La Garonneest au régime sec

Béatrice Colin

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Sans les lâchers d'eau, la Garonne aurait déjà atteint son débit de crise.
Sans les lâchers d'eau, la Garonne aurait déjà atteint son débit de crise. — F. Scheiber/20 minutes

On pourrait presque traverser le lit de la Garonne sans se mouiller les pieds. Et les rares averses de ces derniers jours n'y ont rien changé. La sécheresse s'est installée en Haute-Garonne depuis plusieurs semaines et les débits de la Garonne sont de plus en plus faibles. Pour éviter d'atteindre le seuil de crise, des lâchers d'eau ont lieu en continu depuis le début du mois. Avec pour conséquence, un épuisement des stocks. « Nous avons déjà lâché 74 % des stocks de juillet et août et ils ne sont pas inépuisables et nous devons tenir jusqu'au 31 octobre. Nous avons donc décidé de baisser leur niveau de 13 m3/s à 6 m3/s depuis lundi soir minuit pour éviter tous risques », souligne Bernard Leroy, chargé de mission au Syndicat mixte d'études et d'aménagement de la Garonne en charge de la réalimentation du fleuve. Une situation préoccupante, mais prévisible selon ce dernier : « les nappes phréatiques sont extrêmement basses, or en cette saison ce sont elles qui réalimentent habituellement le fleuve s'il n'y a pas de pluies. »

Restrictions en perspective
Pour l'instant, les restrictions pour éviter que la situation s'aggrave concernent uniquement les prélèvements à usage agricole. « Mais si cela perdure, nous devrions passer au niveau 2. Cela se traduit notamment par l'interdiction de réalimenter les piscines et d'arroser les espaces verts en pleine journée », avance Philippe Pauwels, chef du service eau et environnement à la direction départementale des territoires. Une décision qui pourrait être prise vendredi, lors d'une réunion prévue en préfecture. Certes, d'ici peu les besoins en irrigation baisseront. Mais les responsables préfèrent prendre des précautions, l'été ayant l'habitude de jouer les prolongations dans la région.