Une jeune fille sur 3 victime de moqueries ou humiliations à l'école à cause de ses règles

SANG COMPLEXES À l’occasion de la journée mondiale de l’hygiène menstruelle ce samedi, l’ONG Plan International France et OpinionWay ont réalisé une étude sur l’impact des règles sur le quotidien des filles et notamment leur scolarisation

Mathilde Dubois
La moitié des adolescentes ont déjà raté l’école à cause de leurs règles — 20 Minutes

Les règles de l’exclusion. Une jeune fille sur 2 a déjà manqué l'école à cause de ses règles en France. C’est le constat alarmant de l’ONG Plan International France avec OpinionWay dans leur étude réalisée à l’occasion de la journée mondiale de l’hygiène menstruelle, ce samedi. Les règles ont un impact majeur sur le quotidien des adolescentes et contribuent à une discrimination sexiste. 35 % des filles disent qu’elle – ou une de leurs proches- a déjà subi des moqueries ou humiliations à cause des menstruations.

La moitié des jeunes filles interrogées estiment que des personnes considèrent encore les règles comme « sales ». Aider les adolescents et adolescentes à défaire les clichés reste donc essentiel pour lutter contre les discriminations de genre. Plan International France a donc lancé le projet « Changeons les règles ». L’objectif ? Combattre la désinformation autour des menstruations. Avec 20 jeunes bénévoles regroupés dans le Plan Jeunes, des ateliers ludiques et constructifs sont proposés dans certains lycées d’Île-de-France.

Les réseaux sociaux comme arme d’information

Selon l’étude de l’ONG, 50 % des filles auraient toujours honte d’avoir leurs règles. Et les cours d’éducation sexuelle dispensés en collège et lycée ne semblent pas, à eux seuls, permettre aux adolescentes de se sentir ordinaire face à ce phénomène naturel. « Dans les établissements scolaires, il faut qu’il y ait davantage de sensibilisation et d’informations qui soient dispensées aux filles et aux garçons », estime Juliette Bénet, porte-parole de Plan International France.

Avec tous les moyens possibles. « Il est fondamental d’utiliser le plus de plateformes, le plus d’outils possible, pour toucher un maximum de jeunes sur ces questions-là », explique à 20 Minutes Juliette Bénet. Plan International s’empare donc des  réseaux sociaux et met en place des groupes d’échanges mixtes et non-mixtes modérés par des professionnels de l’ONG. Les jeunes peuvent alors débattre sur les règles et se rassurer quant à leur « normalité ».

Comme Plan International, les comptes qui parlent explicitement des menstruations sont de plus en plus nombreux sur Instagram. Le compte Instagram Coup de sang, par exemple, a été créé en 2018 par Clara Déplantes, étudiante à l’époque. « Dans les commentaires, il y a un partage d’expériences, on se sent moins seule », a-t-elle expliqué à l’AFP. Les adolescentes se retrouvent dans ces témoignages anonymes et acceptent plus facilement leurs règles et ça marche. Le compte a fait face à un succès inattendu : près de 100.000 personnes y sont abonnées.