De quand date la signalisation routière ?

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La circulation automobile a été fortement perturbée toute la journée et il était toujours très difficile d'accéder ou de quitter certaines stations samedi soir.
La circulation automobile a été fortement perturbée toute la journée et il était toujours très difficile d'accéder ou de quitter certaines stations samedi soir. — Philippe Huguen AFP/Archives

Précisons que nous n’évoquerons ici que l’époque récente. Car les panneaux qui indiquaient les grandes directions aux principales bifurcations remontent à l’Empire romain. Ensuite, une forme de signalisation sauvage a sévit ici ou là pour informer les voyageurs qui, jusque la fin du XIXe siècle, se déplacent à dos de cheval (ou dans des voitures tirés par des chevaux).
L’Allemand Carl Benz (1844-1929) breveta le premier moteur quatre temps à essence en janvier 1886. Trois ans plus tard, il en équipe un véhicule à trois roues que l’on peut considérer comme la première automobile. Puis les Français René Panhard (1841-1908) et Émile Levassor (1844-1897) construisent le premier modèle quatre roues en 1891.
Aux États-unis, la première automobile à essence fut construite par Charles et Frank Duryea en 1892. Puis Henry Ford (1863-1947) fonde en 1903 la Ford Motor Corp. En France, Armand Peugeot (1849-1915) se lance dans l’aventure dès 1889. Époque où Louis Renault (1877-1944) construit sa première voiture dans la maison de ses parents, à Billancourt. Il crée Renault frères en 1899.
En fait, le premier panneau de signalisation routière officiel s’adresse aux cyclistes. Il sera posé en 1894 sur la N7, près de Cannes. Pourtant, les Français s’équipent d’automobiles. Ainsi, dès 1902, quatre mille véhicules sillonnent déjà l’Hexagone. Et les accidents avec les cyclistes et les piétons se multiplient. Sans compter les spectaculaires sorties de routes. Le Touring Club de France pose alors des panneaux qui annoncent les obstacles les plus dangereux.
En 1908, la première Conférence internationale de la route adopte quatre panneaux standardisés. Triangulaires sur fond jaune, ils annoncent les difficultés suivantes : croisement, virage délicat, passage à niveau, cassis (dos d’âne). Finalement, la première véritable signalisation routière apparaît en 1912, sur le trajet qui relie Paris à la station balnéaire de Trouville-sur-Mer. L’année suivante, le numérotage des bornes kilométriques des routes nationales et départementales devient obligatoire. Quant au code de la route il date de janvier 1923. Mais depuis mars 1899, un décret limitait la vitesse à 30 km/h, y compris sur les routes de campagne !
Daniel Lacotte

© Daniel Lacotte Le Pourquoi du Comment 2. Éditions Albin Michel 2006