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Un iceberg contient-il de l'eau douce ou de l'eau salée ?

Un iceberg contient-il de l'eau douce ou de l'eau salée ?

Daniel Lacotte répond à cette question
 
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Sur le continent Antarctique (terres du pôle Sud), la température dépasse rarement zéro degré Celsius en été. L’hiver, le thermomètre descend sous les 80 degrés ! Conséquence : une épaisse calotte glaciaire (4 000 mètres en certains endroits) recouvre la quasi-totalité du continent. Un tel environnement donne naissance à d’impressionnants glaciers (par exemple, le glacier Lambert dans la partie orientale de l’Antarctique).

À l’opposé, c’est-à-dire au pôle Nord, se trouve l’océan glacial Arctique, notamment entouré du Groenland (vaste île largement couverte d’un manteau de glace), du Canada, de l’Alaska (États-unis), de la Russie. En fait, la majeure partie de l’océan Arctique se compose d’une couche de glace qui atteint deux à quatre mètres d’épaisseur (plus de dix mètres par endroits). Formée par congélation de l’eau de mer, la banquise contient donc de l’eau salée. Et, lorsqu’elle se fragmente, il s’en détache des radeaux de glace que l’on appelle des « floes » (eux aussi salés).

Mais attention, il ne faut surtout pas confondre « floes » et icebergs ! Car si les premiers proviennent de morceaux de banquise brisée, les seconds se détachent d’un glacier continental ou d’un inlandsis (gigantesque glacier très épais et très étendu qui se propage dans toutes les directions). Et, comme glaciers et inlandsis se forment par accumulation de neige, les icebergs contiennent donc pour leur part... de l’eau douce.

D’immenses icebergs, sortes d’îles flottantes de plusieurs dizaines de kilomètres de long, se détachent régulièrement des grands glaciers du Groenland, mais surtout de l’inlandsis de l’Antarctique. On a même repéré un iceberg qui possédait une superficie comparable à celle de la Corse.

La densité de la glace étant inférieure à celle de l’eau salée, les icebergs flottent sur l’océan et ne laissent dépasser en surface que le septième de leur masse. Aussi présentent-ils un réel danger pour la navigation maritime. Le drame du Titanic a d’ailleurs probablement contribué à entretenir la légendaire réputation maléfique de l’iceberg sournois. Considéré comme insubmersible, le Titanic appareille de Southampton (Angleterre) le 10 avril 1912. Dans la nuit du 14 au 15 avril, le navire heurte un iceberg au sud des bancs de Terre-Neuve. Le bâtiment sombre en moins de trois heures.


Daniel Lacotte

© Daniel Lacotte Le Pourquoi du Comment 2. Éditions Albin Michel 2006