Beyrouth aime Mika (et vice-versa)

CONCERT Le chanteur né à Beyrouth a offert un spectacle...

De notre correspondant à Beyrouth, David Hury

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 Concert de Mika à Beyrouth, le 27 juillet 2008.
 Concert de Mika à Beyrouth, le 27 juillet 2008. — WAEL HAMZEH/SIPA

On aurait dit les 4 Beatles à lui tout seul. Dimanche soir sur la grande scène plantée sur la place des Martyrs, Mika a régalé les 15.000 Libanais venus goûter la joie de revoir un vrai concert. «Cela fait deux ans qu’il n’y a plus eu de concert comme ça à Beyrouth, a scandé le chanteur entre deux chansons. Et c’est grâce à vous que cette soirée a pu avoir lieu!» Hurlement de joie dans la foule, fierté non dissimulée pour tout le monde, et le spectacle a pu commencer sur «Relax take it easy».

«Bonsoir Beyrouth, good evening, marhaba!», a lancé Mika, visiblement autant ému qu’excité à l’idée de jouer – enfin – dans sa ville natale. A l’image d’une jeunesse avide de grands rendez-vous musicaux comme celui-ci, Mika s’est largement exprimé en français, en anglais et en arabe, mêlant les trois langues utilisées au Liban tout en s’excusant de ne pas parler l’arabe aussi bien qu’il le voudrait. Mais évidemment, à chaque mot dans la langue de Khalil Gibran, le public – de 7 à 77 ans – a exulté.

Ce dimanche soir, Beyrouth a donc vécu une soirée comme elle en attendait tant: cracheurs de feux, ballons géants, clowns, personnages perchés sur des échasses… Sur la place qui accueillait il y a deux mois encore l’interminable sit-in organisé par le Hezbollah et le général Michel Aoun, la capitale libanaise a retrouvé un air de fête. «C’était génial, se réjouit Nathalie qui a accompagné ses deux filles au concert. Elles hurlaient “Mika, Mika, on t’aime”! Elles ont 5 et 7 ans! Ça fait du bien de voir ça!»

Mika, lui, a vibré sur scène, proposant des versions longues de plusieurs chansons comme «Love today». L’épilogue du spectacle a été à la hauteur des attentes. Juste avant de quitter la scène avec ses musiciens, l’idole des Libanais a hurlé, comme un pied de nez aux hommes politiques: «La cité vous appartient!» Tout un symbole en ce lieu. Et pour clore la soirée, un feu d’artifice gargantuesque a illuminé cette fête libanaise, faisant oublier pour quelques heures les combats qui ont lieu au nord des pays depuis plusieurs jours.