La messe n'est pas dite

Béatrice colin

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Remplir son chariot, le dimanche matin, c'est à nouveau autorisé dans les supermarchés et hypermarchés du département. Depuis 2008, seuls les supérettes de moins de 400 m2 et les petis commerces avaient la possibilité d'ouvrir leurs portes le dernier jour de la semaine, jusqu'à 13 h. Une exception loin de faire l'unanimité au sein des différentes enseignes. Certaines ont ainsi décidé d'attaquer l'arrêté préfectoral qui fixait cette règle. Et ont obtenu gain de cause mi-mai auprès du tribunal administratif. « Il y a une convention nationale qui permet d'ouvrir, il n'y avait pas de raison qu'elle ne soit pas appliquée en Haute-Garonne et que ce soit le cas dans le Gers ou les Hautes-Pyrénées. C'est comme si on autorisait les véhicules à rouler à 90 km/h partout sauf dans le 31 », plaide Grégory Vouters. A l'origine du recours, le président régional de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution rouvrira dimanche son magasin de Martres-Tolosane. « Si nous n'avions pas de clients, nous ne le ferions pas, et si les salariés n'y trouvaient pas leur compte, ils ne seraient pas volontaires », argue-t-il.

La préfecture fait appel
Un avis qui n'est pas partagé par les syndicats de salariés, ni par le patronat, une fois n'est pas coutume. Il faut dire que cela remet en cause un accord signé depuis près de 20 ans par les deux parties. Il permet de statuer sur l'ouverture des magasins sur un petit nombre de jours fériés et de dimanches. « Je pense que la majorité des magasins va continuer à le respecter. Avant l'arrêté, seuls 14 d'entre eux ouvraient, relève Michel Roux, président du conseil départemental du commerce. Les gens travaillent 35 heures et les magasins sont ouverts 70 heures par semaine, ils ont du temps pour faire leurs courses. Et leur pouvoir d'achat reste le même. » S'il a lancé une concertation, le préfet a aussi décidé de faire appel de la décision du tribunal.

proximité

« C'est inquiétant, cela risque de faire baisser l'activité des commerces de proximité qui fonctionnent beaucoup le dimanche », déplore Isabelle Hardy, adjointe toulousaine en charge du commerce.