Vous avez interviewé Hélène Grémillon pour «Le confident» et «La garçonnière»

VOS QUESTIONS La jeune romancière française vous a répondu...

Cédric Garrofé

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La romancière française Hélène Grémillon à la rédaction de 20 Minutes
La romancière française Hélène Grémillon à la rédaction de 20 Minutes — Charlotte Gonthier // 20 Minutes

[Le chat est terminé]

Merci à tous d’avoir été au rendez-vous! C’était mon premier chat and je suis ravie d’avoir passé ce moment avec vous.

Clarisse: Tout d'abord merci de participer à ce chat, c'est un grand plaisir pour nous lecteurs que de pouvoir vous parler! Je me demandais ce que vous pensez de l'aspect «campagne médiatique» d'un livre. Pensez-vous qu'aujourd'hui un livre ne peut être un succès que s'il est soutenu par les médias? Est-il possible aujourd'hui de percer avec un livre par sa «simple» qualité? Votre premier ouvrage, «Le Confident», est une grande réussite; comment l'expliquez-vous?
Merci à vous aussi de participer à ce chat!

Le succès du «Confident» est le résultat d’un bouche à oreille exceptionnel et pour moi c’est vraiment la plus grande satisfaction, qu’un livre se fasse grâce à ses lecteurs et aux libraires, c’est tellement rare, mais, derrière ce livre, il y a une équipe éditoriale qui a fait un travail formidable d’accompagnement.

Par ailleurs les «bonnes critiques» dans la presse, engendrent un succès d’estime qui est aussi très valorisant.

Quand on a la chance d’avoir les deux, les lecteurs et la presse, quel bonheur!

David C:Le fait d'être un des plus gros tirages de la rentrée littéraire, est-ce une pression ou juste une satisfaction?
Une grosse pression, car derrière «La Garçonnière» il y a moi bien sûr et j’espère que cette histoire plaira aux lecteurs, mais il y a aussi toute une équipe éditoriale qui s’est investie pour que ce livre existe et j’ai envie que les «ventes» comme on dit, les satisferont...

Marie: Dans votre bibliothèque, si vous ne deviez garder qu’un livre, lequel serait-ce? Et pourquoi?
J’ai horreur de cette question :) trop dur de répondre, trop de livres exceptionnels…

Je ne vais donc pas pouvoir y répondre mais en échange je vous donne le titre du dernier livre que j’ai adoré «Brothers» de Yu Hua.

JMP: «Le Confident» a remporté le prix du Coup de Coeur des Lycéens. C'est d'ailleurs comme cela que je l'ai connu. Cela vous fait-il plaisir de plaire aux jeunes, dont on dit qu'ils ne lisent plus, aujourd'hui?
J’ADORE ce public de lecteurs, toutes mes rencontres avec eux sont enthousiasmantes et très intéressantes, questions pertinentes et toujours originales. Oui je suis très heureuse de «plaire aux jeunes.» !!!!

Thalia: Avez-vous lu «Cinquante nuances de Grey»? Vous avez aimé? Pourquoi?
Acheté mais pas lu, acheté car je voulais voir par curiosité comment était écrit ce livre, pas lu car j’ai eu une pulsion de rejet totalement irrationnel, mais comme j’étais en pleine écriture j’avais du mal à lire les autres livres.

Sarah: Si je ne me trompe pas, vous êtes tombée enceinte lors de l’écriture de votre premier roman, qui évoque la stérilité. Cela vous a-t-il aidé dans votre travail, ou plutôt vous a-t-il ralenti? Pourquoi?
Vous avez raison, je suis tombée enceinte en écrivant «Le Confident» et la petite histoire est la suivante, j’en étais arrivée dans mon intrigue au moment où Annie tombe enceinte, je ne parvenais pas à écrire bien cette émotion/sensation/état, la difficulté était telle que j’ai arrêté d’écrire pendant un an et demi, le temps d’avoir mon petit garçon.
Quelques mois après sa naissance, je suis revenue au texte et j’ai écris ce passage en quelques instants, il ne fait que quelques lignes mais ces quelques lignes m’ont bloquée pendant un an et demi (période durant laquelle j’ai réalisé mon court métrage).

Thalia: Que pensez-vous de Marc Levy, Guillaume Musso, Anna Gavalda… Tous ces auteurs «populaires» qui, selon moi, ne produisent pas de littérature de haute qualité?
Pour être franche je ne les ai jamais lus, mais si des lecteurs sont heureux en tournant les pages de leurs livres, je pense que c’est vraiment tout ce qui compte.

Sophie: Bonjour, le secret de famille raconté dans «Le confident» vous a-t-il été inspiré par une histoire vraie?
Non, tout est imaginé… pour l’instant j’ai la chance d’inventer des histoires assez facilement, j’en profite, car au final ça me change aussi les idées, je suis la première à me divertir.

Cali: J’aime écrire, sous plusieurs formes (poèmes, nouvelles, blog), depuis mon adolescence. J’aimerais écrire un livre. Mais ça me semble impossible, une entreprise trop importante pour moi. Dans quel contexte avez-vous écrit votre premier livre? Qu’est-ce qui est venue en premier: l’envie d’être publiée? L’histoire?...
Dans un contexte d’urgence personnelle de besoin de me prouver ou non que je pouvais y arriver, mais surtout je voulais arrêter d’y penser «dans le vide» donc j’ai dessiné le début d’une intrigue, je me suis imposée de ne pas l’abandonner pour une autre en cours de route et de travailler, sans relâche, tous les jours, bonne chance à vous et courage!

Julie: Quand allez-vous ouvrir votre site internet? Une page Facebook ou un compte Twitter? C'est difficile aujourd'hui de vous suivre :)
Le site arrive…

Facebook et Twitter c’est plus compliqué, je n’éprouve pas le besoin de commenter mes journées ou mes sentiments ponctuels, pour le reste si je me contente de relayer la presse ou  les médias qui parlent de mon livre je trouve que ça fait un peu auto-promo… Le meilleur de ce que je sais faire est dans mes livres ;)

LucieD: Bonjour. «Le Confident» est sur fond de seconde guerre mondiale, «La Garçonnière» sur fond d'une Argentine post-dictature. Pourquoi? Hélène Grémillon serait-elle une fana d'Histoire contemporaine? Comptez-vous continuer sur cette voie pour vos prochains romans?
J’ai besoin d’ancrer mon intrigue dans l’Histoire, dans le vrai, cela m’inspire.

Je ne conserve de ces périodes que des éléments qui peuvent insuffler une charge romanesque et dramatique à mon intrigue. Je pense que je conserverais cette méthode de création, mais je ne sais pas ce que l’avenir me réserve…

En tout cas je déteste quand les téléphones portables et Internet font partie des intrigues :)

Laurent: Depuis quand écrivez-vous? Qu'auriez-vous fait, dans un autre cas de figure? Prof de lettres ou d'histoire, journaliste, réalisatrice?
J’écris maintenant depuis huit ans, qu’aurais-je fait autrement, vraiment je ne sais pas ce que la vie m’aurait proposé, mais pas le professorat car c’est un métier qui nécessite une vocation que je n’ai pas.

Marc: Comment expliquez-vous que les deux pays les plus férus de psychanalyse, sont l'Argentine et la France?
Et New-york!!! Je ne sais pas vraiment, je me suis posée la question et ce dont je suis par contre certaine, c’est que ce ne sont pas les mêmes raisons pour chacun de ces pays, l’Argentine peut-être est-ce lié au fait que le peuple argentin soit un peuple d’immigrés, d’expatriés mais ce ne sont pas les seuls, alors cette raison ne suffit pas.

On parle aussi du désespoir de la pampa, horizon qui s’étend à perte de vue, mais Buenos Aires est une ville donc cette histoire d’horizon angoissant ne suffit pas.

Vraiment je n’ai pas les clés de cette question, mais je continue de ma la poser avec intérêt.

Julie: Bonjour. Simple question, avez-vous rencontré des psys argentins pour votre dernier livre?
Non, j’ai rencontré des Argentins, des psys, mais pas de psys argentins...

Machandre: Pour «La Garçonnière», pour «Le Confident», vous êtes vous déplacée sur les lieux de l'histoire, ou vous documentez-vous seulement, par exemple sur Internet? Quelle sera l'intrigue de votre prochain livre?
Non, je ne me suis pas déplacée, je travaille énormément mes recherches à travers des lectures principalement, je regarde beaucoup de films liés à l’époque, au pays, ou au sujet et j’assois mon imagination sur ces bases, l’idéal en termes de perspective de création c’est pour moi de réussir à traiter tous les sujets qui me tentent de mon bureau :) parfois un voyage (la réalité) peut nuire à l’imagination, mais peut-être qu’un jour j’aurais besoin de me déplacer pour un autre sujet.
 
L’écriture de la Garçonnière me semble encore si proche, je n’ai fini le texte qu’il y a deux mois à peine, j’ai encore besoin de temps et aucun début d’intrigue à l’horizon...

jesuisla: Vous avez déjà été, vous êtes, réalisatrice. Pourriez-vous vous orienter vers un vrai rôle de réalisatrice, au cinéma, en adaptant vos livres? «La Délicatesse», de Foenkinoss a eu beaucoup de succès. «Les Rivières Pourpres» de Grange, également...
J’y pense parfois, je ne voulais pas passer à la réalisation dès après «Le Confident», j’avais besoin d’écrire un second livre pour me rassurer, je travaille actuellement sur le scénario du «Confident», c’est une étape vers le film, pour ce qui est de la réalisation, je crois que je préférerais quand même qu’un réalisateur dont j’admire le travail décide de filmer cette histoire du «Confident».

Fred: A quoi sert la rentrée littéraire? A part servir de rampe de lancement pour les prix littéraires.
C’est un moment fort dans la vie d’un livre, d’un auteur, car l’attention est extrêmement focalisée sur les livres à cette période mais vous avez raison, c’est sûrement avant tout la bataille des prix littéraires qui commence :)

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Présentation du chat:

Après avoir réalisé plusieurs courts-métrages et le clip de la chanson «La Jupe en laine» de Julien Clerc, Hélène Grémillon se consacre en 2010 à l'écriture de son premier roman Le Confident. Un premier livre vendu à plus de 250.000 exemplaires depuis sa publication en poche et qui a remporté de nombreux prix littéraires. Très attendu, La Garçonnière, le second livre de l'auteure, est sorti le 4 septembre dernier. L’histoire amène le lecteur en Argentine, en 1987, peu après la fin de la dictature…

Résumé du Confident: «Camille vient de perdre sa mère. Parmi les lettres de condoléances, elle découvre un étrange courrier, non signé. Elle croit d’abord à une erreur mais les lettres continuent d’arriver, tissant le roman de deux amours impossibles, de quatre destins brisés. Peu à peu, Camille comprend qu’elle n’est pas étrangère au terrible secret que cette correspondance renferme...»

Résumé de La Garçonnière: «Les événements se déroulent en Argentine, à Buenos Aires. Nous sommes en août 1987, c'est l'hiver. Les saisons ne sont pas les mêmes partout. Les êtres humains, si.»