Vous interviewez le comédien Jules Sitruk, à l'occasion de la sortie de «Bob et les Sex-Pistaches»

VOS QUESTIONS Il répond à vos questions jusqu'à 17h...

C. La.

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C.GONTHIER / 20MINUTES

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Janet: Avez-vous vu beaucoup de différences entre les Suisses et les Français sur le tournage?
 
Sincèrement non, pas vraiment. D’autant que notre équipe était mixte: franco-suisse. En fait, et ce partout, ce qui change réellement les choses sur un plateau, c’est le budget: avec un petit budget, nous avons beaucoup moins de temps, donc tout se fait de manière plus instinctive. Comme il y a moins de monde, tout le monde y mets du sien. Je me suis déjà retrouvé à aider sur la lumière ou sur les raccords pour donner un coup de main!
 
Leila: Demain j'ai un casting, le troisième pour un long métrage, cette fois-ci la réalisatrice souhaite me rencontrer, aurais tu quelques conseils à me donner avec ton vécu?
 
Très franchement, il faut que tu sois la plus naturelle possible.  Si la réalisatrice veut te rencontrer, c’est qu’elle a aimé ton jeu. Maintenant,  elle veut rencontrer Leila la personne, et non l’actrice !
 
Hauwen: A quel âge as-tu commencé le cinéma? Et le théâtre?
 
J’ai commencé le cinéma, ou plus précisément les tournages, à l’âge de 8 ans. Mon premier film  pour le grand écran, je l’ai tourné quand j’avais 11 ans, il s’agissait de Monsieur Batignole
Quant au théâtre, je n’en ai fait que durant trois ans: mes trois années de lycée. J’ai passé un bac littéraire avec option théâtre lourde ( 12h par semaine ). J’ai découvert un art totalement différend du cinéma. J’ai énormément aimé cette expérience, mais je ne me suis encore jamais lancé en professionnel sur les planches!
 
Cortes: En voyant la vie de rockeurs célèbres, est ce que la vie de chanteur de rock vous aurait attiré d'une certaine façon ou bien préférez vous votre vie d'acteur?
 
Je préfère définitivement ma vie d’acteur! Je crois que l’acteur est plus protégé du monde exterieur. D’autant que les personnages que nous incarnons nous permettent de nous évader. Le rocker est ancré dans son image, et pour en connaître quelques-uns, je sais que ce n’est pas facile tous les jours.
 
Jack: Trouvez-vous que la production audiovisuelle française manque d'originalité ou de «couilles» si je peux me permettre? Les sujets abordés sont quand même très politiquement correcte, ça manque de rock'n'roll non?
 
C’est vrai qu’en France, on ne prend pas autant de risques qu’aux USA ou que chez nos voisins britanniques, espagnols ou italiens. Je pense qu’il serait vraiment bon pour notre cinéma de laisser la chance aux jeunes réalisateurs, souvent pleins d’idées et prêts à nous surprendre. J’en connais un tas de ma génération ou de celle juste au dessus, qui galèrent pour mener à bien des projets géniaux qui seraient bien plus facilement produits  ailleurs, et qui ici n’y arrivent pas.
 
Jack: Question d'actu, que pensez-vous de la loi Taubira et plus généralement du climat dans lequel nous sommes avec cette loi (qui sera voté au moment de votre chat)?
 
Aucune hésitation, je suis à 100% pour le mariage pour tous, ainsi que pour l’adoption pour tous d’ailleurs. Je ne comprends même pas que, de nos jours, la question puisse encore ce poser. 
 
Thibault: Y'a t'il une concurrence avec votre frère Olivier?
 
Aucune, et pour une simple et bonne raison : Nous ne sommes pas frères ! Nous sommes cousins éloignés. D’ailleurs, nous nous sommes rencontrés pour la première à la cérémonie des Césars, il est venu me voir et m’a dit : «Alors, c’est toi mon présumé petit frère ?!» 
 
Kanapeche: Acteur, c'est jouer des tonnes de personnages différents mais quel est LE personnage que vous aimeriez jouer?
 
Oh... il est très compliqué de donner un rôle que j’aimerais jouer... Sûrement quelque chose qui s’éloigne de ce que j’ai déjà pu faire, un dur par exemple ! Aussi, j’ai toujours été stupéfait de la performance de Day Lewis dans My left Foot, je crois que c’est un des plus beau rôle qu’un acteur ait pu avoir. Sinon, comme beaucoup de mecs de ma génération, j’aurais donné deux orteils pour être Harry Potter !! 

Cortes: Dans «son of Rambow» vous jouez une espèce de rocker assez déglingué et même chose dans «Bob et les sex-pistaches» . Aborder des personnages aussi peu en rapport avec vos rôles précédents d'enfants (relativement) sages, n'est ce pas un risque quand on sait que le public français étiquette souvent ses artistes? Est-ce par provocation ou simplement pour vous essayer dans des registres différents?
 
Au risque d’en contrarier certain, je choisi mes rôles en fonction de leur profondeur, leur diversité, et de ce qu’ils peuvent m’apporter personnellement. J’adore me diversifier, faire des rôles à chaque fois très différents. La preuve : je vais passer de Bob le Rocker suisse à Philippe Gaucher, jeune peintre de la bourgeoisie parisienne du 19ème dans Marianne
 
Mariella: Quels souvenirs gardez-vous de vos premiers tournage quand vous étiez enfant? Une anecdote particulière? 
 
Oh, j’ai des milliers de souvenirs de mes tournages étant enfant. Sans Famille, Monsieur Batignole, Moi César... Que du bonheur et tout cela restera à jamais gravé en moi. Si je dois raconter une anecdote je raconterai le tournage de cette scène dans Sans famille, ou mon personnage de Rémi se fait jeter dans le courant d’une rivière par le méchant de l’histoire. La prod avait engagé un cascadeur pour me remplacer car je ne savais pas nager ( j’ai su nager vers 13-14ans... ), mais le cascadeur en question était trop facilement identifiable. J’ai hésité longtemps à le faire jusqu’à ce que mon père, pour me convaincre, me rappela que Bruce Lee, l’un de mes exemples encore, faisait lui même ses cascades ! Après, ça, je n’ai plus hésité une seconde et me suis jeté à l’eau!
 
Garfield: Cette image de toi en scooter dans ton nouveau film (bob et les sex-pistaches), tu as des faux airs de Serge Gainsbourg? T’as t-on proposer de faire un film sur Serge Gainsbourg jeune?
 
Et bien, il s’avère que j’ai déjà tourné un court métrage: Une Nuit qu’il était à ce morfondre, réalisé par Cyril Paris, ou j’incarnais Gainsbourg pendant son adolescence. Ce fût un merveilleux tournage et une belle experience. Nous avons deja parlé, Cyril et moi, d’en faire un long metrage - apres avoir laissé passé un peu de temps après Vie héroique ! -. C’est une idée qui m’excite beaucoup, Gainsbourg étant un de mes plus grands idoles.
 
Thibault: Quels sont vos derniers coup de cœur au cinéma? Et en musique? Et vos références?
 
Alors, en cinéma: J’ai bien aimé The place beyond the pines, très beau, très intense. Aussi, j’ai été epoustouflé par Oblivion, un des meilleurs films de science-fiction que j’ai pu voir ces dernière années. 
 
Musicalement, je suis du genre à fouiner et decouvrir de vieux groupes: en ce moment je dévore toute la disco du Electric Light Orchestra. Je suis aussi un groupe de soul incroyable qui est en train de monter et qui va faire un tabac, j’en suis sur: Cookies.
Sinon, je suis un fan absolu de Lars Von Trier et de Andrei Tarkovski. Quant à la musique, Mes groupes favoris sont - désolé pour le manque d’originalité... - les Stones, les Kinks, les Beatles. 
 
Garfield: Pierre Richard, donc, mais Gérard Jugnot, Richard Berry: que de grands noms pour un jeune acteur. Avec qui voudrais-tu tourner? 
 
Il y a bien des gens avec qui j’aimerais tourner acteurs comme réalisateurs... Pour ne citer que les Français, quelques uns comme  Audiard, Gondry, Scheller, Aja pour les réalisateurs... Et pour les acteurs Gourmet, Cassel, Chabat, Kateb et Jaoui... 
 
Thibault: Quels sont vos projets maintenant?
 
Je suis en préparation d’un nouveau long métrage : Marianne, adapté du roman de Georges Sand, réalisé par Bruno Francois Boucher. Je jouerai avec Bruno Putzulu, Marie José Nat, et Ségolène Point Notamment. Le film se tournera cette été... Aussi, je suis en pré production de mon premier court métrage en tant que réalisateur, que j’espère tourner avant la fin 2013.

 

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Pour beaucoup de spectateurs, il est «Simon», l’enfant juif recueilli par Gérard Jugnot dans Monsieur Batignole. En 2002, à seulement 11 ans, le nom de Jules Sitruk commence à circuler sur la planète des enfants-stars du cinéma français. L’année suivante, il est le héros de Moi César, 10 ans 1/2, 1,39 m. Dix ans plus tard, une dizaine de films au compteur, Jules Sitruk revient sur les écrans avec Bob et les Sex-Pistaches, une comédie d’Yves Matthey. Le comédien y campe Bob, leader provoc d’un groupe de rock d’ados. A qui l’Eurovision, «cette vieille pute de 80 ans qui s’accroche au trottoir», fera les yeux doux…

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