Les Pélagies, ces méduses qui empoisonnent les baignades

ENVIRONNEMENT Chaque années elles débarquent par milliers près des cotes et font des centaines de victimes...

Maud Descamps

— 

Les méduses, poussées par le vent, sont arrivées ces derniers jours sur plusieurs plages de la Côte d'Azur à Cannes, Antibes, Villeneuve-Loubet, Cagnes-sur-Mer, a-t-on appris mercredi auprès des mairies des Alpes-Maritimes concernées.
Les méduses, poussées par le vent, sont arrivées ces derniers jours sur plusieurs plages de la Côte d'Azur à Cannes, Antibes, Villeneuve-Loubet, Cagnes-sur-Mer, a-t-on appris mercredi auprès des mairies des Alpes-Maritimes concernées. — Tarik Tinazay AFP/Archives

Régulièrement des milliers de ces petites bêtes gélatineuses envahissent les eaux qui bordent les plages de la côte d'Azur, signant l'arrêt de la baignade. Et chaque année, des centaines de baigneurs, imprudents, se font piquer. Quelques conseils pour cohabiter en toute liberté…
 
Toutes les méduses piquent
Faux. Il existe un grand nombre d'espèces de méduses, mais seulement quelques-unes posent problèmes aux baigneurs. «En Méditerranée, on trouve une méduse violette appelée la Pélagie qui est très urticante», explique Pierre Gilles, responsable de l'aquarium au musée océanographique de Monaco. Le chercheur souligne qu'on trouve également d'autres espèces comme l'Aurélia ou encore l'œuf au plat, mais elles sont beaucoup moins urticantes que leur cousine violette. «Certaines ne le sont pas du tout», ajoute-il, en précisant que les piqûres de méduses font partie de leur mécanisme de défense et donc «elles n'attaquent pas les baigneurs». 
 
Les méduses peuvent tuer
Vrai. Certaines espèces sont mortelles, mais on ne les trouve pas en France. «La Chironex, qu'on trouve en Australie, est très dangereuse», explique Pierre Gilles. En effet, ces méduses font partie des animaux les plus dangereux au monde et tuent une personne par an en Australie, en moyenne. Mais pas de panique, on ne les trouve pas en France. Si aucune espèce n'est mortelle en Méditerranée, la panique engendrée par une piqûre peu, néanmoins, entraîner la noyade du baigneur.

Il faut uriner sur la plaie pour soulager la douleur
Faux. «Ceci est une consigne donnée aux militaires en dernier recours, pas besoin de cela pour les méduses», explique Pierre Gilles. On oublie donc le pipi et on suit deux, trois conseils du spécialiste.
- Sortir de l'eau: pour ne pas se noyer,
- Rincer avec de l'eau de mer: l'eau douce fait éclater les cellules urticantes, donc c'est encore plus douloureux
- Décoller les filaments avec une carte rigide
- Déposer du sable sur la zone irritée: ne pas frotter, mais déposer du sable qui fait alors office de buvard et absorbe le jus de la méduse
- Désinfecter la plaie, après avoir enlevé délicatement le sable
- Appliquer une pommade anti-inflammatoire

On peut quand même se baigner, même quand il y a des méduses
C'est à vos risques et périls. Si toutefois vous décidez de vous baigner malgré la présence de Pélagies, il y a quelques consignes à respecter comme ne pas plonger la tête la première, se munir d'un masque d'un tuba et éviter les zones où elles sont regroupées.
 

 
Il y a plus de méduses cette année
Ni vrai, ni faux, les chercheurs ne savent pas.  Et pour cause:  il est en fait très difficile de dénombrer les méduses présentes près des cotes. Par contre, les chercheurs notent une prolifération cyclique de plus en plus fréquente. «Les méduses ne sont pas forcément plus nombreuses, mais elles reviennent de plus en plus souvent», explique Pierre Gilles.

Les méduses les plus grandes peuvent atteindre plusieurs mètres

Vrai. Les méduses, selon l'espèce à laquelle elles appartiennent, ont des tailles très diverses. «Certaines sont tellement petites qu'elles ne sont pas visibles à l'œil nu, explique Pierre Gilles, alors que d'autres peuvent atteindre jusqu'à 6 mètres de haut», comme en témoigne cette vidéo de méduse au Japon.
 

 

 

>>> L'actu se construit avec vous.  Vous avez déjà été victime de méduses? Envoyez-nous vos informations, témoignages mais aussi vos photos prises sur la plage au 33320 ou en cliquant ici.

Pour en savoir plus:

«Face à face avec les méduses : les connaître et s'en protéger», Institut océanographique