La Garonne a besoin d'un remontant

©2006 20 minutes

— 

 
  — no credit

Depuis hier, le barrage de Charlas, près de Saint-Gaudens, n'est plus un serpent de mer. « Je vous suis sur ce dossier », a déclaré Nelly Olin, la ministre de l'Ecologie, aux membres du comité de bassin Adour-Garonne (CBAG) réunis à Toulouse. Ce feu vert gouvernemental à un projet qui est dans les cartons depuis 1988 tombe à pic. Car la sécheresse rôde. « La situation est plutôt grave, indique Philippe Sénégas, le directeur régional de l'Environnement. A Lamagistère, au nord de Toulouse, la Garonne a atteint son niveau le plus bas depuis cinquante ans. »

Des arrêtés de restriction d'eau sont déjà en vigueur dans le Tarn-et-Garonne et le Tarn. Pour la Haute-Garonne, le préfet doit réunir un comité sécheresse le 13 juillet. « La Garonne est un fleuve menacé. Avant, elle atteignait son débit d'étiage l'été, pendant deux mois. Là, elle ressemble à un oued africain de juin à octobre », estime Jean-François Poncet, le président du CBAG. Autant d'arguments pour le projet de Charlas, combattu par les associations écologistes. Mais cet immense réservoir d'eau ne sera qu'une solution à long terme. Sa construction pourrait durer une dizaine d'années. Et, comme l'a précisé Nelly Olin, « il reste à réunir les financements ».

Hélène Ménal

S'il voit le jour, le projet de réservoir de Charlas nécessitera la construction d'un barrage long de 1,3 km et haut de 60 m. Il noiera plus de 600 hectares de terres agricoles.