait bien de pouvoir voter sur Internet pour choisir à qui on veut donner… Vous y pensez?
Nous sommes convaincus que l’aspect participatif apportera un plus à l’avenir mais il est plus compliqué à organiser. 
 
«L’arrondi» est nouveau et sera un succès si il est simple. Nous y pensons néanmoins pour le futur.
 
Fanny: Est-ce vrai que ce sont ceux qui ont le moins qui donnent le plus?
Nous ne disposons pas de données issues de «l’arrondi» pour  répondre à cette question mais une étude de «France Générosité» montre en effet que rapporté à leur revenus ce ne sont pas les plus riches qui sont les plus généreux.
 
Karim: Les dons aux associations sont déductibles des impôts. C’est le cas avec votre initiative?
Effectivement les dons aux associations d’intérêt général sont déductibles à hauteur de 66 ou 75% du montant de l’impôt sur le revenu pour les personnes imposables.
 
Dans le cas de «l’arrondi», si un client peut justifier de 5 euros de dons au moins sur l’année en cumulant et envoyant ses tickets, il peut bénéficier d’un reçu pour le montant de ses dons. Toutes les informations sur www.lereflexesolidaire.org.
 
Robert: J’imagine que pour lancer vos opérations, vous devez être «associé» avec les supermarchés. Jusqu’où va la connivence? Les magasins récupèrent-ils de l’argent des dons? De toute manière, MicroDON contribue à améliorer leur image… C’est un peu facile pour eux non?
Les supermarchés sont nos clients, nous les équipons, les conseillons et les mettons en avant comme partenaires de «l’arrondi». 
 
Ils ne prennent aucune décisions qui pourraient liées au fonctionnement de microDON notre entreprise solidaire est parfaitement indépendante.
 
Les magasins enregistrent dans leurs caisses les dons et les reversent chaque mois. C’est très fiable, sécurisé et contrôlé par des commissaires aux comptes. 
 
100% des dons sont versés, aucune commission n’est retenue. C’est le principe de la générosité embarquée. Le ticket de caisse existe déjà et a un coût pour le magasin, que l’on ajoute un petit don ou pas le cout de cet encaissement pour le magasin reste le même. 
 
C’est la vertu de la générosité embarquée. microDON contribue à améliorer leur image mais après tout, ils font la démarche sans qu’on les y oblige donc c’est mérité.
 
Laulaute: Je pourrais accepter de rajouter un peu à la caisse pour aider les personnes défavorisées, mais dans ces cas-là, je me demande toujours où vont vraiment aller mes sous… Alors, où vont vraiment aller mes sous, très concrètement?
Vos sous vont entièrement à l’association d’intérêt général présentée dans le magasin.
 
Au sommet de chaque écran de caisse est apposé un logo de l’association bénéficiaire du moment. Elle peut changer selon le choix du magasin ou de la chaine de magasin participante. 
 
Par exemple, Franprix a souhaité que la moitié de ses magasins propose la Croix Rouge Française et l’autre moitié le Secours Populaire Français. A l’occasion du Téléthon, les dons irons à L’AFM le temps du week-end. Dans tous les cas, l’identité de l’association bénéficiaire est annoncée en caisse et 100% du don va à l’association (l’enseigne couvre les frais du dispositif).
 
Marie: Quel est le profil type de la personne qui accepte d’arrondir son ticket de caisse?
Aucune donnée de ce type n’est disponible. «L’arrondi»est tout à fait anonyme (sauf demande ultérieure de justificatif de dons). Cependant, les clients interrogés après leur passage en caisse se révèlent être déjà donateurs par ailleurs. C'est le cas d’un Français sur deux.
 
Armand: Pourquoi lancer ce programme maintenant, alors que la crise bat son plein? Les gens ne sont-ils pas assez pressés comme des citrons par l’Etat?
Les gens ont le choix de participer ou non, c’est un «arrondi» volontaire et pas obligatoire, et puis dans ce contexte difficile, les associations se voient diminuées leur budgets de 5% par an depuis au mois 4 ans.
 
N’est-ce pas justement le moment d’exprimer toute sa solidarité quand on peux?

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Présentation du chat:

Etes-vous prêt à arrondir votre ticket de caisse pour aider les associations? Lors de leur passage en caisse, certains magasins proposent aux clients de donner les centimes qui les séparent de l’euro supérieur pour financer des projets locaux de la Croix-Rouge et du Secours populaire.

Une technique importée du Mexique, permettant de récolter là-bas chaque année six millions d’euros. En septembre, l'association MicroDON a lancé le programme dans un premier magasin Franprix de Paris.

Alors que la générosité des Français stagne à environ deux milliards d’euros par an, MicroDON espère à court terme décliner le principe de l’arrondi sur le relevé bancaire mensuel et lors des achats en ligne. Et toucher notamment les jeunes, moins familiers du don que les plus de 50 ans.