Vous avez interviewé Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate à la primaire UMP pour les municipales à Paris

VOS QUESTIONS La femme politique vous a répondu...

Cédric Garrofé

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 Nathalie Kosciusko-Morizet à la rédaction de 20 Minutes
 Nathalie Kosciusko-Morizet à la rédaction de 20 Minutes — Vincent WARTNER // 20 Minutes

[Le chat est terminé]

Merci à tous pour votre présence sur ce tchat. 

Je vous donne rendez-vous sur www.nkmparis.fr pour échanger, et sur www.primaireparis.fr pour voter a la primaire de Paris. 

Il faut s’inscrire, ne pas laisser les autres choisir pour vous surtout que tous ne sont pas bien intentionnées, et si le nombre de votants est trop faible, les manipulations sont possibles.

Par ailleurs, sur le programme, je vous ai donné  ici quelques éléments, seulement. 

Tchat trop court et campagne longue! A suivre donc... A très vite! 
 
Raphael: Que comptez vous faire pour l'entrepreneuriat et les start-up à Paris?
La ville a un peu avance sur les pépinières et les hôtels d’entreprise et c’est bien. Mais cela ne suffit pas. En fait elle a du mal à trouver sa juste place, celle de la meilleure efficacité. 
 
Plus précisément, je trouve ridicule la course que se livrent aujourd’hui la ministre du numérique et la Ville de Paris pour récupérer le projet de Niel sur la Halle Freycinet. Il faut laisser vivre le privé, et l’accompagner plutôt que tenter de le récupérer, rien que pour la communication. 
 
En revanche, la Ville n’est pas au rendez-vous sur un sujet sur lequel elle serait utile: s’attacher à devenir la vitrine de ses entrepreneurs. Être le démonstrateur de leur produit, leur premier client, leur premier marché, leur premier promoteur. 
 
Par ailleurs la Ville possède un capital matériel et immatériel formidable et inexploité. 
 
Exemple dans l’opendata: 90 jeux de données à Paris, 760 a Londres. A Paris, des jeux de données souvent anecdotiques, très peu sur les sujets les plus sensibles…
 
Julien: Que ferez-vous pour augmenter le rayonnement de Paris à l'international?
D’abord, s’en faire le VRP. J’ai été frappée de voir combien l’image de Londres comme ville qui monte devait beaucoup a son maire Boris Johnson. 
 
Tout ne va pas bien à Londres. Ils ont aussi beaucoup de chômage. Il y a encore de gros problèmes d’embouteillages. Le logement est horriblement cher. Mais malgré tout cela, Londres bénéficie de l’image d’une ville qui bouge, d’une ville où l’on peut réussir. Je veux aussi améliorer tout notre dispositif de promotion. 
 
Là aussi, je vous donne un exemple londonien. Nos guichets sont nombreux et complexes. 
 
Là-bas, ils ont trois agences («Think London» pour les entreprises, «Study London» pour les étudiants, «Visit London» pour les touristes) qu’ils ont réuni récemment en une seule, «London and partners». Ils proposent aux sièges sociaux qui veulent venir l’assistance à l’élaboration de leur business case, à la recherche de locaux et de logements pour les expatriés, écoles pour les enfants, l’assistance à la compréhension du système administratif et fiscal. Bref, ils démontrent qu’ils les veulent vraiment. Et derrière, c’est de l’activité, de l’espérance et des emplois. 
 
med61: Comptez-vous inclure sur votre liste des maires d'arrondissements refusant de réaliser des mariages homosexuels malgré la loi de la république?
J’ai pris, à titre personnel des positions très claires sur ce sujet, et pour les autres je ne crois pas que la question se posera. Je vous donne un exemple concret: Jean-Francois Legaret, le maire du 1er, qui avait dit qu’il ne marierait pas, et fait campagne en ce moment en surfant sur ce sujet. 
 
Même lui donc, a récemment confirme à la télévision qu’il appliquerait la loi. Les élus sont républicains. J’avais trouve très bizarre la déclaration de François Hollande au Congrès des Maires, quand il avait dit que des maires pourraient refuser de célébrer des mariages au nom de l’objection de conscience. 
 
Marek: Madame Kociusko-Morizet, pensez-vous connaître mieux Paris que la candidate socialiste Anne Hidalgo? Pensez-vous que votre vue extérieure sur Paris compensera les années d'expérience de votre concurrente?  
Nous avons une expérience différente de Paris, c’est vrai. J’y suis née, j’y suis allée à l’école, j’y ai étudié et j’y ai travaillé. C’est une connaissance intime, presque charnelle de la ville. Qui n’est pas celle des dossiers.
 
Et j’ai par ailleurs une expérience d’élue de banlieue et de ministre sur des sujets qui intéressent la vie urbaine (écologie, transport, logement). Je crois profondément que l’association de tout cela est une richesse. Je vous donne un exemple concret: j’ai longtemps pris la ligne 14 pour aller travailler. Et comme ministre, je m’en suis occupée parmi d’autres dossiers. 
 
Quelle expérience est la plus riche? Ce sont les deux mariées ensemble. 
 
Julien: Que proposez-vous pour réduire la pollution dans Paris? 
D’abord, l’exemplarité de la Ville et des flottes publiques de véhicules. Je propose qu’on arrête d’acheter du diesel. Certains polluants historiques (plomb, benzène) ont beaucoup reculé, comme d’ailleurs dans toutes les villes, a cause de l’évolution de la composition des carburants. Mais les particules fines persistent. Et pourtant, en janvier 2013, la ville a racheté des bennes à ordures diesel. En février 2013, le STIF a racheté 286 bus diesel qui rouleront jusqu’en 2028. On arrête ca.
 
L’environnement, c’est aussi la propreté. Je veux modifier la tournée de ramassage des ordures, qui ne satisfait personne. Le contraste entre Londres et Paris, quand on prend l’Eurostar, est saisissant. Et il s’est inversé à notre détriment.
 
Je veux travailler sur la santé environnementale, qui a été un des mes premiers sujets de mobilisation comme député et comme ministre. En particulier sur la qualité de l’air intérieur, nous passons plus de 80% de notre temps à l’intérieur et cet air est chargé de polluants différents de l’air extérieur. Cela se contrôle et s’améliore, dans les espaces accueillants du public (crèches, écoles, métros).
 
Je ferai aussi des propositions sur la nature en ville, en particulier la culture maraîchère en milieu urbain. A laquelle je suis attachée pour des raisons environnementales, mais aussi des raisons sociales.
 
Claude: A l'instar de Bertrand Delanoë qui a donné l'impression de n'avoir qu'un seul dossier à traiter, celui du transport et des voies de communication dans Paris, quel sera votre «dada»? Sachant que le besoin de sécurité est de plus en plus criant...
Je ne crois pas qu’un maire doive imposer ses «dada». J’ai des sujets de passion, c’est vrai, comme le numérique ou l’écologie. Je crois que Paris, qui a été la ville des évolutions a travers l’histoire, doit se saisir de ces sujets qui sont ceux des révolutions d’aujourd’hui.
 
Mais l’urgence ce sont aussi des basiques, qui aujourd’hui à Paris sont mal assurés:
 
- La sécurité, sur laquelle je veux que la ville s’investisse, tout simplement.
 
- Le logement, pour lequel je propose une politique de rupture avec ce qui se fait aujourd’hui, pour pouvoir loger les classes moyennes. 
 
- Et l’emploi, qui concerne aussi la ville, car un maire peut attirer des sièges sociaux, se mobiliser pour l’activité. Ce n’est pas parce qu’on n’a pas toutes les manettes ou 100% de la responsabilité juridique qu’on ne peut rien.
 
Exemple sur la sécurité: la ville de Paris n’a pas tous les pouvoirs de police, mais elle peut beaucoup plus qu’aujourd’hui. 
 
Je propose par exemple que les personnels, pour lesquels elle paie presque 300 millions d’euros par an à la Préfecture de police, et qui sont concentrés à sa demande sur les amendes de stationnement, soient pour partie redéployés sur d’autres missions, en soutien à la police nationale. 
 
Anny: Vous qui êtes aujourd'hui la quadra féminine la plus médiatisée à l'UMP vous représentez une aubaine pour toutes les femmes qui souhaitent s'investir en politique. Vous, demain, en tant que maire de Paris, vous engagerez-vous, par des actions fortes, à faire en sorte de favoriser la jeune génération de femmes de l'UMP qui souhaite exister en politique? 
Oui. Et ce n’est pas un vain mot car j’ai toujours pratiqué ainsi. Dans les ministères dont j’ai eu la charge, dans lesquels mes cabinets ministériels étaient très féminisés, au point qu’il a fallu faire de la discrimination positive pour avoir plus de garçons quand j’étais au numérique. 
 
Et dans la ville dont j’ai été maire, à Longjumeau, dans laquelle j’ai fait la promotion de jeunes élu-e-s. Plusieurs de mes adjoints avaient moins de 30 ans à leur nomination, certains moins de 25. Parmi eux, plusieurs n’avaient jamais été élus auparavant. Et j’ai eu successivement deux premières adjointes, c’est d’ailleurs l’une d’entre elles qui m’a succédé.
 
Julien: Quel est votre plan pour le transport? Plus largement que l'allongement des horaires...
Réduire la place de la voiture est un objectif légitime. Mais il y a d’autres manières de faire qu’en créant des embouteillages monstrueux, qui nuisent à la qualité de vie et la santé de tout le monde, ceux qui sont dedans, ceux qui marchent ou font du vélo à côté, ceux qui vivent ou travaillent dans le quartier, etc.
 
Je propose:
 
- A chaque fois qu’on réduit la place d’un mode de transport, on compense par un autre. Par exemple, sur les voies sur berges, je proposerai un projet alternatif avec un nouveau transport en commun, et par endroit les voitures sur le quai bas, et un quai haut réaménagé pour les piétons, les transports collectifs, les taxis et les vélos.
 
- La mise en place du système «scoot» (c’est son nom) développé a Londres pour l’optimisation des feux tricolores a partir de capteurs placés sur la chaussée, en temps réel, pour fluidifier la circulation.
 
- Un plan d’accessibilité pour le métro (pas que des ascenseurs, aussi des aménagements de quais et de couloirs) et l’extension des horaires.
 
- Le développement des bus de quartier (intra-quartier, notamment pour les personnes âgées pour lesquelles aujourd’hui beaucoup de lignes ne répondent pas a leurs besoins.
 
- La couverture du périphérique aux portes de Paris, pour développer des pôles d’intermodalité, et la relance dans Paris des parkings souterrains (seulement 2 depuis 2001), y compris pour les deux roues qui ont aujourd’hui très peu de solutions de stationnements, ce qui pose un problème pour eux mais aussi un problème de sécurité sur les trottoirs.

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Présentation du chat:

Depuis plusieurs semaines, 20 Minutes vous propose d'échanger avec les candidats à la primaire ouverte organisée par l'UMP pour désigner son candidat à la mairie de Paris en 2014.

Après Franck Margain, Pierre-Yves Bournazel et Jean-François Legaret  la quatrième personnalité politique que nous recevons est Nathalie Kosciusko-Morizet.
 
L’ancienne ministre de l’Écologie souhaite notamment «développer le logement intermédiaire à destination des classes moyennes» et entend «étendre les horaires d’ouverture du métro en semaine et le week-end» à Paris. Autre de ses priorités: la sécurité. Pour l’améliorer, elle propose de lancer un «nouveau plan de vidéoprotection» et de «réaffecter une partie des agents de sécurité de Paris», aujourd'hui principalement mobilisés sur la verbalisation du stationnement des Parisiens, à «des missions de sécurité».